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	<title>Refonder le Monde</title>
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	<description>Il faut tout reprendre &#224; z&#233;ro, repartir sur d'autres bases et dans d'autres directions, et &#224; partir de la base, d'en bas. Pour refonder le monde, la solution nous semble &#234;tre la fondation de communaut&#233;s. La communaut&#233; comme exp&#233;rimentation concr&#232;te du monde de demain, et comme r&#233;alisation ici et maintenant d'une transformation radicale des relations entre les personnes, avec la Terre et les autres &#234;tres vivants, &#224; la base des futures transformations collectives. Mais une telle transformation doit trouver une base commune, c'est-&#224;-dire une transcendance seule capable de rassembler et d'unir l'humanit&#233; qui n'est pas encore.</description>
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		<title>Refonder le Monde</title>
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		<title>Tout changer, refaire le monde, reprendre tout &#224; z&#233;ro, repartir dans d'autres directions</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/Tout-changer-refaire-le-monde.html</link>
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		<dc:date>2023-11-01T09:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;volution non-violente</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Refaire le monde, tout changer... Un fantasme d'adolescent ? Si vous le pensez, passez votre chemin.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Textes-fondateurs-.html" rel="directory"&gt;Textes fondateurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Communaute-et-vie-communautaire-+.html" rel="tag"&gt;r&#233;volution non-violente&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout changer, &lt;strong&gt;refaire le monde&lt;/strong&gt;, reprendre tout &#224; z&#233;ro, repartir dans d'autres directions&#8230; cela fait na&#239;f, adolescent soixante-huitard attard&#233;, cela ressemble &#224; certaines paroles de chansons, et pourtant, c'est bien la seule chose qui doit &#234;tre tent&#233;e, il y a l&#224; une n&#233;cessit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours, de nouveaux &#233;v&#233;nements, de nouveaux drames, de nouvelles guerres, de nouvelles atrocit&#233;s, de nouvelles l&#226;chet&#233;s, comme du pus suintant d'une interminable gangr&#232;ne, et je ne parle pas l&#224; seulement de la Russie ou de Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;vast&#233;, &#233;c&#339;ur&#233;, terrifi&#233;, les mots sont d&#233;sormais insuffisants, mais malheureusement nullement surpris, par l'accumulation d'horreurs, de stupidit&#233;, de haine, partout, pas seulement &#034;l&#224; bas&#034;, mais ici et maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons m&#234;me plus laisser les morts enterrer les morts. Il y en a trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque ce n'est pas la police qui tue, ce sont des fanatiques qui massacrent tout sur leur passage, commettant des actes de barbarie que rien ne peut justifier (et pour certains d'entre eux au nom de Dieu !), totalement incapables de comprendre que la violence ne d&#233;bouchera jamais sur l'arr&#234;t de ce qu'ils pr&#233;tendent combattre et qu'ils ne font finalement qu'encourager, provoquant en retour une violence elle aussi aveugle, dans une logique affreuse de la riposte sans fin, ajoutant les morts aux morts dans une comptabilit&#233; infernale que l'on se balance &#224; la gueule, et que d'autres reprennent en boucle sur les r&#233;seaux dits sociaux en se balan&#231;ant des noms d'oiseaux et en se chamaillant comme des vieillards s&#233;niles sur les mots. Or, quelles que soient les horreurs commises par le Hamas, peuvent-elles justifier et l&#233;gitimer la mort de 4500 enfants (selon l'Unicef &#224; la mi novembre) sous les bombes isra&#233;liennes ? Peuvent-elles justifier ce que l'ONU appelle maintenant un g&#233;nocide ? Et m&#234;me s'il se trouvera toujours des voix pour s'insurger contre l'emploi d'un mot comme &#034;g&#233;nocide&#034;, la r&#233;alit&#233; est bien le massacre de toute une population, la famine, les bombes, la destruction des h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les motifs d'&#233;coeurement s'ajoutent les uns aux autres. Sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la moiti&#233; de l'humanit&#233; (ou de ce qui se pr&#233;tend telle), c'est-&#224;-dire les femmes, a &#233;t&#233; ni&#233;e, exploit&#233;e, domin&#233;e par l'autre moiti&#233;, c'est-&#224;-dire les hommes, dans un syst&#232;me patriarcal aux multiples aspects et aux cons&#233;quences d&#233;vastatrices. Si tous les hommes (au sens sexu&#233; du terme) ne sont pas des violeurs, in&#233;vitablement tous ont int&#233;gr&#233;, de part le conditionnement social, familial, scolaire, les st&#233;r&#233;otypes de genre et le &#034;supr&#233;macisme&#034; masculin, jusque dans le langage. Les femmes (au sens sexu&#233; du terme) ont elles aussi int&#233;gr&#233; ces st&#233;r&#233;otypes et conditionnements, &#224; travers notamment l'injonction de la maternit&#233;, ou du couple h&#233;t&#233;rosexuel magnifi&#233; par la &#034;culture&#034; dominante. Et si la domination est universelle et concerne tous les domaines de la vie, il est parfaitement et malheureusement vrai que &#171; le corps f&#233;minin est historiquement le lieu par excellence de la domination masculine &#187;, comme la philosophe Camille Froidevaux-Metterie le rappelle, dans un entretien au &#171; Monde &#187; du 8 mars 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le lieu ici de d&#233;velopper toute la critique du monde que les &#034;humains&#034; ont fabriqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous adressons &#224; ceux &#224; qui nous n'avons pas besoin d'expliquer en quoi le monde fabriqu&#233; par ceux qui se croient des &#234;tres humains (ces pr&#233;tendues &#171; soci&#233;t&#233;s &#187; civilis&#233;es, modernes, d&#233;mocratiques, &#233;volu&#233;es&#8230;.) est totalement irrespirable et inacceptable. Ils le savent parfaitement. Comme ils savent parfaitement que l'humanit&#233; n'existe pas encore et qu'il faudrait effectivement tout changer, tout refaire, repartir dans d'autres directions radicalement diff&#233;rentes et effectivement &lt;strong&gt;refaire le monde&lt;/strong&gt;. Et nous ne sommes pas inquiets, ils ne nous reprocheront pas d'employer ces mots simples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas parce que les mots aujourd'hui ne veulent plus rien dire, qu'ils sont employ&#233;s &#224; tort et &#224; travers, dans un sens d&#233;risoire ou path&#233;tique, voire scandaleusement oppos&#233;s &#224; ce qu'ils devraient impliquer (y compris par la publicit&#233; !), qu'il faut se priver de leur emploi et les laisser &#224; ceux qui en font un mauvais usage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Le probl&#232;me se pose autrement : que faire d'autre, comment s'y prendre, y a-t-il vraiment quelque chose d'autre &#224; faire ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que face &#224; l'&#233;normit&#233; de la chose, il y a de quoi tomber dans l'aquoibonisme ou dans le d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, oui il y a quelque chose &#224; faire. Mais vous allez imm&#233;diatement vous demander, avec raison, qui nous sommes, nous, pour vous donner nos &#171; solutions &#187; ! Et vous allez vous m&#233;fier, vous d&#233;tourner en pensant : voil&#224; des charlatans, des escrocs ou tout simplement des bouffons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, nous aimerions vous dire les choses suivantes (et vous en ferez ce que vous voudrez) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser d'accepter, dire non, se dire qu'il y a autre chose &#224; faire et &#224; vivre, que l'on ne peut se r&#233;signer &#224; accepter ce que l'on exige de nous, que l'on passe forc&#233;ment &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose d'essentiel, de vital, de central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lancer &#224; corps perdu, sans espoir de retour en arri&#232;re, quoi qu'il en co&#251;te, dans la remise en cause g&#233;n&#233;rale, dans une insurrection de chaque instant contre tout ce qui forme le monde fabriqu&#233; par ceux qui se croient des &#234;tres humains, dans une objection de conscience totale, radicale, globale, parce que tout est li&#233; et interd&#233;pendant. Et le capitalisme ou les pouvoirs politiques ne sont pas les seuls cibles de cette remise en cause radicale. Il y a deux domaines en particulier que la quasi totalit&#233; de ceux qui se disent r&#233;volutionnaires refusent de remettre en cause : il s'agit, d'une part, de la famille, du couple, de la filiation, de la parentalit&#233;, du genre, et, d'autre part, du sort r&#233;serv&#233; aux animaux. Or, la famille telle qu'elle est v&#233;cue et con&#231;ue est &#224; &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Et-si-l-on-faisait-un-voeu.html' class='spip_in'&gt;la base m&#234;me du capitalisme, de l'Etat&lt;/a&gt; et du monde tel qu'il est. De m&#234;me, tant que ceux qui se croient des &#234;tres humains se comporteront comme des pr&#233;dateurs avec les autres &#234;tres vivants, il n'y aura pas d'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a une &#233;vidence : pour changer et &lt;strong&gt;refaire le monde&lt;/strong&gt;, il faut commencer par changer soi-m&#234;me (l&#224; encore, il s'agit d'une id&#233;e banalis&#233;e, ridiculis&#233;e, rabaiss&#233;e&#8230; et pourtant elle est, dans sa simplicit&#233; m&#234;me, totalement vraie), et cela tombe bien car c'est la seule chose qui dans l'imm&#233;diat d&#233;pend de nous, et seulement de nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne croyez pas pour autant que ce sont par nos seules forces que nous pouvons nous changer, tel un surhomme ou un nouveau Prom&#233;th&#233;e. Croire que nous pourrions &lt;i&gt;nous &#233;voluer nous-m&#234;mes&lt;/i&gt; est aussi ridicule et vou&#233; &#224; l'&#233;chec que la tentative du Baron de M&#252;nchhausen qui voulait se soulever de terre en se tirant lui-m&#234;me par les cheveux !