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	<title>Refonder le Monde</title>
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	<description>Il faut tout reprendre &#224; z&#233;ro, repartir sur d'autres bases et dans d'autres directions, et &#224; partir de la base, d'en bas. Pour refonder le monde, la solution nous semble &#234;tre la fondation de communaut&#233;s. La communaut&#233; comme exp&#233;rimentation concr&#232;te du monde de demain, et comme r&#233;alisation ici et maintenant d'une transformation radicale des relations entre les personnes, avec la Terre et les autres &#234;tres vivants, &#224; la base des futures transformations collectives. Mais une telle transformation doit trouver une base commune, c'est-&#224;-dire une transcendance seule capable de rassembler et d'unir l'humanit&#233; qui n'est pas encore.</description>
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		<title>Refonder le Monde</title>
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		<title>De la n&#233;cessit&#233; de relier transformation radicale et transcendance</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/De-la-dissipation-necessaire-d-un.html</link>
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		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;ologie de la r&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dieu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Essayons de clarifier ce qui relie transformation radicale et transcendance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des gens de tous bords, de toutes origines, qu'ils soient croyants ou ath&#233;es, semblent d'accord sur la n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale, g&#233;n&#233;rale et globale des pseudo-soci&#233;t&#233;s dans lesquelles nous croupissons (et c'est &#224; eux en priorit&#233; que s'adresse ce texte, m&#234;me si ceux qui n'avaient pas envisag&#233; cette n&#233;cessit&#233; pourront &#233;galement le lire, notamment ceux qui pensent que l'humanit&#233; a toujours trouv&#233; des solutions aux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Textes-fondateurs-.html" rel="directory"&gt;Textes fondateurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-theologie-de-la-revolution-+.html" rel="tag"&gt;th&#233;ologie de la r&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Dieu-et-critique-radicale-+.html" rel="tag"&gt;Dieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Essayons de clarifier ce qui relie &lt;strong&gt;transformation radicale et transcendance&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gens de tous bords, de toutes origines, qu'ils soient croyants ou ath&#233;es, semblent d'accord sur la n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale, g&#233;n&#233;rale et globale des pseudo-soci&#233;t&#233;s dans lesquelles nous croupissons (et c'est &#224; eux en priorit&#233; que s'adresse ce texte, m&#234;me si ceux qui n'avaient pas envisag&#233; cette n&#233;cessit&#233; pourront &#233;galement le lire, notamment ceux qui pensent que l'humanit&#233; a toujours trouv&#233; des solutions aux probl&#232;mes et que le niveau de vie a globalement augment&#233;, que la faim dans le monde a r&#233;gress&#233;, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cet accord n'a rien d'&#233;vident. D&#232;s que l'on cherche &#224; s'entendre sur le sens &#224; donner &#224; l'expression &#171; transformation radicale &#187;, d&#232;s que l'on souhaite aller au-del&#224; des bonnes paroles et des incantations (libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;, par exemple, ou encore Justice, socialit&#233;, pr&#233;servation de l'environnement, etc.), les difficult&#233;s commencent. Et si l'on s'int&#233;resse au caract&#232;re global de la transformation n&#233;cessaire, les choses deviennent encore plus compliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demandez &#224; plusieurs de ces &#034;r&#233;volutionnaires&#034; si la dimension relationnelle, affective et sexuelle doit &#234;tre transform&#233;e. Vous serez surpris des r&#233;ponses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, comment ne pas voir les liens &#233;troits entre &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Et-si-l-on-faisait-un-voeu.html' class='spip_in'&gt;famille et Etat, entre famille et capitalisme !&lt;/a&gt; Pour parler de transformation radicale, ne faut-il pas mettre en cause l'appropriation des personnes ? Ne faut-il pas proposer de d&#233;passer le couple exclusif (qu'il soit homosexuel ou h&#233;t&#233;rosexuel) et la famille traditionnelle, modifier la parentalit&#233; et la sexualit&#233;, sans pour autant tomber dans la futilit&#233;, la consommation et les relations jetables ? Ne faut-il pas arriver &#224; d&#233;passer la diff&#233;rence physiologique entre les &#034;hommes&#034; et les &#034;femmes&#034;, m&#234;me quand cette diff&#233;rence est pr&#233;sent&#233;e comme une compl&#233;mentarit&#233; et non comme une rivalit&#233; ou une source d'in&#233;galit&#233; ? Ne faut-il pas &#233;galement comprendre (et le vivre) que chacun d'entre nous est &#224; la fois homme et femme, dans des proportions variables et diff&#233;rentes, ce qui modifie radicalement, entre autres, la parentalit&#233; et renvoie &#224; la pr&#233;histoire les lamentables vocif&#233;rations des &#034;tradi&#034; et autres &#034;manifestants pour tous&#034;, mais aussi les appels &#224; la morale de certains &#034;gens de gauche&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine du rapport aux animaux et &#224; la &#171; nature &#187;, les r&#233;ponses de nos soi-disant r&#233;volutionnaires peuvent aussi &#234;tre surprenantes. Pourtant, pour parler de transformation radicale, ne faut-il pas &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; cesser de manger de la viande et de tuer des milliards d'animaux pour notre bon plaisir, nos v&#234;tements, notre sant&#233; ? Ne faut-il pas de toute urgence arr&#234;ter le massacre quotidien des autres &#234;tres vivants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on peut oser esp&#233;rer que tout le monde est d'accord sur la condamnation totale de l'Etat et du capitalisme, du salariat, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Supposons acquise la n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale.