Refonder le Monde
Et si la solution était de fonder des Communautés ?

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Texte fondateur

UNE PROPOSITION INOUÏE POUR LES JEUNES DE TOUS ÂGES !!

dimanche 2 février 2014

Présentation des grandes lignes de ce qui fonde la tentative de créer une communauté, puis une deuxième, et ainsi de suite jusqu’à la transformation du monde...

« Le plus grand danger pour la plupart d’entre nous n’est pas que notre but soit trop élevé et que nous le manquions, mais qu’il soit trop bas et que nous l’atteignions. » Michel Ange.

Si vous êtes, comme nous, accablé et désespéré par le monde horrible qui nous entoure...
Si vous avez compris, comme nous, que le mal est trop profond pour qu’il puisse être éliminé par les "réformismes"...
Si donc vous concluez, comme nous, qu’il faut tout reprendre à la base et repartir à zéro...
Alors, nous avons une proposition très intéressante à vous faire !

En vue des transformations fondamentales que je viens d’évoquer, nous avons fondé il y a 30 ans, une communauté révolutionnaire mais non-violente qui se donnait pour but d’y contribuer dans tous les domaines possibles. Après 18 ans d’existence, elle s’est dissoute en même temps que ses idéaux. Forts de cette expérience et décidés à tirer les leçons de cet échec, nous souhaitons que se crée une nouvelle communauté à laquelle vous pourriez appartenir un jour si elle vous semblait correspondre à vos voeux les plus intimes et si vous étiez décidé à lui consacrer votre vie et vos activités.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais dire quelques mots concernant l’esprit et les intentions dans lesquels nous rédigeons ces lignes. Vous aurez peut-être l’impression que nous procédons par déclarations abruptes et péremptoires qui ne réservent aucune place à la discussion. C’est comme si on vous imposait clés en main une machine doctrinale que vous devriez faire fonctionner selon des règles préétablies à prendre ou à laisser. En fait, il n’en est rien, mais nous vivons à une époque tellement dévoyée que toute affirmation « claire et nette » est perçue, quel que soit son contenu, comme un abus et, même, comme une agression. Dès que vous essayez de sortir de la confusion et de l’insignifiance intellectuelles contemporaines pour leur subsister des méthodes et des modèles de pensée fermes, structurés, pourvus de sens et, comme on dit maintenant, fortement « clivants », vous êtes accusés d’arrogance et d’intolérance. Et si vous défendez âprement vos positions en vous efforçant de les faire partager par autrui, vous êtes taxé de « prosélytisme » !!! C’est le péché suprême, celui de l’intrusion absolue. Or, c’est tout le contraire : tenter de gagner vos interlocuteurs à vos convictions est tout à fait louable et recommandable. C’est même l’une des preuves principales de l’intérêt que vous leur portez. A deux conditions. D’abord, il s’agit de le faire honnêtement et respectueusement. Toute forme de contrainte, de tromperie ou de violence serait évidemment insupportable. Ensuite, il convient de se rappeler que la plus efficace des « propagandes » est la contagion par l’exemple. Comme disait Diderot : « Rien ne captive plus fortement que l’exemple, pas même l’exemple du vice ». Bref, nous espérons que vous voudrez bien nous pardonner lorsque vous nous trouverez un peu raides ! Après tout, l’essentiel est de prendre les bonnes directions. Ensuite on avance plus ou moins vite, au rythme de ses échecs et de ses succès. J’aime beaucoup la phrase de Romain Rolland : « Un héros, c’est celui qui fait ce qu’il peut. »

Replaçons d’abord un tel engagement dans son contexte, celui d’une très brève (!) histoire de l’Univers.

1° Dieu crée une matière animée à qui il offre de la faire évoluer jusqu’à ce qu’elle atteigne des formes supérieures de vie individuelle physique et psychique, à savoir les personnes humaines, désormais en mesure de prendre sa suite et de poursuivre sur Terre l’oeuvre constructive qu’Il y a inaugurée en l’orientant vers la Vie, la Paix, l’Amour et la Créativité.

2° Pour des raisons incompréhensibles et dans des circonstances mal élucidées, la future humanité accepte la première partie du programme (son évolution, qui en fait une petite merveille pleine de ressources), mais elle repousse la deuxième partie (la mise de ces capacités au service du dessein de Dieu) et elle préfère, peut-être influencée par d’autres créatures, se révolter contre Lui pour prendre sa place, allant jusqu’à en nier l’existence et à faire le jeu de la mort (qui dorénavant clôturera toute vie), de la guerre, de la haine et de la "destructivité" partout et en tout temps répandues. Le refus de l’humanité (ou de la préhumanité ?) d’assumer sa vocation n’a pas entièrement annulé la création divine, mais elle est maintenant défigurée et pervertie : la beauté et la laideur, la vérité et le mensonge s’y entremêlent de façon inextricable ainsi que le Bien et un Mal qui est largement prédominant.