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Alors que faire ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ne feriez vous pas tout simplement confiance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais savez-vous ce qu'est la confiance ? Savez-vous ce que c'est que de se donner &#224; ce que l'on ne per&#231;oit pas, que l'on ne touche pas, ne voit pas, si ce n'est comme une esp&#233;rance, un appel ? La confiance, c'est accepter de croire qu'il y a autre chose &#224; faire, &#224; vivre et que c'est pour cela qu'il faut refuser de rentrer dans le rang, m&#234;me si l'on ignore o&#249; cela nous m&#232;nera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce chemin est rude, parce que nous y sommes seuls ou quasiment seuls ; parce que le monde essaie de nous r&#233;cup&#233;rer, par tous les moyens, y compris en laissant s'exprimer une critique juste (celle pr&#233;cis&#233;ment du capitalisme, de la &#034;megamachine&#034;, du &#034;syst&#232;me&#034;) mais parcellaire et st&#233;rile parce qu'elle ne d&#233;bouche pas sur un projet commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cela une &lt;a href='http://refonderlemonde.org/La-mesaventure-spirituelle.html' class='spip_in'&gt;d&#233;marche radicale&lt;/a&gt;. C'est supprimer &lt;i&gt;en nous&lt;/i&gt; le monde que l'on rejette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l&#224;, en suivant cette piste, vous trouverez vous-m&#234;mes les r&#233;ponses aux questions pos&#233;es plus haut : que faire, surtout que faire ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car de deux choses l'une, ou bien il n'y a rien &#224; trouver qui peut nous rassembler, et alors tout est foutu, ou il y a quelque chose d'universel, de commun &#224; tous, et alors tout est encore possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, il ne s'agit pas de pr&#233;tendre que cela se fera en un jour, comme par miracle (ne nous prenez pas pour des imb&#233;ciles, par piti&#233; !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que nous pouvons vous dire est qu'il y a quelque chose &#224; trouver. Quand vous l'aurez trouv&#233;, nous en reparlerons. Vous vous apercevrez alors que nous avons les m&#234;mes r&#233;ponses&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi la Communaut&#233; est la base d'une transformation radicale du monde ??</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/Pourquoi-la-Communaute-46.html</link>
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		<dc:date>2023-04-30T11:45:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>Communaut&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pourquoi la Communaut&#233; ? Plus exactement, pourquoi la Communaut&#233; et la fondation de communaut&#233;s permettraient une transformation radicale du monde ? &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ces questions, il est temps d'essayer d'aller plus loin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne d&#233;velopperons pas ici les raisons pour lesquelles il y a une n&#233;cessit&#233; absolue d'une transformation radicale du monde. La critique globale du monde fabriqu&#233; par la pr&#233;humanit&#233; a &#233;t&#233; faite ailleurs, nous ne reviendrons que sur quelques points particuliers, ceux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Textes-fondateurs-.html" rel="directory"&gt;Textes fondateurs&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Communaute-+.html" rel="tag"&gt;Communaut&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi la Communaut&#233; ? Plus exactement, pourquoi la Communaut&#233; et la fondation de communaut&#233;s permettraient une transformation radicale du monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ces questions, il est temps d'essayer d'aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne d&#233;velopperons pas ici les raisons pour lesquelles il y a une n&#233;cessit&#233; absolue d'une transformation radicale du monde. La critique globale du monde fabriqu&#233; par la pr&#233;humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce terme de pr&#233;humanit&#233; r&#233;sume &#224; lui seul l'id&#233;e que l'humanit&#233; n'est pas encore, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; faite ailleurs, nous ne reviendrons que sur quelques points particuliers, ceux notamment qui posent le plus de probl&#232;mes &#224; ceux qui se pensent r&#233;volutionnaires du seul fait qu'ils veulent transformer les structures politiques et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Nous devons tout reprendre &#224; z&#233;ro car tout est interd&#233;pendant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous devons tout reprendre &#224; z&#233;ro. &lt;/strong&gt; Tout