&lt;/strong&gt; Que construire &#224; la place ? Si l'on veut mettre en place une v&#233;ritable d&#233;mocratie et (re)mettre &#224; sa place l'&#233;conomie, ne faut-il pas au pr&#233;alable que soient transform&#233;es totalement les mentalit&#233;s, ne faut-il pas renoncer au pouvoir, &#224; la domination, &#224; la comp&#233;tition, &#224; l'appropriation ? Cela supposerait donc de parvenir &#224; un accord sur l'id&#233;e fondamentale selon laquelle aucune &#233;volution collective n'est possible sans &#233;volutions personnelles et individuelles pr&#233;alables ou au moins concomitantes. Or, il ne manquera pas de bons ap&#244;tres du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; qui diront que c'est illusoire parce que l'homme est d&#233;termin&#233; par le social et que la libert&#233; est un leurre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La sociologie bourdieusienne est, malgr&#233; ses apparences progressistes, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or sans libert&#233;, pas de changement personnel possible...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore, supposons un accord sur le lien entre &#233;volution personnelle et &#233;volution collective. Que construire &#224; la place de l'Etat et du capitalisme ? Le f&#233;d&#233;ralisme, l'autogestion ? Le communisme sans passer par la dictature du prol&#233;tariat ? Une forme tout &#224; fait nouvelle d'organisation collective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question : cette transformation doit-elle &#234;tre le fruit de la violence arm&#233;e ou de la non-violence ? De la prise du pouvoir ou de la renonciation &#224; tout pouvoir ? Faut-il prendre d'abord le contr&#244;le de l'Etat ou renoncer d&#232;s le d&#233;part &#224; cette forme de vie politique h&#233;rit&#233;e d'un pass&#233; terrifiant ? Faut-il un mouvement unitaire ou des initiatives isol&#233;es qui finiront bien par converger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il besoin de continuer ? L'on voit en d&#233;finitive que pour parvenir &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions, il faudrait un accord fondamental sur l'existence de quelque chose d'absolument commun &#224; tous. Pour parvenir &#224; un accord sur les finalit&#233;s, il faut une r&#233;f&#233;rence &#224; une Transcendance, &#224; quelque chose d'universel, de valable pour tous. Autrement dit, &lt;strong&gt;transformation radicale et transcendance&lt;/strong&gt; sont ins&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, selon la vulgate rationaliste, il ne peut y avoir de transcendance. Dieu est mort, les grandes id&#233;ologies aussi. Pire, toute Transcendance est vue par la plupart des gens comme une menace, une atteinte &#224; la libert&#233;, une limitation du libre examen, une ali&#233;nation (l'opium du peuple&#8230;). Elle supposerait l'existence d'une nature humaine dont on serait forc&#233;ment prisonnier, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces m&#234;mes ap&#244;tres du rationalisme refusent de voir que ce que l'on a sous les yeux, et qui est directement le r&#233;sultat de l'&#233;vacuation de toute transcendance, ne vaut pas mieux : ali&#233;nation, atteintes aux libert&#233;s, m&#233;pris de la vie humaine et des individus, reproduction sans fin du syst&#232;me social par le conditionnement, esclavage moderne&#8230; le tout composant une synth&#232;se abominable et bancale du 1984 d'Orwell et du Meilleur des monde de Huxley. Au fond, l'&#233;vacuation de toute Transcendance a accouch&#233; du monde &#224; propos duquel l'on s'est accord&#233; pour dire qu'il &#233;tait insupportable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a eu dans le pass&#233; des r&#233;f&#233;rences &#224; une Transcendance qui ont abouti &#224; un monde tout aussi effroyable, &#224; des atrocit&#233;s sans nom. Et cela continue aujourd'hui dans certaines r&#233;gions du monde. L'horrible patriarche de l'&#233;glise orthodoxe russe nous en a fourni un exemple tout r&#233;cent. Mais qui en est responsable ? La Transcendance ou les hommes qui s'en sont empar&#233;s &#224; des fins de domination ? Ici, les antith&#233;istes, ceux qui sortent leur revolver d&#232;s qu'ils entendent le mot Dieu, sont d'une particuli&#232;re mauvaise foi parce qu'ils refusent de voir qu'il y a des &#171; croyants &#187; qui refusent la domination et l'exploitation des autres, qui &#339;uvrent au contraire pour leur disparition. Or, l'existence de ces croyants l&#224; d&#233;montre que le probl&#232;me ne vient pas de la Transcendance mais des hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, le monde tel qu'il est. De l'autre une impossibilit&#233; de parvenir &#224; un accord sur la mani&#232;re de le changer en l'absence d'une Transcendance. J'aimerais tant me tromper sur ce point. J'aimerais que les faits me d&#233;mentent, qu'il y ait un regroupement des initiatives locales, que tous ceux qui entrevoient des solutions se mettent d'accord pour travailler ensemble, que se construisent une r&#233;elle alternative, coordonn&#233;e, unifi&#233;e, unie au moins sur des grands principes, que les &#034;alternatifs&#034;, &#034;rebelles&#034;, &#034;r&#233;sistants&#034;, &#034;radicaux&#034;, anarchistes, etc. travaillent ensemble et construisent r&#233;ellement autre chose. Mais pour l'instant, je ne vois rien. Ou alors que des initiatives isol&#233;es, certes toutes int&#233;ressantes, mais parcellaires, sans accord sur les finalit&#233;s, sans aucune concr&#233;tisation commune, sans programme commun. A tel point que l'on peut s'interroger : y a-t-il vraiment une volont&#233; de construire autre chose, pourquoi en est-on l&#224;, que se passe-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en reste l&#224;, rien ne changera. Comme les personnages &#224; la fin de la pi&#232;ce de Sartre &#171; Huis clos &#187;, nous sommes condamn&#233;s &#224; dire &#171; Et bien continuons &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La sociologie bourdieusienne est, malgr&#233; ses apparences progressistes, typique de ce cercle vicieux inextricable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;chauffement climatique, que faire ?</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/Rechauffement-climatique-que-faire.html</link>