3° Il est donc possible que notre monde soit blessé à mort, mais ce n’est pas certain et la situation n’est pas forcément définitive. Tout le monde n’a pas participé au massacre. Il y a eu des exceptions et il y en a encore de nos jours. L’offre de Dieu est toujours valable et il ne tient qu’à chacun de nous de l’accepter pour son propre compte en se consacrant à ce que nous appellerons la réalisation du Projet pour désigner l’oeuvre colossale de redressement qui s’impose. Puisque tout est sens dessus dessous et plus ou moins contaminé, il faut tout remettre à l’endroit et à neuf, d’abord au fond de nous-mêmes par conversions simultanées, ensuite dans tous les domaines institutionnels, qu’ils soient spirituels, intellectuels, relationnels, politiques, socio-économiques, écologiques et esthétiques dont le fonctionnement s’alimentera aux sources de la Vie, de la Paix, de l’Amour et de la Créativité, faisant ainsi apparaître peu à peu le monde pour lequel Dieu nous a créés... moyennant notre collaboration ! Examinons donc maintenant, au cours d’un très rapide survol, à quels changements fondamentaux celle-ci devrait nous mener dans les sept grands domaines de nos vies.

1° LE DOMAINE RELIGIEUX est le plus important parce qu’il conditionne tout le reste. Nous rejetons l’athéisme, maladie infantile de la modernité, qui nie l’existence des multiples traces, structurelles ou conjoncturelles, de la présence agissante de Dieu dans l’Univers ou qui le réduit à un tourbillon d’énergie ou l’identifie avec la Nature, tandis que son oeuvre correspondrait à une légère et provisoire fluctuation du néant ! Nous ne pouvons non plus adhérer aux religions "officielles" généralement très conservatrices et trop souvent compromises avec les injustices et les violences commises par les pouvoirs séculiers dont elles se font les complices. Pas plus que nous ne pouvons accepter leur structure hiérarchique qui crée deux catégories de fidèles et qui, ajoutée aux médiations scripturaires, forment des intermédiaires inutiles et des écrans entre Dieu et chacun de nous. Bref, notre religion, c’est celle que nous établissons directement avec Lui. Nous devrions également lutter contre des croyances et des pratiques superstitieuses et aberrantes qui déshonorent Dieu et avilissent l’homme. Enfin, il faut bien se garder d’une sorte de méprise très courante qui confond la vie spirituelle avec des exercices et des disciplines qui se donnent pour but (d’ailleurs tout à fait honorable) le bien-être physique et psychique, mais qui n’ont aucun rapport avec la Transcendance, même si elles peuvent éventuellement y introduire.

Quant à notre lien vital avec la transcendance, il devrait se situer sur trois plans. D’abord le plan intellectuel (théologique) où nous aurons à coeur de nous livrer à une réflexion "essentielle" concernant sa "nature", ses "oeuvres" et ses "intentions", sans oublier que nous en sommes séparés par un abîme ontologique insondable et donc que tous nos discours à son sujet sont terriblement inadéquats sans être forcément faux, puisque son empreinte créatrice est gravée en nous et qu’il existe donc entre Lui et nous une véritable parenté et comme une sorte de consubstantiation. Nous devrons explorer un champ d’investigation de la plus haute importance, celui de la théologie des signes (que j’évoque un peu plus bas à propos de l’astrologie) qui se donne pour mission l’identification et l’interprétation des messages que Dieu nous adresse par le biais des configurations matérielles, astrales par exemple. Sur le plan liturgique, nous aurons la tâche passionnante de créer un culte public et privé, pur, beau, vivant et varié dans ses moyens d’expression, orienté vers l’adoration et la gratitude, qui donnera à toutes les sortes de créatures l’occasion de célébrer et de remercier Dieu pour le fait d’Etre et d’être ce qu’il Est, et pour avoir suscité l’Univers par Amour, même si sa partie terrestre a beaucoup perdu de sa beauté et de son innocence initiales à la suite d’une apostasie majoritaire qui l’a complètement détraquée. C’est justement l’amour qui caractérise le troisième plan, mystique, de notre rencontre avec Dieu. Attention à ce terme, qui ne signifie nullement hallucinations, visions, lévitations ou autres phénomènes extraordinaires, mais simplement une relation très intime et très personnelle qui permet de jeter une sorte de passerelle entre un Etre et un être que tout semble désunir : c’est le miracle, un vrai celui-ci, de l’Amour. Le Maître des Univers, impressionnant et intimidant, se mue en un compagnon quotidien humble, délicat et discret, capable de tendresse et même de la souffrance que nous lui infligeons tout au long de ces années où nous multiplions infidélités, reniements et trahisons. Heureusement, il n’est pas Dieu à se décourager ! Imitons-le aussi sur ce point, sans oublier qu’il n’existe pas de mystique authentique sans ascèse, sans un entraînement de tous les jours qui porte sur des points très concrets, que l’on poursuit sans relâche malgré les échecs et qui exprime notre volonté de perfectionnement et donc le désir d’accroître notre disponibilité et notre efficacité dans le service de Dieu et d’autrui.

