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Et si la solution était de fonder des Communautés ?

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Alternatifs ou supplétifs

samedi 1er novembre 2014

Chers amis, il serait bien décevant que vos ambitions se bornent à multiplier des réformettes et des bricolages destinés à mieux vous adapter à une "société" dont vous accepteriez les principes fondateurs, quitte à faire semblant de croire que vous allez vouloir et pouvoir la corriger de l’intérieur...

Lorsque l’on consulte les sites "alternatifs", on est frappé par la diversité de leurs centres d’intérêt, qui s’étend de l’alimentation à la démocratie en passant par la construction de cabanes dans les arbres ou par l’exécration du savon ! Dans chaque domaine, les solutions proposées semblent astucieuses, originales et utiles, en particulier quand il s’agit de questions économiques et écologiques nécessitant économies et (ou) assainissements. Bien sûr, on trouve aussi les obsédés qui ne jurent que par un produit, un procédé... ou un légume qu’il faut absolument adopter ou proscrire ! L’obnubilation va parfois jusqu’à l’extravagance. Je noterai aussi la présence de bobos plus ou moins "adulescents" dont les uns sont en quête de singularité à bas prix qu’ils espèrent obtenir en suivant une mode basique tandis qu’une minorité d’entre eux, très bien pourvus, se font construire à prix d’or des villas munies des dispositifs les plus récents... ce qui fait dire aux mauvaises langues que la démarche alternative, lorsqu’on la pousse jusqu’au bout, conduit parfois à un luxe que peu de gens peuvent se payer.
En somme, tout irait pour le mieux ou presque si ne venaient à l’esprit 4 objections majeures en rapport avec 4 insuffisances de fond.

1° LA GLOBALITE. Face à tout un fouillis d’initiatives décousues (heureuses en elles-mêmes), mais qui vous sont servies en vrac et à l’état brut, on a l’impression d’assister à un concours Lépine où se juxtaposent dans le plus grand désordre quantité d’appareils hétéroclites précieusement bichonnés par leurs inventeurs. Ce spontanéisme individualiste est fort sympathique, mais il risque, si l’on en reste là, de nuire beaucoup à l’efficacité de l’ensemble. Aucune recherche, aucune trouvaille ne doit être envisagée ni ne peut être analysée séparément du reste. Tout est interdépendant et interconnecté. Un élément se définit au moins autant par ses liaisons que par sa nature propre. Toute démarche alternative doit donc être replacée dans ses divers contextes, si l’on veut en déchiffrer tous les sens et en recueillir tous les fruits. Ainsi accède-t-on à la pensée complexe si chère à Edgar Morin. Elle permettrait, grâce à une théorisation d’ensemble, de construire un tissu serré de significations alternatives susceptible d’assurer une cohésion de la pensée et une cohérence dans l’action. On pourrait créer des synthèses évolutives qui, à l’instar des prévisions météorologiques (!!), reproduiraient ou annonceraient aussi bien que possible la complexité des choses, leurs rapports mutuels et leur destinée probable. En somme, il s’agirait d’élaborer une philosophie de l’alternatif dont les conclusions seraient utilisées pour fonder une alternative philosophique. Ces tentatives seraient violemment combattues par ceux, très nombreux à notre époque, qui ne peuvent supporter l’existence d’une réflexion structurée dans laquelle ils flairent des relents de dogmatisme, de systématisme et même (horresco referens !), d’idéologisme. Ce dernier terme est banni du vocabulaire contemporain depuis qu’au vingtième siècle, de très vilains sires en ont fait un horrible usage pratique. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! Ne disons pas trop de mal des idées. Selon Chateaubriand, "c’est par elles que tout arrive... elles produisent les faits, qui ne leur servent que d’enveloppe".