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		<dc:date>2020-03-29T17:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;ologie de la r&#233;volution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D'o&#249; vient le r&#233;chauffement climatique et comment le stopper.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Humeurs-et-reactions-.html" rel="directory"&gt;Humeurs et r&#233;actions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-theologie-de-la-revolution-+.html" rel="tag"&gt;th&#233;ologie de la r&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement climatique et ses cons&#233;quences illustre le fait que la pr&#233;humanit&#233; va dans le mur, dans le gouffre ; elle court &#224; sa perte. Non seulement elle est toujours vide, creuse, insignifiante, barbare et criminelle, mais en plus elle d&#233;veloppe une tendance &#224; l'auto destruction. Au fond, ce n'est que la cons&#233;quence logique de ce qu'elle est. Comme un canc&#233;reux en phase terminale ne peut plus envisager la gu&#233;rison, la pr&#233;humanit&#233; ne semble pas pouvoir actuellement arr&#234;ter sa course folle vers l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on peut &#233;galement penser que l'&#233;pid&#233;mie de coronavirus est un signal d'avertissement. Ce n'est &#233;videmment pas un &#034;ch&#226;timent divin&#034; ou un truc de ce genre, mais une alerte symbolique (et aux redoutables cons&#233;quences !). L'on peut toutefois douter que le message sera entendu. Oh bien s&#251;r, on peut toujours esp&#233;rer, se dire que les gens vont enfin r&#233;fl&#233;chir. Nous sommes litt&#233;ralement abreuv&#233;s de ce genre de discours l&#233;nifiants et optimistes. Entre autres, il faudra nous poser la question du &#034;contrat naturel et social entre l'homme et la nature&#034; (&#034;Le Monde&#034; du 29 mars 2020). Nous serions les premiers &#224; nous en f&#233;liciter. Mais une fois la &#034;crise&#034; pass&#233;e, tout le monde se pr&#233;cipitera &#224; nouveau pour &#034;vivre comme avant&#034;. Comme avant les guerres, avant les attentats, avant la crise de 2008, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, comme d&#233;j&#224; de nombreuses voies le disent, ce virus et ses cons&#233;quences sont l'expression d'une mondialisation devenue folle. L'on est en droit de penser aussi que le virus qui s'est transmis &#224; l'homme &#224; partir du contact avec des animaux dont on fait un commerce ignoble, que l'on sacrifie par milliards chaque ann&#233;e, et dont on d&#233;truit les habitats, pour le seul plaisir de l'homme ; l'on peut penser que ce virus et sa propagation symbolise le d&#233;r&#232;glement complet d'une &#034;humanit&#233;&#034; qui court &#224; sa perte. D&#233;r&#232;glement dont le r&#233;chauffement climatique est la traduction tragique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, il est s&#233;rieusement envisag&#233; actuellement que l'esp&#232;ce &lt;i&gt;homo sapiens sapiens&lt;/i&gt; et avec elle (&#224; cause d'elle !) des milliers et des milliers d'esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales puissent dispara&#238;tre &#224; cause du d&#233;r&#232;glement total du climat provoqu&#233; par elle. Pour les esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, le massacre a d&#233;j&#224; commenc&#233;, puisque l'on parle d&#233;sormais de la 6&#232;me extinction, directement provoqu&#233;e par la pr&#233;humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques uns semblent s'accommoder de la catastrophe annonc&#233;e au motif que l'&lt;i&gt;homo sapiens sapiens&lt;/i&gt; n'est qu'une esp&#232;ce animale parmi les autres et que l'Evolution (avec un grand E) a rebondi d&#233;j&#224; de multiples fois apr&#232;s des extinctions massives d'esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on pourrait aussi consid&#233;rer que l'humanit&#233; en tant qu'esp&#232;ce a d&#233;j&#224; failli, qu'elle ne peut plus redresser la barre et que sa disparition permettrait &#233;ventuellement (car rien n'est automatique) &#224; d'autres de reprendre le flambeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec beaucoup de cynisme et une pointe de r&#233;alisme, certains &#233;voquent contre le r&#233;chauffement climatique la &#171; solution &#187; d'un totalitarisme vert &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, une dictature mondiale qui serait seule capable de contraindre les humano&#239;des &#224; prendre les bonnes d&#233;cisions dans l'int&#233;r&#234;t de tous, un peu comme dans ces romans de science fiction ou un super ordinateur prend le contr&#244;le des &#171; humains &#187; incapables de trouver par eux-m&#234;mes les bonnes solutions pour &#233;viter de s'entretuer. Une telle &#171; solution &#187; serait la seule &#224; permettre d'atteindre l'objectif qui est aujourd'hui &#171; &lt;i&gt;de diminuer la production de CO2 de la mani&#232;re la plus &#233;galitaire possible, y compris en adoptant des quotas carbone individuels&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Chronique dans &#171; Le Monde &#187; du 27 avril 2019 de Dominique M&#233;da &#171; La croissance (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on sait pourtant parfaitement qu'une telle diminution &#233;galitaire est totalement inconcevable dans le monde d'aujourd'hui et que derri&#232;re les &#171; quotas individuels &#187; se profilent tous les trafics imaginables dignes des pires films de science fiction. Je crois impossible la r&#233;alisation d'une telle dystopie. Mais si cela se produisait, il n'est pas difficile de pr&#233;voir que cela produirait des effets pervers tout aussi dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains semblent ne pas vouloir se r&#233;soudre &#224; la catastrophe annonc&#233;e et esp&#232;rent encore, sur la foi de ce que disent la plupart des climatologues selon qui il resterait 11 ans pour corriger les choses et &#233;viter la catastrophe annonc&#233;e (jusqu'en 2030 !). Le chiffre est certainement approximatif, peu importe. Ce qui est important c'est qu'un espoir est entretenu d'un possible renversement de la tendance par toute une s&#233;rie de mesures &#233;conomiques et politiques que les gouvernements en place devraient et pourraient adopter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Idem' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est par exemple le sens des 66 propositions de Nicolas Hulot et Laurent Berger pour &#171; un pacte social et &#233;cologique &#187; ou du &#171; Green new deal &#187; d&#233;fendu aux USA par une d&#233;put&#233; d&#233;mocrate, sur le mod&#232;le du New Deal de Roosevelt dans les ann&#233;es 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si ces mesures pourront &#234;tre adopt&#233;es. Il y a tout lieu de croire qu'elles ne le seront pas. De toute fa&#231;on elles auraient &#233;t&#233; insuffisantes. Je m'explique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de proposer des solutions, et &#224; supposer que l'on veuille vraiment stopper la course vers le mur (mais pour cela il faudrait trouver des &#171; bonnes raisons &#187;&#8230;), il faut essayer de comprendre ce qui se passe, quelles en sont les origines profondes. Cette recherche n'est jamais vraiment faite ou alors elle est toujours partielle, pourtant elle est indispensable pour proposer quelque chose, aussi fou que cela paraisse. Quelque chose qui ressemblerait un peu &#224; la derni&#232;re chance. Cela pourrait servir notamment aux lyc&#233;ens et aux jeunes qui manifestent en ce moment, un peu partout dans