2° LE DOMAINE INTELLECTUEL où ce que nous avons le plus à redouter est :

a) un rationalisme présomptueux qui confond la simple description des phénomènes, qui est à sa portée, avec leur explication profonde qu’il est incapable de fournir. Face aux grands mystères de la substance, de l’origine et de la finalité des choses, il demeure coi ou s’en tire avec des images ou des métaphores (comme le Big Bang) destinées à dissimuler pompeusement son ignorance. Il nous paie de mots.

b) un rationalisme étroit et sclérosé qui confond l’acquisition de connaissances utiles avec l’accès à la Connaissance, c’est-à-dire avec le déchiffrement du Sens infusé dans l’Univers par Dieu selon le principe fondamental qui fait du monde visible et sensible le symbole et le reflet du monde invisible. La véritable astrologie constitue une application tout à fait remarquable de cette structuration divine d’un Réel où tout s’entretient, se répond et se correspond grâce à un langage symbolique qu’il nous faut décrypter. Des philosophes comme Leibniz et Berkeley considéraient déjà la "Nature" comme une sorte de Livre à travers lequel Dieu communiquait avec nous.

c) un rationalisme intolérant qui n’admet aucune autre forme de rationalité que la sienne et rejette a priori toute espèce de raisonnement fondé sur la synchronicité analogique et, à son tour, fondateur de l’astrologie. A ce sujet, je rappellerai, sans entrer dans le détail, que l’on monte le thème de naissance d’une personne à partir de la position extrêmement précise qu’elle occupe dans l’espace-temps lors de sa naissance et au sein du système solaire. Celui-ci forme, à ce moment, des configurations planétaires tout à fait originales que l’on va observer et étudier minutieusement parce qu’elles symbolisent et signifient les configurations existentielles non moins originales qui constituent, à l’état potentiel, la personnalité du nouveau-né et qu’il devra "actualiser" tout au long de sa vie. On se trouve donc face à un "arrangement" providentiel absolument inouï dont l’exactitude et la subtilité ne peuvent être le fruit du hasard et qui attestent, sans le moindre doute de l’existence et de l’intervention de Dieu, qui a établi un dispositif de correspondances parfaitement ajusté entre deux ordres de réalité pourtant tout à fait hétérogènes.
Résumons ce dispositif de correspondance : la façon dont le monde se présente à moi (par l’intermédiaire du système solaire) à l’instant où je me présente à lui (celui de ma naissance) détermine la façon dont je devrai par la suite m’y rendre présent en assumant les tâches particulières qu’implique cette "coïncidence" organisée par une présence transcendante... Ou encore : la position physique objective (unique, singulière et irremplaçable) que j’occupe de fait dans l’espace-temps à la seconde où j’y fais mon apparition "signe" (grâce à l’interprétation des signes que constituent les astres et leurs positions mutuelles) les positions existentielles subjectives et normatives (non moins uniques, singulières et irremplaçables) que je devrai adopter si je veux m’accomplir pleinement en accomplissant la vocation particulière qui m’est réservée. La fonction sémiologique de l’astrologie lui permet de déchiffrer le langage extrêmement affiné des astres, inhérent à la nature de chacun d’entre eux et à leurs assemblages complexes et toujours changeants. C’est ainsi qu’elle découvre le rôle spécifique de chaque individu et confirme son caractère sacré, puisqu’il est en charge d’une mission inappréciable que lui seul est à même de remplir, pour laquelle nul ne peut se substituer à lui et dont la non-réalisation inflige à la bonne marche du monde un dommage irréparable. L’astrologie exalte l’ouvrage de Dieu qui fonde à son tour celui de l’homme.

d) Un rationalisme arrogant et dominateur qui tente de s’imposer dans des domaines psychologiques, sociologiques, philosophiques et politiques bien trop fins pour lui qui les massacre allègrement avec les gros sabots de l’évaluation, du classement, de la quantification et du déterminisme. Les êtres humains, leurs intentions, leurs comportements, leurs degrés de responsabilités sont analysés avec des tests aux conclusions arbitraires ou des méthodes mathématiques simplistes et grossières qui se veulent rigoureuses et sont même présentées par certains de leurs utilisateurs comme infaillibles ! On frémit à la pensée que ces divagations d’experts pèsent lourdement sur de très graves décisions, comme celles que prennent chaque jour les tribunaux. La rationalité scientifique étudie, à bon droit et avec de remarquables succès, les objets matériels et leurs lois, en usant d’une vérification expérimentale et reproductible applicable à toutes les espèces d’un genre parce qu’elles sont toutes exactement semblables. Mais lorsqu’il s’agit de personnes toutes singulières et différentes, ce type d’approche, valable pour les généralités et les identités, se trouve complètement pris en défaut et il doit céder la place à des appréciations individuelles et qualitatives fondées, non sur des critères scientifiques (puisqu’ils n’existent pas en la matière !), mais sur des hypothèses fragiles qui ne peuvent, en aucun cas, tenir lieu de certitudes.