2° LA RADICALITE. Un grand sujet d’affliction réside en ce que les milieux alternatifs sont généralement réformistes et répudient toute action radicale, y compris quand elle est dénuée de toute violence, sous prétexte qu’elle a déjà échoué en France et ailleurs. On se rabat désormais sur des comportements très modérés, pacifistes et conservateurs qu’un Monsieur Eric Fried décrit ainsi avec beaucoup de justesse : "Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde". C’est lamentable : quelle illusion et quelle naïveté ! Il suffirait de combiner l’ensemble des innombrables formes de bricolage mises en oeuvre par "les gens de bonne volonté " pour changer leur vie grâce à une sorte de main verte invisible qui transformerait ces myriades de mini-réalisations en un progrès assuré et continu. C’est la même pensée qui s’exprime quand on vante les mérites d’une politique des petits gestes ou de "réformes à petits pas" dont Jean Pisani-Ferry affirme qu’elles empêchent l’instauration de règles stables et interdisent de jouer sur les complémentarités des changements". (Le Nouvel Obs, n°2590).
Quittons ces perspectives édéniques pour en revenir à la triste réalité d’un monde complètement dévoyé et devenu irréformable (ainsi que l’expérience quotidienne ne cesse de le rappeler) parce que régi par un Directoire informel de Pouvoirs divers enchevêtrés et rivaux (dont le plus important est l’économique), mais unanimes dans leur intention de dominer et d’exploiter sans merci les hommes et leurs ressources.

S’agirait-il d’un "complot" universel fomenté par un collectif de personnages aussi redoutables qu’identifiables ? Même pas : c’est bien plus simple et donc, d’une certaine manière, plus effrayant. Parlons plutôt d’un système d’oppression anonyme qui s’est constitué et implanté au cours des âges d’une manière tellement "naturelle" et progressive que tout le monde s’en accommode, surtout quand on ne cesse de répéter qu’il est imparfait, bien sûr, mais susceptible d’améliorations indéfinies. L’Histoire nous montre qu’il n’en est rien. Mais le système est malin et ses principaux profiteurs excellent à faire croire qu’il nous concède la possibilité de métamorphoser notre sort et d’inventer, sous sa protection et avec son aide, un avenir toujours plus radieux. En fait, nous sommes dans une prison sans barreaux où nous bénéficions d’une liberté surveillée qui doit nous permettre de l’aménager et de la décorer à notre goût, de la rendre plus confortable et agréable (c’est ça le réformisme !) tout en renonçant à la fuir et à la détruire. Nous pouvons même projeter sur ses parois les images enchanteresses d’un futur "vertueux" que nos gardiens nous apprendront à détester comme illustrant des rêvasseries libératrices chimériques et dangereuses. Si nous sommes bien sages, bien dociles et bien soumis, nos geôliers nous laissent prospérer parce qu’ils savent bien que nous sommes inoffensifs et nullement disposés à renverser pacifiquement, mais énergiquement, le désordre établi en commençant par le discréditer. Ils augmentent la longueur de notre laisse et ils nous encouragent à nous amuser avec nos joujoux... alternatifs ! Pendant ce temps, ils ont la paix et peuvent renforcer leur emprise, puisque nous ne pensons pas à mal et nous accommodons d’un état de choses présenté comme perfectible à l’infini.

En fait, il n’y a rien à tirer, rien à sauver, rien à conserver du monde insupportable où nous pourrissons depuis des millénaires. Les divers foyers de corruption ont eu le temps de se rejoindre et de se fondre en une mer étale faite de bêtise, d’arriération et de cruauté qu’on peut appeler "préhumanité". Certes, il existe des personnes sincères et dévouées qui tentent de porter remède à cette situation. Elles multiplient les "petits pas charitables", mais ne peuvent pas faire grand-chose face aux "pas de géant" accomplis par nos Maîtres en direction opposée. Ils nous font croire que grâce à eux les problèmes se résolvent, alors qu’ils ne font que se déplacer, se métamorphoser et s’aggraver tout en donnant l’impression de disparaître. Les prouesses réalisées par les héros de l’amour du prochain ne changent absolument rien au cours des choses, tel qu’il est réglé à leur avantage par des Pouvoirs qui triomphent d’autant plus qu’ils excellent dans l’art de nous amadouer pour mieux nous domestiquer. Ils nous enseignent à manier le réformisme du badigeon et des rustines, ils nous proposent des "négociations" en trompe-l’oeil, des accords bidon, des attrape-nigauds, ils nous tiennent des discours lénifiants et démobilisateurs. Mais derrière ces propos fleuris et ces manières accortes, on ne trouve que des bourrins qui ne comprennent et ne pratiquent que la force brutale. Le plus triste est que beaucoup "d’alternatifs" semblent se laisser piéger en affichant une sorte d’irénisme candide et complaisant qui paraît en faire les compagnons de route, les alliés objectifs et les supplétifs des grands prédateurs. D’où le titre de cet article. Or il ne faut pas oublier que ces gens sont les ennemis du genre humain et qu’il convient donc de les traiter comme tels. Nous devons nous dresser contre eux, sans haine ni violence bien sûr, mais dans un état permanent de révolte et d’affrontement qui nous amène à détruire calmement et progressivement leur oeuvre ô combien pernicieuse pour lui en substituer une Autre qui trouve son inspiration dans l’Amour, la Paix et la Créativité, et ses applications dans tous les domaines de la vie publique et privée…