le monde, &#224; la suite de l'appel de la jeune Su&#233;doise qui appelle &#224; une gr&#232;ve scolaire pour le climat. Il faudrait toutefois qu'ils commencent par comprendre que l'&#233;cole telle qu'elle existe contribue par nature &#224; la reproduction du syst&#232;me et participe donc &#224; la catastrophe annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc essayer d'aller au-del&#224; des explications habituelles. Certains mettent en cause le capitalisme et notre &#171; mode de vie &#187;, la consommation de viande par exemple. C'est d&#233;j&#224; bien, mais c'est loin d'&#234;tre suffisant. Il faut situer ce processus dans le long terme et le relier aux mentalit&#233;s collectives et individuelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le milieu du 19&#232;me si&#232;cle, l'&lt;i&gt;homo oeconomicus &lt;/i&gt; utilise une quantit&#233; &#233;norme de ressources pour produire de plus en plus, pour vendre de plus en plus, pour faire de plus en plus de profits le plus rapidement possible. Les ressources utilis&#233;es (le charbon puis le p&#233;trole et le gaz), d&#233;gagent du CO2 et autres produits polluant. La pollution augmente exponentiellement. Le lien entre le r&#233;chauffement climatique et ce type d'&#233;conomie est &#233;vident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'&#233;conomie en elle-m&#234;me est neutre et peut se d&#233;finir comme l'ensemble des moyens permettant la satisfaction des besoins (nourriture, transport, habillement, cin&#233;ma, th&#233;&#226;tre, etc.), par la production de produits mat&#233;riels, immat&#233;riels, culturels. En elle-m&#234;me, l'&#233;conomie ainsi d&#233;finie ne dit rien de moyens pour y parvenir ni des motivations individuelles permettant de produire les biens n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme repose sur l'id&#233;e fondamentale que l'int&#233;r&#234;t priv&#233;, individuel, est le meilleur moteur pour fabriquer les produits n&#233;cessaires &#224; tous, c'est &#224; dire pour satisfaire des besoins. Cet int&#233;r&#234;t priv&#233;, ne jouons pas sur les mots, consiste &#224; faire le plus de profit possible &#224; court terme (en vendant les richesses produites), quitte &#224; fabriquer artificiellement des besoins et surtout sans aucune consid&#233;ration ni pour la morale, ni pour le bien &#234;tre d'autrui, ni pour la paix (vente d'armes !), ni pour la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; ou la fraternit&#233;, ni pour la sauvegarde des &#233;cosyst&#232;mes, des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales, ni m&#234;me pour la pr&#233;servation des ressources qui sont pourtant la base de toute &#233;conomie et de tout profit (exemple de la p&#234;che industrielle qui d&#233;truit la &#171; ressource &#187;). Ainsi, le seul fait de valider ou de d&#233;fendre l'id&#233;e que seul l'int&#233;r&#234;t priv&#233; permet la satisfaction des besoins de tous est d&#233;j&#224; en soi le signe et le t&#233;moignage d'une d&#233;viation fondamentale des &#171; soci&#233;t&#233;s &#187; et des &#171; hommes &#187; qui les composent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me logique, pour faire du profit, il faut pouvoir revendiquer le b&#233;n&#233;fice tir&#233; de la fabrication et de la vente des produits, donc la propri&#233;t&#233; de ce qui est produit. D'o&#249; la n&#233;cessaire propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production engendrant in&#233;vitablement l'exploitation des hommes par les hommes et les in&#233;galit&#233;s. Ce n'est que dans ce contexte que l'on peut parler de &#171; richesse &#187;, parce que les biens produits sont susceptibles d'&#234;tre vendus, &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que les d&#233;fenseurs du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; soutiennent, cet objectif de profit maximal &#224; tout prix ne va pas de soi. Il n'a rien de &#171; naturel &#187;. Il suppose une mentalit&#233; particuli&#232;re, un &#171; &#233;tat d'esprit &#187;. Max Weber s'est essay&#233; &#224; le relier au protestantisme, mais il y a des origines existentielles bien plus profondes, qui vont au-del&#224; des d&#233;terminismes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; &#233;tat d'esprit &#187; aboutit &#224; l'apparition d'une cat&#233;gorie particuli&#232;re de personnes, d'institutions et de &#171; pouvoirs &#187; : les &#171; puissants &#187;, les d&#233;tenteurs du pouvoir &#233;conomique, les &#171; d&#233;cideurs &#187;, les financiers, les traders, les &#171; investisseurs &#187;, les dirigeants des grandes entreprises et multinationales, les actionnaires, les gestionnaires des fonds de pension, les multimilliardaires, pr&#234;ts &#224; tout, y compris les ventes d'arme, pour s'enrichir toujours plus. Nous avons l&#224; le cocktail habituel de volont&#233; de puissance, de cupidit&#233;, d'avidit&#233;, de fascination pour le veau d'or et l'Argent Roi, de recherche obsessionnelle du taux maximal de profit et de b&#233;n&#233;fice, qui s'accompagne de mensonges, de fraudes et de dissimulations concernant la qualit&#233; et la durabilit&#233; de ce qui est fabriqu&#233; et vendu (voir l'exemple caricatural du &#171; di&#233;selgate &#187;), mais aussi de prise de risque insens&#233;e dans la finance, de cr&#233;ation de produits financiers toxiques comme les &#171; subprimes &#187;... Cette &#171; cat&#233;gorie &#187;, illustr&#233;e ici par des termes emprunt&#233;es &#224; l'&#233;poque contemporaine, a toujours exist&#233;, mais s'est formidablement d&#233;velopp&#233;e au 20&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour que la course au profit soit possible, il faut l'autre membre du couple infernal : les consommateurs, les acheteurs, les utilisateurs, pr&#233;sents dans toutes les classes sociales, du haut en bas. Nous avons ici la soupe mill&#233;naire de la qu&#234;te d'un &#171; bonheur &#187; frelat&#233;, profond&#233;ment conservateur, &#233;go&#239;ste et st&#233;rilisant, faisant de ses &#171; adeptes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le mot d'adepte n'est pas abusif quand on voit les files d'attentes des (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des victimes-coupables, ou des coupables-victimes, pratiquant en permanence l'aveuglement volontaire, l'&#233;tourdissement et le divertissement, s'imaginant &#234;tre libres alors qu'ils sont totalement conditionn&#233;s, format&#233;s, uniformis&#233;s, ali&#233;n&#233;s non plus tellement par le travail tel qu'il &#233;tait au 19&#232;me si&#232;cle et au d&#233;but du 20&#232;me, mais par les loisirs permanents (le travail &#233;tant d'ailleurs devenu un temps de plaisir et d'&#233;panouissement