3° LE DOMAINE POLITIQUE. Presque tous les Etats et, en particulier les plus importants, sont nés de la violence et continuent à la pratiquer sous toutes ses formes, soit entre eux, soit au détriment des populations et des individus qui les composent. Ils se sont forgés dans le feu, le sang et les larmes. Des bandes ou des dynasties d’aventuriers (rois, empereurs etc..) ont eu recours à tous les moyens, y compris aux pires, pour augmenter leurs biens, leur puissance et la surface de leurs territoires. En une période où la Bretagne se distingue par son esprit de rébellion, il est intéressant de rappeler que, selon un historien, "il n’a pas fallu moins de quatre guerres d’extermination" aux XVème et XVIème siècles pour obliger les Bretons à devenir malgré eux des Français ! Le vouloir-vivre ensemble, si cher aux patriotes, réalisé à coups de trique ! En fait, les Alsaciens et les Normands ou les Provençaux et les Béarnais n’ont rien qui les prédispose à se fondre artificiellement dans un pays plus vaste. De sorte que pour y parvenir (plus ou moins bien !), on a dû mobiliser pendant des siècles les rouleaux compresseurs de la centralisation et de l’uniformisation qui se sont chargés d’étouffer les particularités, les coutumes, les traditions, les dialectes, etc. des heureux annexés et de les convertir en folklores inoffensifs et dégénérés ! Les résultats, nous les avons sous les yeux : l’Histoire a partout engendré ces "monstres froids" dont beaucoup ne craignent pas d’étaler ouvertement leurs forfaits et leurs crimes tandis que d’autres, plus hypocrites, ne font semblant de respecter les droits et les libertés de l’homme que lorsqu’ils estiment avoir intérêt à le faire pour redorer leurs blasons ! Leurs "gestions" se caractérisent par une surabondance de manquements, d’insuffisances, de malversations, de négligences, d’injustices et de gaspillages commis au profit de ces minorités ultra-privilégiées qui détiennent tous les leviers de commande et s’en servent pour s’engraisser toujours davantage et assurer leur impunité.

Précisons ici, si besoin était, que dans ce domaine tout particulièrement ainsi que dans le domaine économique abordé plus bas, l’évolution individuelle est essentielle. Cette évolution, on l’a dit, dérive de la rencontre avec la transcendance tout en la permettant. C’est dire que cette évolution et cette rencontre ne peuvent se faire sans abolir en soi, au moins d’une manière suffisante, la volonté de puissance, de domination, de compétition, d’appropriation, ainsi que l’horrible quête du « bonheur », ce repliement égoïste sur soi et ses petits plaisirs, cette installation dans le monde tel qu’il est. Autrement dit : « ce sont les hommes qui doivent changer pour que les structures sociales deviennent libres, justes et fraternelle ».
Et c’est précisément quand chacun aura renoncé et éradiqué de sa propre vie la volonté de puissance que les conséquences collectives de celle-ci pourront disparaître. C’est ici l’occasion de rappeler que cette volonté de puissance n’est pas inhérente à la nature humaine et qu’il n’y a là aucune fatalité ni « naturalisme ».

Il faudrait donc remplacer les Etats actuels par des entités beaucoup moins étendues et beaucoup moins peuplées qui existent déjà dans le paysage d’aujourd’hui où une longue maturation historique leur a permis de surgir et de s’inscrire en accord avec les données locales de la géographie physique, humaine et économique. On pourrait les appeler "cités" ou "pays" en donnant à ce dernier terme le sens qu’il comporte lorsqu’on parle de "vin de pays" ! Leurs petites dimensions présenteraient d’énormes avantages : elles développeraient un fort sentiment d’appartenance et de solidarité entre les habitants, elles échangeraient en tout domaine avec les populations de proximité, et enfin, elles rendraient possible l’établissement d’une véritable démocratie directe et participative avec rotation des responsabilités par le biais de la réunion périodique d’une "assemblée" à laquelle participerait chaque communauté. Il va de soi que l’exercice des fonctions régaliennes répressives détenues par les anciens Etats déclinerait peu à peu jusqu’à disparaître complètement. La dernière d’entre elles, l’économique non punitive, se maintiendrait sous d’autres formes lorsque les autorités de plusieurs cités devraient unir leurs efforts et leurs moyens pour réaliser de grands travaux d’intérêt général. Sans doute les multiples sortes de coopération auxquelles seraient conviés les pays les amèneraient à créer entre eux des confédérations qui ne devraient surtout pas céder à la tentation de s’unir pour reconstituer les vastes ensembles autoritaires du passé.

4° LE DOMAINE ECONOMIQUE. Plus encore que le précédent, celui-ci réclame des transformations révolutionnaires de base qui ne semblent avoir une toute petite chance de s’accomplir que dans un très lointain avenir, tellement les Etats et les particuliers demeurent attachés à un système dont les ravages ne parviennent même pas à ouvrir les yeux de leurs victimes. A moins qu’ils ne fassent semblant ! Rien de plus pathétique que le désespoir et la stupéfaction des ouvriers chassés de leurs usines par des ploutocrates impitoyables qui continuent de leur propre aveu à réaliser des bénéfices considérables. Ces malheureux tombent des nues en découvrant (?) les lois d’airain qu’ils avaient acceptées tant qu’elles ne les broyaient pas !