Par exemple, il faudrait...

remplacer l’esprit d’appropriation par l’usage et le partage
remplacer l’esprit de compétition par l’esprit d’émulation
remplacer l’esprit de domination par l’esprit de service
remplacer l’athéisme ou le théisme par une relation vivante avec un Dieu personnel
remplacer le rationalisme par la Connaissance, c’est-à-dire le déchiffrement du Sens partout répandu
remplacer les esthétismes aussi vides que prétentieux par de véritables oeuvres où se manifeste la fonction transcendante de l’Art
remplacer la famille par le Communauté
remplacer le couple exclusif (véritable calamité !) par des couples inclusifs et des attachements pluriels
remplacer les Etats par des Cités beaucoup moins étendues et beaucoup moins peuplées où se pratiquerait une véritable démocratie participative
remplacer les rémunérations par une allocation d’existence perpétuelle et égale pour tous
porter un regard tout à fait différent sur l’enfant, qu’il nous faut réhabiliter en le délivrant de l’infantilisme que lui imposent les adultes
porter un regard tout à fait différent sur l’animal, que nous devrions respecter lui aussi en commençant par l’arracher au massacre dont il est partout victime
porter un regard tout à fait différent sur la maladie, pour en comprendre et en utiliser la signification
porter un regard tout à fait différent sur la mort qui nous libère de certaines servitudes et nous introduit à une nouvelle étape
etc., etc.

3° LA COMMUNAUTE ...qui est l’agent de ces transformations fondamentales, parce qu’elle seule est à la hauteur de l’enjeu. Elle représente le plus haut degré de perfection que puissent atteindre les relations humaines et dispose d’un capital de créativité à nul autre pareil. Il est très typique de constater que, dans les milieux alternatifs, il est souvent question de familles, de couples, de collectifs, de solidarité..., mais très rarement de communautés, puisque, dans le monde individualiste et hédoniste où nous vivons, elles ont pour la plupart disparu et que, de toute façon, le terme qui les désigne fait peur, parce qu’il a été utilisé pour nommer des groupes qui paraissaient, à tort ou à raison, inquiétants. De sorte que, dans l’inconscient collectif, il renvoie à deux images très négatives, l’une plutôt soft, le foutoir, l’autre plutôt hard, la secte. On aime bien s’abriter derrière ces épouvantails pour justifier des rejets dont la raison profonde peut tenir beaucoup plus à la lâcheté. Il vaudrait mieux éviter de tout mettre dans le même sac, le meilleur et le pire. Je prends deux exemples qui illustrent bien la malédiction dont sont indûment victimes certains mots du fait d’un emploi abusif : prosélytisme et idéologie. Et pourtant, quoi de plus légitime que de vouloir gagner autrui à ses convictions, dès lors qu’on recourt à des moyens honnêtes ! Et quoi de plus louable que de vouloir préciser ses idées et les organiser en un ensemble cohérent !