reprendre, dans d'autres directions, sur d'autres bases. C'est aussi simple et radical que &#231;a. Rien ne doit &#233;chapper &#224; la broyeuse. Toutes les dimensions et tous les domaines de la vie doivent &#234;tre transform&#233;s. La remise en cause du monde doit &#234;tre &lt;strong&gt;concr&#232;te, existentielle et globale&lt;/strong&gt;. Si l'on n'accepte pas ou ne comprend pas cette globalit&#233;, alors c'est foutu. Je peux comprendre les interrogations, les doutes, les incertitudes sur ce qui pourrait remplacer le foutoir pr&#233;humain, ainsi que sur les chances de succ&#232;s de cette entreprise, mais la n&#233;cessit&#233; de tout reprendre &#224; z&#233;ro est &#233;vidente pour quiconque a un minimum de lucidit&#233; sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car tout est interd&#233;pendant,&lt;/strong&gt; tout est li&#233; dans le monde tel qu'il est (famille, Etat, capitalisme, pillage et destruction de la vie, de la nature, des animaux, de la Terre, etc.). C'est pr&#233;cis&#233;ment en raison de cette interd&#233;pendance que le r&#233;formisme ne peut pas fonctionner et qu'une r&#233;volution globale est indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille est ins&#233;parable du besoin de poss&#233;der et de s'approprier les gens (surtout les femmes, les enfants et les esclaves !), les biens, la terre, etc., ce qui entra&#238;ne et s'accompagne de l'exploitation et de la domination des autres humains, de la nature, mais aussi l'effroyable martyre animal, la consommation de viande, les abattoirs, la chasse, le massacre du vivant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Il va de soi qu'il faut arr&#234;ter toute exploitation et domination des animaux, (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... ce qui entra&#238;ne &#224; son tour les conflits, la violence, la comp&#233;tition pour des ressources de plus en plus rares parce qu'accapar&#233;es par les plus forts, les plus malins, les plus riches, et donc la recherche de la puissance et du pouvoir, le tout &#233;tant justifi&#233; et rationalis&#233; d'abord par une r&#233;f&#233;rence au &#171; sacr&#233; &#187; que l'on fabrique dans ce but, ensuite, dans une fausse d&#233;sacralisation, par la Raison, l'Histoire, la Nature, le Droit, etc. L'Etat et sa pr&#233;tendue &#171; justice &#187; prosp&#232;rent sur ce terreau ainsi que le capitalisme, sa rapacit&#233; et son indiff&#233;rence &#224; tout ce qui n'est pas le profit imm&#233;diat, entra&#238;nant avec eux la destruction de la Terre et du vivant, dans un cercle infernal dans lequel la famille (telle qu'elle a exist&#233; jusqu'&#224; ce jour, c'est-&#224;-dire fond&#233;e essentiellement sur le couple h&#233;t&#233;rosexuel qui devient parent joue le r&#244;le de reproduction de son propre mod&#232;le, de tron&#231;onnage des personnes en genres bien distincts (et si possible conformes au sexe physique), de pourvoyeuse de main d'&#339;uvre et de chair &#224; canon, de reproduction des hi&#233;rarchies sociales et des in&#233;galit&#233;s, d'accoutumance &#224; l'autorit&#233; et &#224; l'&#201;tat, de conditionnement &#224; une consommation d&#233;r&#233;gl&#233;e de biens mat&#233;riels, etc. Et l'&#201;tat et le capitalisme le lui rendent bien en faisant tout pour qu'elle conserve ce r&#244;le si pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a toujours des rat&#233;es et donc des moutons noirs, mais comme l'impr&#233;gnation, surtout dans les premi&#232;res ann&#233;es de l'enfance, est avant tout affective, instinctuelle, tripale, l'essentiel est fait. Et si aujourd'hui, il y a un &#233;largissement du mod&#232;le h&#233;t&#233;rosexuel, si des modes de vie beaucoup plus libres sur le plan sexuel ont &#233;merg&#233;, si l'homosexualit&#233; semble &#234;tre mieux tol&#233;r&#233;e, cela reste encore marginal et toujours fragile. R&#233;guli&#232;rement des personnes queer, LGBT, sont agress&#233;es, discrimin&#233;es, battues, quelques fois tu&#233;es, ici en France, et pas seulement ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, s'il est de coutume et de bon ton d&#233;sormais de dire qu'il n'y a plus de famille, mais &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; familles, pour autant, quels que soient les &#171; &#233;largissements &#187; ou les &#171; diminutions &#187; (voir les familles monoparentales !), il y a toujours un lien exclusif et possessif entre parent(s) et enfant(s), fond&#233; sur la filiation (naturelle ou l&#233;gale peu importe), que ce soit en couple ou non ; lien exclusif et possessif qui se traduit dans le langage courant par l'utilisation du possessif (&#171; mon &#187; enfant, &#171; mon &#187; fils, &#171; ma &#187; fille). Et il y a bien exclusivit&#233; de tout autre lien de m&#234;me nature, puisque personne, en tout cas personne du m&#234;me sexe que le parent (sauf dans le cas encore tr&#232;s marginal des couples homosexuels) n'est autoris&#233; &#224; &#234;tre &#224; part enti&#232;re et sur