personnel, du moins c'est comme &#231;a que c'est vendu). Le &#171; divertissement &#187; pascalien s'est &#171; d&#233;mocratis&#233; &#187;, est devenu le bonheur pour les masses, un peu comme dans &#171; Le meilleur des mondes &#187; d'Huxley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cloisons ne sont naturellement pas &#233;tanches entre les deux groupes et ceux du premier groupe sont eux aussi de gros consommateurs, mais ils pr&#233;f&#232;rent le pouvoir qui les fait jouir. Certains parmi les fauves tentent de s'acheter une conscience en donnant aux bonnes &#339;uvres, dans la lign&#233;e de Catherine de Sienne, canonis&#233;e, qui louait Dieu d'avoir fait des pauvres afin que les riches puissent leur donner l'aum&#244;ne et aller au Ciel ! Mais ceux du deuxi&#232;me groupe ne sont pas indemnes de volont&#233; de puissance, qui s'exprime par exemple par l'achat de voiture hyperpuissante&#8230; ou par l'achat compulsif pour &#171; &#233;pater la galerie &#187; et donc pour &#233;craser symboliquement les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir de nuisance des premiers se nourrit de l'app&#233;tit des seconds. Il y a l&#224; un cocktail explosif, g&#233;n&#233;rant une fuite en avant perp&#233;tuelle pour trouver de nouveaux march&#233;s, de nouveaux d&#233;bouch&#233;s, de nouvelles proies, de nouveaux gogo &#224; arnaquer, entra&#238;nant une consommation effr&#233;n&#233;es de mati&#232;re premi&#232;re, un gaspillage colossal de produits fabriqu&#233;s mis au rebut d&#232;s que des produits nouveaux les remplacent, une pollution consid&#233;rable s'accumulant peu &#224; peu (&#224; l'image du 6&#232;me continent de plastique !), et provoquant d&#233;forestation, b&#233;tonisation, d&#233;figuration des paysages, disparition des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales &#224; une vitesse jamais connue. La presse vient de rappeler que la seule consommation effr&#233;n&#233;e de v&#234;tements &#171; &#224; la mode &#187; contribuait pour une proportion &#233;norme au taux de CO2 dans l'atmosph&#232;re. La consommation de viande (sans parler ici de ce qu'elle r&#233;v&#232;le de la barbarie universelle) est elle aussi tellement pr&#233;judiciable que les experts en recommandent pour notre survie &#224; tous une baisse de 80 % !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, la m&#234;me fascination pour la &#171; croissance &#187;, cens&#233;e produire richesse et bonheur. Le seul mot de &#171; croissance &#187; est en lui-m&#234;me mensonger et trompeur parce qu'il &#233;voque un progr&#232;s, une &#233;volution, alors que rien ne change. Cette &#171; croissance &#187; a besoin de mensonges et d'arnaques pour se maintenir, comme l'exemple de l'&#233;clatement de la bulle des nouvelles technologies au d&#233;but des ann&#233;es 2000 le montre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir Joseph E. Stiglitz, Le triomphe de la cupidit&#233;, Les liens qui lib&#232;rent, (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est &#233;vident qu'une telle &#034;croissance&#034; ne peut se maintenir ind&#233;finiment, contrairement &#224; ce que l'on tente de nous faire croire, et qu'elle engendre, de crise en crise, une crise permanente avec seulement des moments de r&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces tendances de fond (pour les r&#233;sumer, volont&#233; de puissance et recherche du &#171; bonheur &#187;) existeront, leurs effets d&#233;vastateurs ne pourront pas &#234;tre stopp&#233;s. Tout autre analyse n'est que supercherie, mensonge et illusion. Il ne suffira &#233;videmment pas de renoncer &#224; quelques joujoux technologiques ou autres v&#234;tements &#224; la mode, de trier ses poubelles ou de rouler &#224; l'&#233;lectricit&#233;, ni m&#234;me de cesser de manger de la viande (ce qui est en soi une excellente chose, au moins pour les animaux !). Par cons&#233;quent, ce que proposent Nicolas Hulot et Laurent Berger ne peut pas marcher. Ils en sont encore &#224; proposer de &#171; taxer plus fortement les dividendes &#187;, de &#171; taxer les hauts patrimoines &#187; ou de &#171; conditionner les aides publiques aux entreprises &#187;, ce qui implique n&#233;cessairement que l'Etat, les hauts patrimoines et les entreprises continuent &#224; exister comme ils le font aujourd'hui, sans aucun changement fondamental ! Mais c'est in&#233;vitable : comme ils ne raccrochent pas les sympt&#244;mes aux racines existentielles, ils ne peuvent rien proposer d'efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une autre raison expliquant l'inanit&#233; des politiques en la mati&#232;re : il faudrait imposer des mesures drastiques qui d&#233;clencheraient imm&#233;diatement le m&#233;contentement et la victoire des extr&#234;mes droites aux &#233;lections, comme Trump aux USA dont le programme comportait explicitement le refus de toute mesure venant contrecarrer l'app&#233;tit d&#233;mentiel de &#171; bonheur &#187;. Le plus absurde est qu'&#224; long terme ce qui r&#233;sultera de la politique des Trump et consorts sera &#233;videmment catastrophique et le fameux &#171; bonheur &#187; sera de toute fa&#231;on compromis, mais les dingues du pouvoir auront eu leur heure de gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait donc effectuer un virage &#224; 180 &#176;, il faudrait une transformation radicale, une vraie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce qu'a propos&#233; la liste Envie d'Europe &#224; l'occasion des &#233;lections europ&#233;ennes, (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faudrait renoncer, individuellement, concr&#232;tement, &#224; la volont&#233; de puissance et &#224; cette fameuse recherche du &#171; bonheur &#187;, il faudrait que chacun remette en cause, concr&#232;tement, existentiellement, ces tendances de fond d&#233;l&#233;t&#232;res et mortif&#232;res que chacun de nous porte en lui-m&#234;me, au fond de lui-m&#234;me. Tout naturellement, cela entra&#238;nerait une transformation radicale des mani&#232;res de vivre, de travailler, de nouer des relations avec les autres, d'aimer, de consid&#233;rer les autres &#234;tres vivants, la Terre... Cela permettrait de supprimer le capitalisme, donc l'accumulation, donc le profit, donc le salariat, donc les marchands d'armes, donc la concurrence, donc la publicit&#233;&#8230; Ce qui suppose, parce que le capitalisme lui est consubstantiel, de supprimer &#233;galement l'Etat, dont la mission est de maintenir la pression sociale juste en dessous de l'explosion, pour que continuent &#224; se perp&#233;tuer le d&#233;sordre social, la foire d'empoigne, l'enrichissement des uns et l'exploitation des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas na&#239;fs : il