Revenons maintenant à la véritable communauté qui regroupe plusieurs personnes dont le nombre ne peut être très élevé puisque la règle d’or stipule que chacune d’elles s’efforce de créer avec chacune des autres un couple authentique et intégral dont les relations s’étendent à tous les domaines de la vie. Il s’agit là, reconnaissons-le, d’un objectif idéal difficile à atteindre et qui ne peut être envisagé que pour une petite équipe, ne serait-ce que pour des raisons de temps et de disponibilité. Prenons par exemple une communauté de 7 personnes adultes. La "multiplication par 6" de chaque individu qui s’agrège à chacun des autres aboutit à la formation des 21 couples qui forment la communauté. Et il va de soi qu’en vue de la réalisation d’une entreprise particulièrement complexe et originale, il serait possible de créer la "palette" humaine la mieux adaptée regroupant 3 individus (1.5.6 par exemple) ou 4 (2.3.4.7). Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’un membre, d’un couple ou d’une équipe tri ou quadripartite, l’étude des thèmes de naissance et leurs interprétations comparatives permettent de définir le projet dont il est porteur et, dès lors, de l’accomplir... pourvu qu’il s’inscrive dans le contexte général et fondamental des grandes orientations prises par la communauté. Les projets particuliers doivent s’intégrer dans le Projet et s’en inspirer. Imaginons une jardinière pleine d’un terreau fertile. Diverses fleurs s’y épanouissent, chacune selon son espèce, mais elles se nourrissent toutes des mêmes substances. Il serait impensable qu’un couple tente de s’épanouir en devenant "exclusif" ou qu’un membre essaie d’y parvenir en ne tenant aucun compte des règles concernant la mise en commun des ressources matérielles. Bref, la Communauté, ce n’est pas la simple addition de ses membres, mais un formidable noeud d’énergies créatrices variées dont la mise en oeuvre lui permettrait de multiplier les expériences novatrices et de se comporter comme un banc d’essai générateur de "prototypes" en tous genres. Et si elle se généralisait en faisant de nombreux petits puissamment interconnectés, leur ensemble formerait l’immense matrice d’une société entièrement nouvelle et digne de ce nom. La Communauté représente donc une forme de vie supérieure très exigeante et susceptible d’une fécondité inouïe parce qu’elle s’alimente aux sources de la Transcendance par le biais de...

4° LA SPIRITUALITE Commençons par dissiper quelques malentendus. La vie spirituelle n’a rien à voir avec des visions et des hallucinations réservées à des élites ! Pas plus qu’elle ne consiste en une réflexion théologique ou philosophique qui a sa place et sa légitimité, mais se réfère à une autre approche, intellectuelle, de Dieu. Elle n’implique nullement l’appartenance à une religion "officielle" et, donc, l’adoption des médiations scripturaires et ecclésiastiques qu’elles proposent. Enfin, il ne faut surtout pas la confondre avec des techniques de bien-être physique et psychique qui peuvent être efficaces dans leurs domaines, mais qui ne s’élèvent pas au niveau d’une rencontre avec la Personne absolue, fruit d’un lent dépouillement et d’une longue assiduité. Il s’agit d’un tête-à-tête entre Créateur et créature qui, de prime abord, ne semble pas possible du fait de l’abîme ontologique qui les sépare, mais qui le devient si l’on jette sur ce gouffre la passerelle d’un Amour mutuel qui établit une véritable relation de communion entre des êtres infiniment différents, certes, mais liés par une Parenté fondamentale puisque l’un d’eux doit à l’Autre son essence et son existence. Leur conversation présente un double caractère, contemplatif et actif.

Le premier est très bien exprimé par la réponse de ce vieux paysan à qui le curé d’Ars demandait pourquoi il fixait si longtemps le tabernacle de son église : "Je L’avise...et Il m’avise". Comprenne qui pourra. Cette évocation si juste d’un mystère impénétrable nous permet, sinon de le sonder, du moins d’en dégager deux fortes incitations qui se rejoignent et auxquelles nous devons obéir : une pratique "désintéressée" de l’adoration et de la gratitude qui consiste à remercier Dieu pour Etre, pour être Ce Qu’il Est et pour nous avoir créés Tels Que Nous Sommes. Dans le cadre d’une Communauté, ces fortes convictions s’exprimeraient dans le secret de chacun, mais aussi par le biais d’une liturgie qui se déroulerait dans un sanctuaire.

Quant au côté actif, il se manifesterait par une reconstruction globale et radicale du monde effectuée par des communautés dont la spiritualité prendrait naissance dans une complicité vécue avec un Dieu qui apparaît comme le véritable Instigateur et le véritable Inspirateur de l’ensemble du Projet.