Au fond, le programme à réaliser est très simple. On peut le résumer en quelques mots : dépossédez l’argent de sa valeur et tout le reste s’ensuivra ! Vous obtiendrez :
- la disparition du capitalisme grâce à la suppression de l’appropriation privée des moyens de production et grâce à la "démonétisation" de l’argent qui cessera d’être considéré comme un bien et une richesse que l’on thésaurise et que l’on place pour qu’il se reproduise tout seul et sans aucun effort de la part de son propriétaire. Il ne servira donc plus de moyen de paiement, qu’il s’agisse des achats de la vie courante ou des rétributions du "travail" pour la bonne raison, dans ce dernier cas, qu’il n’y aura plus ni "travail" ni "rétributions" !!
- la disparition du travail et des conditions souvent déplorables dans lesquelles il s’effectue (pollutions diverses, tâches répétitives, monotones, abrutissantes ou qui ne correspondent en rien aux goûts et aux capacités du travailleur, dangers d’exécution, cadences exagérées, arbitraire des petits chefs, mise en concurrence des ouvriers, placardisations, etc.) se fera au profit d’activités choisies, pour chaque personne, de telle manière qu’elle puisse faire ce pourquoi elle est faite. L’étude de son thème astrologique permettra de définir, avec la justesse et la précision nécessaires, les voies "professionnelles" (c’est à dire la participation aux tâches de production, de services, etc.) dans lesquelles elle doit s’engager pour s’épanouir au profit de tous et produire, grâce aussi à des conditions d’exercice humaines et attrayantes, des oeuvres de qualité.
- la disparition des rémunérations (salaires, traitements, revenus d’une coopérative ou autre, transactions commerciales, etc.) va de pair avec le versement mensuel, de la naissance à la mort, d’une allocation d’existence égale pour tous dont l’importance pourra cependant momentanément varier en fonction de l’âge ou des aléas de la vie. Il ira de soi que chacun, ayant reçu le nécessaire pour vivre, se former et s’éduquer au sein et au dehors de sa communauté, ne fera pas payer ses prestations, lorsqu’il sera parvenu à l’âge adulte.
- la disparition de l’argent comme valeur basique et autonome que l’on peut accumuler le réduit au rang d’une fiction et d’un étalon servant à l’évaluation absolue de l’allocation d’existence et aux évaluations comparatives destinées à fixer les "prix" des marchandises et des services. Ces tâches seront effectuées par l’Assemblée concitoyenne de chaque "cité" qui devra également permettre une adaptation de la production avec les besoins sans tomber dans une planification étouffante et stérilisante.

Je voudrais, pour terminer, faire deux remarques au sujet des "sommes" attribuées chaque mois. D’abord, il est bien évident que chacun pourra en disposer à sa convenance (pourvu qu’il ne cherche pas à ressusciter les mauvaises habitudes d’autrefois, comme le prêt à intérêt !) et trouver les prestations et les objets divers dont il aura besoin ou envie. Ensuite, on peut imaginer sans grand risque d’erreur que le montant de l’allocation pourrait être confortable, non seulement parce que d’énormes sources collectives de gabegie et de dépenses désormais vaines seraient taries, mais aussi parce que seraient cultivées dans les communautés (nous allons bientôt en parler) des valeurs d’usage et de partage, des pratiques de prêt, de location, d’achat en commun, etc., qui, en évitant par exemple des acquisitions individuelles "financièrement" disproportionnées à leur utilisation, permettraient à chacun de faire des économies et d’augmenter son pouvoir d’achat !! Bref, la société qui résulterait des changements révolutionnaires que nous préconisons connaîtrait une prospérité générale, bien loin de végéter dans la pénurie et la morosité !

5° LE DOMAINE ECOLOGIQUE véritable auquel nous ne pouvons accéder qu’en rompant avec un environnementalisme à la mode, superficiel et entièrement dédié à l’avantage de l’homme. Il faut en finir avec un anthropocentrisme et un spécisme qui transforment l’espèce humaine en une sorte de race supérieure qui aurait le droit de mettre la planète en coupe déréglée avec pour seule limite le moment où le processus de destruction se retourne contre son auteur. L’expérience montre même que l’arrogance et l’aveuglement "préhumains" sont tellement ancrés que cette limite n’est pas respectée et que s’engage ainsi un mécanisme suicidaire dont le profiteur exploite à outrance et dans son intérêt (?) exclusif une Nature qui n’est faite, de son point de vue, que de ressources diverses à lui destinées et propres à satisfaire l’ensemble de ses besoins ou de ses goûts soit esthétiques (la beauté des paysages et des fleurs), soit affectifs (la tendresse des animaux domestiques), soit et surtout physiologiques (la multitude des denrées et des produits qui lui servent à se nourrir, à se loger, etc.). La Terre n’est pour lui, selon les cas, qu’une sorte de garde-manger, ou un décor de théâtre ou une simple garniture , comme ces feuilles de salade qu’on dispose sur le rebord de l’assiette, loin du centre où se trouve "l’essentiel".