est peu probable que les &#171; puissants &#187; renoncent &#224; leur pouvoir ou &#224; leur volont&#233; de puissance. En revanche, si les &#171; consommateurs &#187; changeaient, les effets seraient imm&#233;diats. Or apparemment, personne ou presque ne le souhaite, personne ou presque ne le veut ou ne le peut : ces &#171; tendances &#187; sont terriblement enracin&#233;es, solidifi&#233;es et perp&#233;tuellement r&#233;activ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on en arrive ici forc&#233;ment &#224; la grande question : ces tendances sont-elles &#171; involontaires &#187;, inscrites en nous du fait des conditionnements sociaux, familiaux, scolaires&#8230; ou bien la libert&#233; joue-t-elle un r&#244;le dans l'acceptation m&#234;me de ces conditionnements ? Sommes-nous les pantins que certains sociologues d&#233;peignent, ou bien avons-nous une part de responsabilit&#233; dans cette situation ? Nous pensons que la libert&#233; joue un tr&#232;s grand r&#244;le, et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui permet d'esp&#233;rer et de proposer ce fameux virage &#224; 180&#176;. Il est tout &#224; fait possible que les choses changent. Il suffit de le vouloir vraiment. Il y a une autre raison &#224; cette possibilit&#233; de changement : nous ne sommes pas seuls. Nous sommes &#171; aimant&#233;s &#187;, attir&#233;s, si nous le voulons bien, par l'Absolu, la Transcendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, pour renoncer &#224; la volont&#233; de puissance et &#224; cette recherche du &#171; bonheur &#187;, il faut remplacer du vide par du plein ! Or le vide int&#233;rieur provient de ce que nous sommes totalement &#233;trangers &#224; ce qui est pourtant le plus essentiel &#224; notre vie, &#224; notre existence et qui en est la base, le c&#339;ur et le centre. Et c'est ce vide qui nous fait nous tourner vers les paradis artificiels et vers l'affirmation d&#233;mentielle de nous-m&#234;mes &#224; travers une volont&#233; de puissance qui ne fait que traduire une impuissance fondamentale &#224; &#234;tre, &#224; aimer, &#224; s'abandonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces transformations individuelles se produisaient, est-ce que cela suffirait &#224; &#233;viter la catastrophe annonc&#233;e ? Vous seriez en droit de poser la question ! Consid&#233;rez toutefois, comme je l'ai dit plus haut, que si les choses continuent comme aujourd'hui, la catastrophe se produira. Comme aurait dit Pascal en son temps, vous n'avez donc rien &#224; perdre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, si les choses doivent changer, ce n'est pas seulement parce qu'une catastrophe risque de se produire. Il faut le faire parce que nous devons le faire ! C'est un imp&#233;ratif cat&#233;gorique ! Il en va de notre r&#233;alisation personnelle, de notre vie, ins&#233;parables de celles des autres, toutes devant se rejoindre dans un m&#234;me &lt;strong&gt; &lt;i&gt;projet&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois vrai qu'il ne suffira pas que chacun renonce en pratique &#224; des tendances mill&#233;naires et donc &#224; une consommation effr&#233;n&#233;e pour que, comme par magie, d'autres structures politiques, &#233;conomiques, sociales se mettent en place. Il y aura beaucoup &#224; faire. Et c'est tout l'int&#233;r&#234;t de la chose : tout pourrait commencer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chronique dans &#171; Le Monde &#187; du 27 avril 2019 de Dominique M&#233;da &#171; La croissance est-elle la meilleure ou la pire des choses ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mot d'adepte n'est pas abusif quand on voit les files d'attentes des consommateurs et leur hyst&#233;rie &#224; l'occasion du lancement d'un nouveau produit, d'un nouveau film, d'un nouveau t&#233;l&#233;phone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Joseph E. Stiglitz, Le triomphe de la cupidit&#233;, Les liens qui lib&#232;rent, 2010, p.39&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qu'a propos&#233; la liste Envie d'Europe &#224; l'occasion des &#233;lections europ&#233;ennes, pr&#233;tendant &#339;uvrer pour une &#171; transformation radicale &#187;, n'est que poudre aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A l'occasion du centenaire de la mort de Jean Jaur&#232;s.</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/A-l-occasion-du-centenaire-de-la.html</link>
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		<dc:date>2014-08-05T16:41:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;ologie de la r&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les vrais croyants sont ceux qui veulent abolir l'exploitation de l'homme par l'homme, et, par suite, les haines d'homme &#224; homme, les haines aussi de race &#224; race, de nation &#224; nation, toutes les haines, et cr&#233;er vraiment l'humanit&#233; qui n'est pas encore. Mais cr&#233;er l'humanit&#233;, c'est cr&#233;er la raison, la douceur, l'amour, et qui sait si Dieu n'est pas au fond de ces choses ? &#187; Jean Jaur&#232;s, dans La question religieuse et le socialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte magnifique, et tant pis si l'on nous accuse de vouloir &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Humeurs-et-reactions-.html" rel="directory"&gt;Humeurs et r&#233;actions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-theologie-de-la-revolution-+.html" rel="tag"&gt;th&#233;ologie de la r&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les vrais croyants sont ceux qui veulent abolir l'exploitation de l'homme par l'homme, et, par suite, les haines d'homme &#224; homme, les haines aussi de race &#224; race, de nation &#224; nation, toutes les haines, et cr&#233;er vraiment l'humanit&#233; qui n'est pas encore. Mais cr&#233;er l'humanit&#233;, c'est cr&#233;er la raison, la douceur, l'amour, et qui sait si Dieu n'est pas au fond de ces choses ?&lt;/i&gt; &#187; Jean Jaur&#232;s, dans &lt;i&gt;La question religieuse et le socialisme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte magnifique, et tant pis si l'on nous accuse de vouloir &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; Jean Jaur&#232;s. Il est vrai que c'est &#224; la mode aujourd'hui de vouloir lui faire dire tout et son contraire. Le texte ci-dessus est ainsi utilis&#233; par certains la&#239;cards, en coupant toutefois la citation apr&#232;s &#171; toutes haines &#187;&#8230; (voir pr&#233;sentation du livre &lt;i&gt;Pour la la&#239;que &amp; Autres textes&lt;/i&gt;, sur &lt;a href=&#034;&#034;&gt;http://www.editionsbdl.com/fr/books/pour-la-laque-autres-textes/108/&lt;/a&gt; ), ou encore sur le blog du PCF de Morlaix (&lt;a href=&#034;http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-le-socialisme-de-jean-jaures-premiere-partie-123616517.