un plan d'&#233;galit&#233; p&#232;re ou m&#232;re de l'enfant. Ce qui reste &#224; la limite possible sont les relations avec la &#171; belle-m&#232;re &#187; ou le &#171; beau-p&#232;re &#187; dans les familles dites recompos&#233;es, mais o&#249; il est inconvenant et mal vu par le &#171; v&#233;ritable &#187; parent que le nouveau &#171; parent &#187; devienne &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; p&#232;re ou m&#232;re de l'enfant ! Inconvenant et de toute fa&#231;on gu&#232;re possible en raison de l'impr&#233;gnation dont il a &#233;t&#233; question plus haut, sauf peut-&#234;tre lorsque les enfants sont tr&#232;s tr&#232;s jeunes, ou en cas d'adoption. En la mati&#232;re, le partage et la mise en commun ont du mal &#224; &#234;tre v&#233;cu. Certes, l'on trouvera toujours des exceptions (et elles existent bien), mais justement ce ne sont que des exceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Et-si-l-on-faisait-un-voeu.html' class='spip_in'&gt;critique&lt;/a&gt; de la famille pourra choquer certains. Elle n'est pas du go&#251;t de beaucoup de &#171; r&#233;volutionnaires &#187; qui ne voient que le politique ou l'&#233;conomique. Pourtant il y a un lien &#233;vident entre le monde tel qu'il est, ce monde qui est abominable et doit &#234;tre chang&#233;, et la famille telle qu'elle est v&#233;cue, cette famille qui est la &#171; &lt;i&gt;cellule de base de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187; et qui continue &#224; l'&#234;tre quelles que soient ses formes ou ses transformations. Bref, puisque le monde va si mal, la famille, base du monde tel qu'il est, y est certainement pour quelque chose ! Par cons&#233;quent pour transformer radicalement le monde, il faut transformer les relations interpersonnelles et en premier lieu la &#034;famille&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc inventer et exp&#233;rimenter de nouvelles fa&#231;ons de collaborer, de travailler ensemble, de partager les fruits du travail, de mettre en commun par un usage collectif les ressources, les biens, les choses, la terre&#8230;, en abolissant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de tous les moyens de production (pour reprendre une expression marxiste), en partant de la base. Mais il faut aussi transformer les relations affectives, sexuelles, parce que, comme on l'a dit plus haut, tout est li&#233;, tout est interd&#233;pendant et parce que pour changer la soci&#233;t&#233;, il faut en changer la base, il faut donc &#233;galement remettre en cause radicalement la famille et le couple traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;Une n&#233;cessaire transformation individuelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais cela passe n&#233;cessairement par une &lt;strong&gt;transformation individuelle de chacun(e)&lt;/strong&gt;. Car la transformation du monde ne peut que suivre les &#233;volutions et transformations individuelles. C'est sur ce point qu'il peut y avoir un d&#233;saccord profond avec certains de ceux qui veulent changer les choses. Or, ici, il faut &#234;tre clair : pour changer le monde, il faut commencer par se changer soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette n&#233;cessit&#233; d'une transformation individuelle pr&#233;alable est d'autant plus n&#233;cessaire que notre esprit (mentalit&#233;s, conceptions, id&#233;es, vision de la vie) est structur&#233; pour reproduire l'ordre social (comme l'a magnifiquement d&#233;crit Bourdieu par exemple), et qu'il est donc impossible de changer le d&#233;sordre social sans changer cet &#233;tat d'esprit au pr&#233;alable, sans remettre en cause pratiquement, concr&#232;tement, les fondements m&#234;mes du monde &#171; ext&#233;rieur &#187; profond&#233;ment enfouis &#224; l'int&#233;rieur de chacun(e) de nous, qui nous constituent, nous emprisonnent, nous ali&#232;nent, influencent nos actes, nos comportements, nos relations avec les autres et le monde et qui aboutissent &#224; reproduire ind&#233;finiment les structures m&#234;mes du monde &#171; social &#187;, et cela depuis au moins le n&#233;olithique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une transformation individuelle peut entra&#238;ner la disparition, sinon totale (elle ne le sera jamais) du moins suffisante, de &#171; l'instinct &#187; d'appropriation et de domination des choses, des gens et des autres &#234;tres vivants et entra&#238;ne une &#233;volution qui permet une transformation des relations aux autres et rend possible la transformation collective et le changement du rapport &#224; la Terre et aux &#234;tres vivants non humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe que cette &#171; v&#233;rit&#233; &#187; a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e par l'h&#233;donisme individualiste et consum&#233;riste, par des ap&#244;tres du &#171; d&#233;veloppement personnel &#187;, par des spiritualistes qui ne recherchent que leur bonheur personnel... Apr&#232;s tout, il en est