Bien loin de se comporter en un despote sanguinaire qui pille et qui ruine, l’homme devrait se considérer et agir comme le Frère aîné de la Création, délégué par Dieu à l’achèvement de son Oeuvre et qui n’utiliserait toutes ses qualités que pour y faire régner l’amour et la paix, en échange de quoi les "bénéficiaires" minéraux, végétaux et animaux, lui assureraient un séjour paradisiaque ! Sauf que, pendant une première période qui pourrait durer assez longtemps (!), les catastrophes naturelles héritières du "péché originel" des débuts, continueraient à se produire jusqu’à ce qu’une prise de conscience suffisamment large et profonde affecte les hôtes terrestres en leur faisant découvrir leur merveilleuse vocation. Notez bien qu’il ne s’agirait pas de pratiquer une surenchère païenne, mais simplement de reconnaître que la Terre et ses habitants non-humains possèdent, en tant que créatures divines, une dignité intrinsèque indépendante de celle des hommes et respectée par eux. Supposons donc qu’un nombre significatif d’entre eux se battent, comme c’est déjà le cas, pour enrayer la désertification, la déforestation, la fonte des glaciers, l’élévation du niveau des mers, la production de toutes les formes de pollution en recourant de plus en plus aux énergies et aux matériaux propres et renouvelables, etc., à quoi aboutirait-on ? Peut-être (rien n’est moins sûr) à un léger ralentissement de la marche vers l’abîme ! Car toutes ces initiatives, aussi louables soient-elles, restent sporadiques, dispersées, isolées, très insuffisantes. Une fois de plus, on saisit à quel point le "réformisme" des gens de bonne volonté, la politique des "petits pas" et des "petits gestes" se révèlent incapables de fournir des solutions générales efficaces. Une illustration particulièrement cruelle de cette triste vérité réside dans l’échec de toutes les réunions nationales et internationales chargées de trouver enfin les remèdes appropriés. Ces congrès accouchent de préconisations jamais suivies d’effets puisque les grands puissances politiques, économiques et financières ont tout intérêt à s’y opposer et qu’elles disposent des armes nécessaires pour imposer leur volonté. Ces sommets sont ceux d’une inconscience qui voit venir de loin les désastres sans réagir !

Alors que faudrait-il faire pour interrompre définitivement le compte à rebours ? Eh bien, comme toujours, tout reprendre à la base en parvenant à changer complètement des mentalités et des comportements infectés par un emballement réciproque de la production et de la consommation. Celle-ci doit se réduire à un usage raisonnable des ressources qui exclut tout autant la goinfrerie que la privation et que l’on pourrait désigner sous le nom de sobriété. Dans ces conditions, la production s’ajusterait aux variations limitées d’une demande qui satisferait très largement à tous les besoins tout en restant notablement inférieure à l’actuelle, du fait des énormes économies réalisées, surtout si l’on gardait la maîtrise de la démographie. Ainsi prendrait fin l’absurde et mortifère course à la croissance qui est partout ou presque célébrée et recommandée, en particulier par les ploutocrates qui s’attribuent les neuf dixièmes de ses fruits. La masse des richesses actuellement créées dans le monde, si elle était équitablement répartie entre ses habitants, permettrait à tous de vivre confortablement. Pas la peine d’en rajouter ! Une production et une consommation modérées suffiraient à résoudre les problèmes de fond et tant de difficultés apparemment inextricables. Il est intéressant de constater qu’on en revient toujours à des notions morales élémentaires, ce qui illustre deux vérités capitales. D’une part, dans tous les domaines, plus on va en profondeur, plus les choses se simplifient, plus les complications s’effacent pour laisser place à l’essentiel. D’autre part, cet essentiel ne se trouve pas dans les raisonnements géniaux des grands intellectuels, pas plus que dans les machines ultra-sophistiquées ou les institutions miraculeusement équilibrées, mais dans ce que Pascal appelait le Coeur des hommes, c’est-à-dire leur faculté d’appréhender directement et immédiatement les premiers principes... dont je voudrais, pour terminer, signaler plusieurs applications aussi évidentes que difficiles à réaliser.
- Il va de soi qu’aucun animal ne devrait en principe être volontairement mis à mort, quelles que soient les excellentes raisons invoquées. Mais je reconnais qu’on peut avoir des doutes concernant une punaise ou la mouche tsé tsé ! La seule suppression de l’élevage, de la pêche, de la tauromachie et de la chasse aurait les plus heureuses répercussions sur les plans de la morale, de la santé, de l’économie et de l’écologie. Bien sûr, se poserait le problème des animaux plus ou moins captifs qui vivent dans les zoos, les ménageries, les cirques, etc. Inversement, les végétaux, qui joueraient un rôle si important dans l’alimentation humaine, pourraient être consommés sans hésitations du fait qu’il ne s’agit pas de "personnes" dotées d’un psychisme, d’une sensibilité et d’une conscience. Oui... mais il y a les arbres : avons-nous le droit de les tuer pour créer des installations industrielles et des cultures vivrières, ou nous fournir du bois pour le chauffage, la menuiserie et l’artisanat !?

- Il faudrait absolument briser la chaîne de l’entre-dévoration animale où l’homme occupe une place de choix en tant que Prédateur suprême et qu’on ose nous présenter comme une donnée toute "naturelle", universelle, intangible et même bienfaisante !! D’autres corrections de comportement devraient s’opérer chez les sujets qui pratiquent la brutalité et le meurtre, en dehors de toute contrainte alimentaire. Evidemment, on ne va pas convoquer un à un tous les lions du monde pour les persuader de renoncer à casser le cou des gazelles avant de les consommer ! Là encore, il faut reprendre les choses au fond et ce serait le rôle des scientifiques que de faire évoluer les fauves vers le végétarisme en inventant des méthodes et des dispositifs de portée générale, mais qui s’adapteraient ensuite à chaque individu. Le même type de démarche pourrait permettre non seulement de contenir ou de supprimer quantité d’excès et de déséquilibres (comme les pullulements) qui subsistent encore dans la Nature, mais aussi peut-être d’empêcher la reproduction et, pour l’avenir, l’apparition d’espèces dangereuses.