Malheureusement, ce n’est pas du tout ainsi que les choses se sont passées. L’espèce humaine a mis en échec le plan de Dieu en refusant de Le suivre. L’Univers est en panne. Dieu l’avait conduite par la main tout au long d’une Evolution périlleuse qui avait enfin abouti à l’apparition de Homo Sapiens dont l’intelligence le rendait capable de s’occuper pleinement de ses affaires. Dieu l’émancipait, le mettait en charge de son propre avenir en lui confiant le soin de parachever son Oeuvre et de se comporter comme une sorte de démiurge co-créateur délégué à l’aménagement respectueux de la Terre et à la cohabitation pacifique de ses habitants. L’humanité s’est soustraite à ce rôle de grand frère de la Création et elle a préféré faire d’autres choix tout à fait contraires et catastrophiques qui ont conduit à l’état effrayant dans lequel elle se trouve ainsi que l’ensemble de notre planète. Pourquoi cette trahison ? Ce n’est pas le moment d’en parler ici. Disons simplement que la préhumanité ne parvient pas à se débarrasser d’un Dieu qui l’obsède. En France, on a procédé à sa laïcisation sous la forme de ces fameuses "valeurs" dont on nous rebat les oreilles et qui ne constituent qu’un très pâle décalque de la morale chrétienne. Lorsqu’elles ne sont pas garanties et authentifiées par une Valeur suprême dotée d’une existence objective qui leur sert de fondement, les "valeurs" n’en ont... aucune ! Et c’est pitié de voir tant de gens de bonne foi jongler avec de vains oripeaux rationalistes qui ne parviennent pas à dissimuler leur vacuité. Tant que les "valeurs" ne seront que des fabrications humaines artificielles et creuses, tant qu’elles seront coupées de leurs origines transcendantes, elles seront dépourvues de tout crédit... ce que beaucoup de leurs inventeurs ont bien compris, qui ne cessent de leur rendre hommage... tout en se gardant bien de les pratiquer !!
Une autre manière, tout aussi inefficace, de donner à Dieu son congé, c’est de multiplier et de diversifier à l’infini les formes d’évasion, d’aliénation et de divertissement qui devraient permettre de s’étourdir et d’oublier l’Importun. Eh bien non, ça ne marche pas non plus : ce ne sont que des échappatoires inaptes à calmer une soif inextinguible ! Il est vraiment irremplaçable : nous ne pouvons nous en passer ! En témoignent, l’ennui, la sécheresse, la désolation, la platitude, la tristesse qui étreignent tant de milieux athées…, même lorsqu’il essaient de faire bonne figure. Là où ne brille aucune Transcendance rôdent les fantômes de la désespérance et de l’absurdité.

En résumé, chers amis, il serait bien décevant que vos ambitions se bornent à multiplier des réformettes et des bricolages destinés à mieux vous adapter à une "société" dont vous accepteriez les principes fondateurs, quitte à faire semblant de croire que vous allez vouloir et pouvoir la corriger de l’intérieur... Nous espérons plutôt que la goélette "Alternative" va cingler vers l’archipel des îles bienheureuses nommées Amour, Paix et Créativité, mais elle ne pourra le faire que si le Souffle divin gonfle ses quatre voiles, la Globale, la Radicale, la Communautaire et la Spirituelle, déployées dans la bonne direction. Ainsi pourrons-nous, non pas changer la société (espoir vain et fallacieux), mais, sur ses ruines exsangues, CHANGER ENFIN DE SOCIETE !

Bien à vous ! C.S.

Voir en ligne : La coordination de la nouvelle éducation populaire

P.-S.

NDLR : Certains semblent aller plus loin. Notamment et par exemple ceux qui veulent "tout reconstruire ensemble depuis le bas" (http://rencontres.la-cen.org/), ce qui est effectivement la seule méthode qui puisse marcher. Leur critique du capitalisme et de ses ravages est excellente. Il semble toutefois que les questions affectives, sexuelles, "familiales", relationnelles, qui sont pourtant un aspect essentiel, sont totalement absentes de leur programme et même de leur préoccupation (sauf erreur de notre part, naturellement, et que nous ne demandons qu’à corriger), comme si ces questions ne se posaient pas, allaient de soi.

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