de m&#234;me pour le mot &#171; r&#233;volution &#187;, utilis&#233; &#224; toutes les sauces, notamment par l'industrie capitaliste, &#224; travers la publicit&#233; et le marketing, ce qui n'emp&#234;che pas son utilisation par de &#171; vrais &#187; r&#233;volutionnaires, les marxistes par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on accepte l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; d'une transformation individuelle, alors elle consiste n&#233;cessairement en une d&#233;marche de rupture qui remet en cause les bases m&#234;mes du monde qui sont en nous. Il nous faut faire le vide, accepter de perdre nos b&#233;quilles et nos rep&#232;res, ce que nous prenons pour &#171; nos &#187; certitudes et &#171; nos &#187; croyances. Face &#224; l'horreur du monde, face aussi &#224; des questions sans r&#233;ponse, l'angoisse est une r&#233;action parfaitement saine et elle est notre meilleure alli&#233;e. Ce sont les racines du monde fabriqu&#233; par ce qui se consid&#232;re abusivement comme humanit&#233; qui doivent &#234;tre coup&#233;es en chacun de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces racines sont tout d'abord la volont&#233; de puissance, le besoin de comp&#233;tition, d'appropriation et domination des choses, des gens et des autres &#234;tres vivants, et que l'on retrouve partout et qui se traduisent notamment et par exemple par le patriarcat, le sexisme, les violences interindividuelles, dans toutes les institutions &#233;tatiques, dans l'entreprise, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, la qu&#234;te d'un bonheur totalement illusoire et frelat&#233;. Cette recherche du bonheur est essentiellement celle de l'installation, avec la &#171; bonne conscience &#187; qui va avec, si importante, et pas seulement chez les &#171; bourgeois &#187;. Cette installation conduit, par d&#233;finition, &#224; accepter le monde tel qu'il est pour y vivre &#171; tranquillement &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, une habitude mentale terriblement active et efficace qui consiste &#224; justifier et &#224; rationaliser l'injustifiable et tout ce qui est totalement d&#233;ment et en d&#233;finitive totalement irrationnel (et qui donne lieu &#224; tous les raffinements de la philosophie, du droit, des religions, de la morale, de la politique, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains consid&#232;reront ces &#171; racines &#187; comme trop simplistes, mais en r&#233;fl&#233;chissant bien, toutes les tares individuelles et collectives se ram&#232;nent bien &#224; ces m&#233;canismes de base.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;L'Essentiel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais ici, il faut aller plus loin et en arriver &#224; l'Essentiel d'o&#249; tout provient et &#224; partir de qui tout commence. Nous ne pouvons pas nous changer tout seul. Ce serait faire comme le Baron de M&#252;nchhausen qui voulait se soulever de terre en se tirant lui-m&#234;me par les cheveux ! Car l'Absolu, la Transcendance, le fond m&#234;me du monde, surgit au terme de la &lt;a href='http://refonderlemonde.org/La-mesaventure-spirituelle.html' class='spip_in'&gt;d&#233;marche&lt;/a&gt; de rupture et de nettoyage int&#233;rieur &#233;voqu&#233;e &#224; l'instant, quand on la m&#232;ne au bout, ou plus exactement quand on se laisse conduire jusqu'&#224; un point de non retour qui n'est pas un terme, mais un point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont d&#233;j&#224; parcouru le site savent que nous nous acharnons, comme des vestiges d'un pass&#233; largement r&#233;volu, &#224; parler de Transcendance, d'Absolu... L'on nous suivrait volontiers (et m&#234;me nous pr&#233;c&#232;derait !) dans la critique du monde, mais la Transcendance, vraiment, qu'est-ce que &#231;a vient faire l&#224;-dedans ! Et d'abord, qu'est-ce que c'est la Transcendance ? Veut-on parler de Dieu ? Mais Dieu n'est qu'une hypoth&#232;se, ce n'est qu'une illusion, un fantasme, une cr&#233;ation de notre esprit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'ajouter que nul n'a jamais vu ni prouv&#233; Dieu... Il est vrai aussi que le pauvre Dieu a &#233;t&#233; tellement d&#233;figur&#233; et utilis&#233; &#224; toutes les sauces, le plus souvent plus d&#233;goutantes les une que les autres (le Dieu des arm&#233;es, le Dieu des conquistadors, le Dieu des &#233;vang&#233;listes am&#233;ricain, le Dieu des Ayatollahs, le Dieu de Poutine, le Dieu de l'inquisition, etc), ou bien r&#233;duit &#233;ventuellement au barbu dans son nuage ou au p&#232;re no&#235;l, que l'on peut comprendre la m&#233;fiance et l'incompr&#233;hension qui naissent du fait de l'utilisation d'un mot comme Dieu. L'on peut m&#234;me se demander s'il faut bien encore employer ce mot ! En tout cas, si on le gardait, il faudrait le d&#233;barrasser de toute trace de tout un fatras patriarcal et masculiniste h&#233;rit&#233; de la Bible en particulier qui, m&#234;me si l'image du vieux barbu