- Enfin, si l’on prend en compte 1) l’hypothèse Gaïa qui considère que la Terre est un super organisme vivant où tout est lié et coordonné 2) l’hypothèse d’un détraquement et d’un endommagement graves que l’humanité naissante lui aurait infligés en repoussant l’amour de Dieu et 3) l’hypothèse selon laquelle tous ses "débordements" (et leurs conséquences tragiques) feraient justement partie de cette déglingue générale et exprimeraient sa colère et sa souffrance... alors on peut estimer que si notre manière de la traiter changeait du tout au tout, les fléaux meurtriers (séismes, éruptions, tsunamis, inondations, tornades etc) qui semblent actuellement augmenter en nombre et en intensité verraient au contraire décroître progressivement leur pouvoir de nuisance jusqu’à ce que soit instauré (ou restauré) l’éden voulu par Dieu pour sa Création et réalisé par ses créatures.

6° LE DOMAINE ESTHETIQUE. On y entre à la suite d’une conversion qui consiste en un débarbouillage de la sensibilité, en une virginisation de notre regard provoquée par la présence intérieure et révélée de Dieu qui nous ouvre les yeux et nous amène à reconnaître dans le monde extérieur les multiples façons dont l’Absolu s’y manifeste. Jusque là bouché par le kaléidoscope des seules apparences réduites à elles-mêmes, génératrices d’innombrables esthétismes vains, prétentieux, insignifiants, artificiels, relevant de l’esbroufe, de la provocation gratuite ou de l’escroquerie, l’horizon de nos perceptions s’ouvre alors sur l’Infini des Transcendantaux, inséparables au sein de la Personne divine dont ils forment le Trio "essentiel", le Beau (unité harmonieuse d’un tout organisé se composant d’éléments divers et distincts), mélange de simplicité et de complexité qui correspond à la Forme de l’Etre), le Vrai (lié à l’authenticité et à la justice, ce qui "tient debout" et présente une adéquation entre ce qui apparaît, ce qui est et ce qui doit être), qui correspond au Fond de l’Etre, le Bon, enfin, qui doit être compris comme "bon à quelque chose" au sens biblique, comme valable, détenteur d’une raison d’être, d’un rôle à jouer, d’une utilité métaphysique voulue par l’Amour et dont l’intelligence va tirer parti sur un plan pratique, de sorte qu’il correspond à la dynamique créatrice de l’Etre. Nous devenons aptes à repérer les traces des Transcendantaux et à les apprécier aussi bien dans la Création de Dieu que dans les créations des hommes.

Dans le premier cas, il s’agit des merveilles de la nature découvertes dans l’infiniment petit, l’infiniment grand, dans l’infiniment complexe tout autant qu’à notre échelon macroscopique. Dans le deuxième cas, les créations des hommes, qui les font passer de l’impression esthétique à l’élaboration artistique, montrent qu’ils ne sont pas seulement capables d’éprouver la présence de Dieu dans son Univers, mais qu’ils peuvent aussi l’exprimer et la faire transparaître à travers les fruits de leur travail et de leur inspiration qui sont extrêmement nombreux et variés : cérémonies, rites et liturgies qui exaltent le sacré tout comme d’innombrables oeuvres individuelles ou collectives de caractère littéraire, théâtral musical, scientifique, technique qui peuvent le faire à l’insu même de leurs auteurs…, groupements de toutes sortes (orchestres, kibboutsim, troupes de théâtre, associations sportive, etc.) dont la Beauté, la Bonté et la Vérité proviennent de la qualité des rapports interpersonnels mis au service de grandes réalisations communes, comportements altruistes héroïques qui témoignent par eux-mêmes d’une existence de l’Absolu. Et même des happenings aux raccourcis suggestifs ou des assemblages bizarres d’objets, de phénomènes ou de mouvements qui se situent dans une veine ironique ou contestataire indirectement branchée sur les sources d’En Haut !

L’accès aux Transcendantaux donne lieu à une perception plus ou moins jubilatoire, c’est-à-dire à un sentiment exaltant de communion et de béatitude que chacun éprouve avec un degré d’intensité et d’évidence lié au degré de son évolution personnelle et, lorsqu’il s’agit d’oeuvres expressives, au degré de ses capacités. La même inégalité de moyens (qui va de la médiocrité au génie en passant par le talent) s’observe quand on essaie de traduire, soit la perception tragique que nous ressentons face à la destruction des Transcendantaux (Mal absolu) opérée par les hommes contre eux-mêmes et la Nature, soit la perception pathétique que nous éprouvons face à leur absence (Vide absolu). On dit souvent que l’impression esthétique et l’expression artistique ont pour but et pour effet de provoquer l’émotion. Ce n’est pas faux, mais l’on attribue généralement à ce mot une signification bien courte et bien plate, à consonances relativistes et hédonistes. Or l’une et l’autre ont pour raison d’être de nous sensibiliser à la Transcendance en nous la rendant sensible. Le flux quotidien des images et des figures issues de Dieu et des hommes recomposent l’image et la figure de Dieu tout autant que celle de l’homme dans sa filiation avec Dieu. Du moins pour qui sait les reconnaître et les reconstituer à partir d’une infinité de traits épars qui forment comme les fragments partiels et hétéroclites de l’effigie divine.