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-le-socialisme-de-jean-jaures-premiere-partie-123616517.html&lt;/a&gt;) qui coupe la citation apr&#232;s &#171; de nation &#224; nation &#187;, pour &#233;viter la r&#233;f&#233;rence &#224; ce Dieu malsonnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le Dieu de Jean Jaur&#232;s est sans doute un peu sp&#233;cial, mais peu importe. Ce qui nous touche c'est pr&#233;cis&#233;ment cette alliance (la &#171; nouvelle alliance &#187; ?) de la Transcendance avec la transformation du monde, avec la r&#233;alisation de l'humanit&#233; et de la Terre. C'est toute la diff&#233;rence avec le Christianisme (si l'on en croit par exemple Hans K&#252;ng et son &lt;i&gt;J&#233;sus&lt;/i&gt; qui vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233;), puisque le Royaume de Dieu ne peut et m&#234;me ne doit en aucun cas &#234;tre r&#233;alis&#233; sur Terre. Il suppose au contraire l'ach&#232;vement du monde, par une d&#233;cision qui ne vient que de Dieu seul (quitte &#224; ce qu'il y ait une nouvelle Terre sur laquelle l'on ne nous dit pas grand chose !). Bref, l'humanit&#233; ne serait pas possible sur Terre. Il est vrai que l'Histoire semble donner raison &#224; ce pessimisme. Mais il y a de la mauvaise foi chez Hans K&#252;ng lorsqu'il r&#233;fute la n&#233;cessit&#233; et la possibilit&#233; d'une transformation r&#233;volutionnaire du monde parce qu'une telle transformation serait n&#233;cessairement violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc une synth&#232;se &#224; tenter, qui repose sur la compr&#233;hension de cette chose si simple (mais apparemment si difficile &#224; comprendre pour quantit&#233; de gens) : aucun changement de structure ne peut intervenir sans transformation individuelle pr&#233;alable. Et Jaur&#232;s avait raison sur le principe : Dieu est bien au fond d'une telle transformation qui seule peut permettre de construire le monde, ici et maintenant. Seul l'Amour peut nous permettre de vivre l'amour, la communion, le partage des biens et du travail&#8230; dans la dur&#233;e et pas seulement dans un petit groupe qui se tiendrait chaud &#224; l'&#233;cart du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi l'occasion de se souvenir et de s'inspirer &#233;ventuellement de Tolsto&#239;, Berdiaev, Martin Buber et, pourquoi pas, de Thomas M&#252;ntzer. Ils ont pu se tromper sur tel ou tel point, plus ou moins important), mais ils ont compris l'essentiel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Occasion aussi de citer Dom Helder Camara, &#233;v&#234;que br&#233;silien proche de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration : &#034;&lt;i&gt;Mais je vous assure qu'il y a dans toutes les religions, et pas seulement dans le christianisme, des personnes, des groupes, des minorit&#233;s qui travaillent pour que la religion, au lieu d'&#234;tre ali&#233;n&#233;e et ali&#233;nante, soit une force de lib&#233;ration : lib&#233;ration du p&#233;ch&#233; et des cons&#233;quences du p&#233;ch&#233;, de l'&#233;go&#239;sme et des cons&#233;quences de l'&#233;go&#239;sme&lt;/i&gt;.&#034; Oui, sans doute il y a encore des minorit&#233;s qui en sont l&#224;. Mais pourquoi s'accrocher &#224; ce qui divise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se refuse &#224; conjuguer la transformation du monde avec la Transcendance qui seule peut l'inspirer et la permettre, alors Dieu n'est plus Dieu, et le monde restera l'enfer qu'il est, par la faute des hommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>th&#233;ologie de la r&#233;volution ou mystification r&#233;volutionnaire</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/theologie-de-la-revolution-ou.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>th&#233;ologie de la r&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dieu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;toujours des confusions, des amalgames et un m&#233;lange des genres proprement... diabolique&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Humeurs-et-reactions-.html" rel="directory"&gt;Humeurs et r&#233;actions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-theologie-de-la-revolution-+.html" rel="tag"&gt;th&#233;ologie de la r&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Dieu-et-critique-radicale-+.html" rel="tag"&gt;Dieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici ce qu'on peut lire dans un texte par ailleurs fort int&#233;ressant, intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution de la th&#233;ologie et th&#233;ologie de la r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit par Fernand Boillat, dans Echos de Saint Maurice, 1971, tome 67, p. 152-171, repris en &#233;dition num&#233;rique en 2013&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='http://www.digi-archives.org/pages/...' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;La th&#233;ologie de la r&#233;volution est essentiellement une praxis politique, elle vise &#224; la prise du pouvoir, &#224; la substitution d'un Etat &#224; un autre et d'une Eglise nouvelle &#224; l'Eglise traditionnelle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons imm&#233;diatement que la man&#339;uvre est assez grossi&#232;re : il s'agit l&#224; d'une vision de la th&#233;ologie de la r&#233;volution par un catholique pur sucre qui utilise un auteur ayant publi&#233; un livre intitul&#233; &#171; Th&#233;ologie de la r&#233;volution &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Joseph Coblin, &#233;ditions universitaires,1970' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je ne sais si cet auteur propose cette substitution&#8230;, mais si effectivement la th&#233;ologie de la r&#233;volution aboutissait &#224; cela, ce serait une escroquerie de plus, puisqu'il ne s'agirait pas d'une transformation radicale aboutissant &#224; un nouveau monde, une nouvelle Terre... mais seulement d'un remplacement d'un Etat par un autre &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Tandis-que-l-Etat-existe-pas-de.html' class='spip_in'&gt;Etat&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, quelque chose d'essentiel est dit, malheureusement sans en saisir toute la port&#233;e et sans lui donner les prolongements qui devraient en d&#233;couler : &#171; &lt;i&gt;ce sont les hommes qui doivent changer pour que les structures sociales deviennent libres, justes et fraternelle&lt;/i&gt; &#187;. L&#224; dessus oui, il y a accord complet. Malheureusement, et l&#224; se situent la faille et la mystification, il y a un &#233;cart gigantesque entre cette magnifique proposition et l'affirmation perp&#233;tuelle