tr&#244;nant sur son nuage n'a jamais &#233;t&#233; qu'une projection infantile et grotesque, conduit &#224; ne voir en &#171; lui &#187; qu'un P&#232;re, un Cr&#233;ateur, le tout-puissant, le Seigneur, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui est important est de savoir ce que nous mettons derri&#232;re ces mots et de se demander pourquoi il s'agit bien l&#224; de &#171; quelque chose &#187; de commun &#224; nous tous, qui pr&#233;cis&#233;ment seul(e) peut fonder la communaut&#233; humaine et la construction du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons en effet d&#233;j&#224; dit &lt;a href='http://refonderlemonde.org/De-la-dissipation-necessaire-d-un.html' class='spip_in'&gt;ailleurs&lt;/a&gt; que s'il n'y avait aucune transcendance, aucune unit&#233; entre les gens, il serait impossible de construire un autre monde, comme tout ce que nous voyons le d&#233;montre &#224; l'envie et par l'absurde... Et en effet, rien ne se construit ensemble, ni une nouvelle &#233;conomie, ni une nouvelle organisation sociale. Aucun programme commun ! Que des initiatives isol&#233;es, certes toutes int&#233;ressantes, mais parcellaires, sans accord sur les finalit&#233;s. En r&#233;alit&#233;, rien ne se passe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Se pourrait-il qu'il y ait actuellement un &#034;fr&#233;missement&#034;, notamment avec la (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Et pourtant, perp&#233;tuellement, l'on entend dire : &#171; &#231;a &#233;volue, les gens prennent conscience &#187;. Ce manque &#233;vident d'unit&#233; pourrait s'interpr&#233;ter comme &#233;tant le r&#233;sultat de l'absence de volont&#233; de construire r&#233;ellement autre chose ! En tout cas il invite &#224; r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains (et il faudra y consacrer d'autres d&#233;veloppements) se f&#233;licitent de cette absence d'unit&#233;, y voyant le reflet n&#233;cessaire de la pr&#233;servation de la diversit&#233; et de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais arr&#234;tons l&#224;. Jamais nous ne vous ferons changer d'avis (et surtout de vie !). Ce n'est pas notre but. Au risque de para&#238;tre &#233;litiste (mais j'y reviendrai et m'en expliquerait plus loin, ou ailleurs...), il s'agit pour nous de lancer des perches ou des bouteilles &#224; la mer en direction de ceux qui ont fait cette d&#233;marche ou qui sont &#224; la porte, sur le point de s'y engager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons. Qu'entendons-nous par d&#233;marche spirituelle ou par mystique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il s'agit de la traduction d'une certitude et d'une &#233;vidence int&#233;rieure qui ne disparaissent jamais, comme une perception par un sens qui n'est pas physique, mais quasi amoureux (le c&#339;ur de Pascal) : il y a &#171; quelque chose &#187; ou &#171; quelqu'un &#187; derri&#232;re ou dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, imm&#233;diatement surgit un probl&#232;me. Quelque chose ou quelqu'un ? A vrai dire, peu importe. C'est une r&#233;alit&#233; indicible, que l'on ne peut que d&#233;figurer d&#232;s qu'on veut la cerner, la d&#233;finir. Mais l&#224;, dans le silence int&#233;rieur, &lt;strong&gt;en nous, &#224; l'int&#233;rieur de nous&lt;/strong&gt;, et qui peut na&#238;tre de la contemplation d'un paysage, d'un visage, d'un nuage... ou d'une r&#233;ponse &#224; un appel, &#224; la racine m&#234;me de notre &#234;tre, de notre moi, l&#224; au fond, il y a une force, une chaleur, une invariance, une joie ; il y a une Pr&#233;sence et nous ne sommes pas seuls. Il y a l&#224; le fond m&#234;me du monde et de notre &#226;me, de notre int&#233;riorit&#233;, mais un fond qui est Autre, qui n'est pas du monde, qui n'est pas nous, qui en est la Source et le support, une R&#233;alit&#233; &#224; la fois en nous et transcendante, pr&#233;sente et myst&#233;rieusement discr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et peu importe comme l'on nomme cette r&#233;alit&#233;, l'Infini, l'&#202;tre, Dieu, Allah, l'Absolu, le Soi, le Brahma, L'&#194;me du monde, le Tout Autre, la Voie... Les mots n'ont aucune importance. L'on pourra toujours dire qu'il y a l&#224; illusion, hallucination, projection de nos fantasmes (le Dieu de la psychanalyse ou de Feuerbach), de nos d&#233;sirs ou ratiocinations (le &#171; dieu des philosophes &#187;). Tant pis pour ceux qui le disent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'est-ce ? Une chose, une &#233;nergie, une supra conscience ? Nous savons que l'on ne peut pas conna&#238;tre cette r&#233;alit&#233;, dans le sens o&#249; notre pens&#233;e, notre raison sont incapables de se la repr&#233;senter. Mais la &#171; perception &#187; que l'on en a et les circonstances qui ont pr&#233;sid&#233; &#224; cette perception font que l'on ne peut se r&#233;soudre &#224; ne &#171; voir &#187; en elle qu'une chose sans &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se