La perception esthétique et la création artistique nous laissent pressentir l’Essentiel, la première en scrutant directement l’oeuvre du Créateur, la seconde en nous la révélant par le truchement de créateurs-médiums qui ont vu et qui nous donnent à voir, parfois malheureusement comme des gens qui exhiberaient un trésor sans en connaître la valeur. C’est le cas de la plupart des êtres humains qui se trouvent dans la situation des prisonniers de la caverne platonicienne avant leur délivrance. Sur les plans et les arrière-plans du monde sensible défilent des silhouettes plus ou moins floues et informes, mais dont la seule existence suffit à garantir celle des objets qu’elles représentent et celle de la Lumière qui les projette et les fait voir. Pourtant les spectateurs "ne se doutent de rien", comme disait Claudel au sujet des incroyants. Pour eux, ces ombres mystérieuses et fugitives ne renferment aucun sens qui leur soit propre ni, à plus forte raison, qui les dépasse. Se refusant à accueillir l’Absolu qui s’y manifeste et donc tentés, soit de les exalter sans mesure pour compenser le vide de leur existence, soit, acceptant leur désespérance, de n’y voir que des chimères contingentes et passagères, sans doute n’auront-ils jamais l’idée, encore moins l’envie de se désenchaîner et d’opérer une conversion à 180° qui les placerait en face de Dieu, leur permettrait d’apprécier toutes choses à sa Clarté et, donc, de découvrir la consistance et la dignité de Ses créatures, ainsi que leur vocation et statut privilégiés, qui les appellent à se déifier progressivement, à irradier les Transcendantaux de façon toujours plus éblouissante jusqu’à provoquer l’embrasement sans fin et sans retour d’un Univers flamboyant de Beauté, de Bonté et de Vérité.

Voici un petit texte de Gombrowicz cité par Sami Tchak dans son roman "Hermina" p. 214 : "Que souhaite avant tout celui qui, à notre époque, a ressenti l’appel de la plume, ou du pinceau, ou de la clarinette ? Il souhaite avant tout être un artiste. Créer de l’Art. Il rêve de se nourrir du Vrai, du Beau et du Bien, d’en nourrir ses concitoyens, de devenir un prêtre ou un prophète, offrant les trésors de son talent à l’humanité assoiffée...". Voilà parfaitement bien définie la mission dont est revêtu l’Artiste qui demeure en chacun de nous et qu’il devrait s’efforcer de remplir avec les moyens du bord, aussi modestes soient-ils. Finalement, la démarche intellectuelle et la démarche esthétique suivent des voies parallèles, puisque toutes deux s’assignent pour principal objectif la détection et la reconnaissance des diverses formes de la présence de Dieu dans l’Univers. La première emprunte les chemins discursifs de la Raison en quête de Sens, la seconde s’effectue de manière intuitive et directe à la recherche du Beau, du Bon et du Vrai, mais l’une et l’autre explorent les facettes d’une même Réalité. De sorte qu’il n’y a de Connaissance authentique et d’Art véritable que sacrés.

7° Abordant LE DOMAINE DE LA COMMUNAUTE, nous parvenons au coeur même du Projet du fait qu’elle n’est pas seulement le lieu privilégié de l’épanouissement affectif, relationnel et sexuel de ses membres, mais qu’elle se comporte aussi comme l’agent de réalisation de ces changements radicaux que nous venons d’évoquer très rapidement et qui devraient intervenir dans chacun des autres domaines simultanément, puisqu’ils ne sont ici séparés que pour la commodité de l’exposé, mais qu’ils relèvent tous de la même inspiration divine. Ne nous faisons pas trop d’illusions sur les résultats que nous obtiendrons sur un plan collectif dans un avenir prévisible ! Nous aurons beau exiger avec ardeur la disparition des Etats, du capitalisme, des entreprises... ou de l’élevage, nous risquons de ne pas être écoutés dans l’immédiat ! Mais il est d’autres secteurs de l’existence, en particulier ceux qui concernent la vie personnelle et la vie interpersonnelle, où des progrès substantiels peuvent être accomplis en dépit de l’hostilité manifestée par des pouvoirs officiels, des médias, des associations, etc. qui ne manqueront pas d’assimiler les communautés à des sectes.

Pour décrire ce que pourrait être la vie quotidienne dans une communauté de ce genre, nous renvoyons à un autre texte.

Si, en dépit de notre "fanatisme" (puisque c’est ainsi qu’à notre triste époque on désigne les convictions bien affirmées !), vous souhaitez en savoir plus, nous tenons à votre disposition un texte plus étoffé et plus approfondi. Vous pouvez aussi prendre contact avec nous et nous rendre visite. Et puis, qui sait ? des séjours de plus en plus fréquents et prolongés parmi nous pourraient vous amener à une intégration en douceur dans la nouvelle communauté que nous fonderions ensemble. Enfin, si vous connaissiez des personnes susceptibles d’être intéressées par notre Projet, auriez-vous l’obligeance de leur signaler notre existence et nos intentions ? Merci et peut-être à bientôt !

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