de l'Eglise selon laquelle l'Etat est l'institution garante du bien commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='voir Cath&#233;chisme de l'Eglise catholique, MAME PLON, 1992, p.399' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et cela en raison de l'affirmation de saint paul selon laquelle Dieu a institu&#233; les autorit&#233;s politiques (&#233;p&#238;tre aux Romains). Il s'agit l&#224; du double jeu de l'Eglise qui, de fait, s'est alli&#233;e de tout temps et en tout lieu avec des pouvoirs civils qui eux n'ont jamais oeuvr&#233; pour un monde juste, libre et fraternel... &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, l'on peut affirmer qu'il y a l&#224; l'une des explications de la haine actuelle de certains ath&#233;es &#224; l'&#233;gard de Dieu. Et je les comprends, m&#234;me si cela ne les excuse pas compl&#232;tement&#8230; d'autant qu'ils ne sont pas tr&#232;s coh&#233;rents, puisqu'ils ne sont pas tr&#232;s nombreux &#224; souhaiter la disparition de l'Etat, &#224; part les anarchistes qui, et c'est dommage, jettent le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain... et la baignoire avec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='d&#233;sol&#233; pour l'autrice de la formule, je n'ai pas not&#233; son nom, mais je lui rends (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, confondant Dieu avec un despote abominable qui se pla&#238;t &#224; torturer ses cr&#233;atures, un peu comme dans le livre de Saramago &#034;L'&#233;vangile selon J&#233;sus Christ&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais soyons positifs et reconnaissons avec l'auteur de ce texte qu'effectivement c'est bien &#224; partir des changements individuels, c'est-&#224;-dire de la rencontre mystique avec la Transcendance que peuvent se produire les changements collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, l'auteur de ce texte nous permet de rappeler qu'il est urgent et indispensable de pr&#233;ciser dans quel sens l'on emploie les mots. Quant &#224; nous, il nous semble l&#233;gitime de parler de &lt;i&gt;th&#233;ologie de la r&#233;volution&lt;/i&gt;. Non pas pour d&#233;voiler la nature de la Transcendance (ce qui serait tout &#224; fait pr&#233;somptueux !), mais pour &#233;voquer une chose simple et &#233;vidente : s'il y a une Transcendance, alors il nous est demand&#233; d'accomplir, de r&#233;aliser et de construire un monde, fond&#233; sur l'Amour, la libert&#233;, l'&#233;galit&#233;, la fraternit&#233; et l'unit&#233;, un monde dans lequel tous et chacun se donnent pour but de traduire concr&#232;tement ces exigences, &lt;i&gt;Ici et Maintenant&lt;/i&gt;, sur cette Terre, sans attendre le passage derri&#232;re le rideau de la mort et le jugement dernier. Certes, l'Amour, la libert&#233;, etc., sont des mots qui peuvent para&#238;tre g&#233;n&#233;raux et simplistes, mais le programme qui en d&#233;rive est tr&#232;s concret, programme que nous avons esquiss&#233; dans ce site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, et c'est une premi&#232;re &#233;vidence, le monde que les hommes se sont fabriqu&#233; ne correspond pas &#224; ces &lt;i&gt;objectifs&lt;/i&gt;&#8230; Une transformation radicale et fondamentale est donc n&#233;cessaire. Tout autre discours passe &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel. Or tout se joue &#224; partir de la rencontre mystique, de la relation avec le fond m&#234;me du monde et de notre &#226;me, de notre int&#233;riorit&#233; ; un fond qui est Autre, qui n'est pas du monde, qui n'est pas nous, qui en est la Source et le support, mais qui est &#034;en nous&#034;, plus pr&#232;s de nous que notre veine jugulaire, dit joliment le Coran, une R&#233;alit&#233; &#224; la fois en nous et transcendante, pr&#233;sente et myst&#233;rieusement discr&#232;te. Et peu importe comme l'on nomme cette r&#233;alit&#233;, l'Infini, l'Etre, Dieu, Allah, l'Absolu, le Soi, le brahman, l'&#194;me du monde, le Tout Autre, la Voie... les mots n'ont aucune importance. En cela aussi l'on peut parler de th&#233;ologie. Car, et c'est l&#224; quelque chose qui peut mettre en rage les &#171; r&#233;volutionnaires &#187; ath&#233;es, il nous appara&#238;t que seule l'addition des transformations individuelles elles-m&#234;mes issues de la rencontre avec la Transcendance peut permettre de r&#233;aliser la r&#233;volution non-violente qui est par ailleurs absolument indispensable. Et ceci pour une raison simple : seule cette relation conduit &#224; d&#233;sirer, &#224; vouloir et &#224; pouvoir la r&#233;alisation de l'Amour et de l'unit&#233;, concr&#232;tement, entre les hommes et dans les soci&#233;t&#233;s, d'abord sur un plan relationnel, puis sur le plan politique et &#233;conomique, puis avec les autres &#234;tres vivant. C'est le seul chemin pour parvenir &#224; la disparition des Etats, du &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Et-si-l-on-faisait-un-voeu.html' class='spip_in'&gt;capitalisme&lt;/a&gt; (et de toutes les horreurs qui y sont associ&#233;es) et &#224; la fin du massacre de la Terre et des autres &#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le r&#233;alisme n'est pas l&#224; o&#249; l'on croit : il y a une incroyable na&#239;vet&#233; dans le fait de croire que les structures sociales et politiques pourraient changer d'abord, alors qu'elles sont totalement verrouill&#233;es et qu'elles sont b&#226;ties pour s'opposer &#224; tout changement et pour se reproduire ind&#233;finiment, crises apr&#232;s crises. Et s'il arrive que la violence les fasse bouger, voire exploser, c'est pour y r&#233;introduire imm&#233;diatement la violence, le pouvoir, la domination... comme malheureusement la r&#233;volution de 1789 ou celle de 1917 l'ont d&#233;montr&#233;. Quant aux changements de pacotille engendr&#233;s par les &#233;lections, qu'on se souvienne de 1983 et de la trahison des socialistes. Mais personne ne veut se souvenir et nombreux sont encore ceux qui croient aux lendemains qui chantent, y compris avec l'union populaire de 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.digi-archives.org/pages/echos/ESM067023.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.digi-archives.org/pages/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joseph Coblin, &#233;ditions universitaires,1970&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;voir &lt;i&gt;Cath&#233;chisme de l'Eglise catholique&lt;/i&gt;, MAME PLON, 1992, p.399&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;d&#233;sol&#233; pour l'autrice de la formule, je n'ai pas not&#233; son nom, mais je lui rends un hommage anonyme&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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