souvenir que l'on acc&#232;de &#224; cette &#171; perception &#187; au terme d'une d&#233;marche de rupture terriblement angoissante, &#233;prouvante, qui peut &#234;tre plus ou moins longue, p&#233;riode de nuit obscure&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='Apr&#232;s tout, l'expression de Saint Jean de la Croix est expressive, &#224; (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans une solitude effrayante, que l'on a tent&#233; de d&#233;crire &lt;a href='http://refonderlemonde.org/La-mesaventure-spirituelle.html' class='spip_in'&gt;ailleurs&lt;/a&gt;. Or, cette d&#233;marche ne peut aller &#224; son terme que si nous nous laissons faire. Et r&#233;trospectivement, c'est bien comme si &#171; quelqu'un(e) &#187; nous avait guid&#233; et conduit. Quelqu'un(e) et non pas une chose qui n'aurait aucune intention &#224; notre &#233;gard, qui ne s'int&#233;resserait pas &#224; nous. Car au fond, c'est comme si notre engagement dans cette d&#233;marche, d'abord sans avoir la moindre id&#233;e de l&#224; o&#249; elle nous conduirait, &#233;tait une r&#233;ponse &#224; une invitation, comme une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de r&#233;pondre oui &#224; quelque chose ou &#224; quelqu'un(e) qui nous appelait, mais encore une fois sans avoir la moindre id&#233;e de ce qu'&#233;tait cette chose ou ce quelqu'un. En fait, c'est comme si nous n'avions rien d&#233;cid&#233; par nous-m&#234;mes, m&#234;me si par la suite nous avons accompagn&#233; le mouvement en pleine volont&#233; et acceptation. Des &#233;v&#233;nements, des rencontres, des lectures, des films, des ruptures, des maladies, etc. ont jalonn&#233; notre itin&#233;raire. Les avons-nous choisis ? Vaste question. Et notre ou nos r&#233;ponses, venaient-elles de nous ? Pourquoi tel &#233;v&#233;nement a-t-il eu cette importance consid&#233;rable, alors que pour d'autres il aurait &#233;t&#233; insignifiant ? Pourquoi une orientation vers cette d&#233;marche de rupture et de recherche d'autre chose ? Myst&#232;re de la libert&#233; et myst&#232;re de cette invitation &#224; laquelle on r&#233;pond sans m&#234;me avoir conscience qu'il s'agit d'une invitation, mais par un devoir de conscience qui s'impose tout naturellement &#224; nous. Comme si cette R&#233;alit&#233; myst&#233;rieuse et discr&#232;te prenait l'initiative, nous cherchait et nous souhaitait, je serais presque tent&#233; de dire : on ne lui avait rien demand&#233; ! Et lorsque nous disons Oui, il nous semble que nous disons Oui &#224; quelqu'un(e) et pas &#224; une chose. D'autre part, une &#171; chose &#187; ne serait pas pr&#233;sente dans le monde qui regorge de Sens, de significations et d'intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais arr&#234;tons l&#224;, car comme dit plus haut, l'on ne peut pas se repr&#233;senter ni &#171; faire le tour &#187; de cette Pr&#233;sence. L'on peut m&#234;me se demander s'il est l&#233;gitime de dire qu'elle est Amour, si ce n'est pas d&#233;j&#224; trop dire, trop s'avancer. M&#234;me si incontestablement le mouvement que nous sentons en nous vers les autres et ce que nous percevons de cette Pr&#233;sence en nous et dans le monde ressemblent fortement &#224; ce que le mot amour &#233;voque... quand on le d&#233;barrasse de tout sentimentalisme b&#233;b&#234;te et terriblement traditionaliste, voire r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, cette relation &#224; cette Pr&#233;sence ne na&#238;t pas et ne surgit jamais des textes &#171; sacr&#233;s &#187; quels qu'ils soient, m&#234;me si ces textes peuvent y introduire. Elle ne surgit pas non plus par l'interm&#233;diaire des clerg&#233;s et des interpr&#232;tes institutionnalis&#233;s (magist&#232;re, docteurs de la foi, gourous, sages, etc.). Les textes &#171; sacr&#233;s &#187; sont susceptibles de multiples interpr&#233;tations, sont contradictoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'agissant plus sp&#233;cialement des &#201;vangiles, ils ont &#233;t&#233; &#233;crits comme une &#171; relecture des &#233;v&#233;nements &#187;, tardivement, par des &#233;crivains et auteurs qui n'ont pas vu ni entendu J&#233;sus, dans un but d'enseignement et d'encadrement des croyants de ce temps. D'autre part, les textes ont &#233;t&#233; tri&#233;s et choisis par des &#171; autorit&#233;s &#187; qui avaient tout int&#233;r&#234;t &#224; le faire, notamment pour justifier leur propre&#8230; autorit&#233; ! Ces m&#234;mes autorit&#233;s ont ensuite tir&#233; des textes une morale conservatrice et &#233;triqu&#233;e, une condamnation de l'homosexualit&#233;, la subordination des femmes et le patriarcat, etc., mais aussi la pire des complaisances &#224; l'&#233;gard des pouvoirs politiques et de l'&#201;tat, les justifiant au nom de Dieu. Elles ont valid&#233; l'exploitation des animaux, leur martyre permanent, allant jusqu'aux sacrifices cens&#233;s plaire &#224; un Dieu se d&#233;lectant du sang et de la fum&#233;e des cadavres, l&#224; encore au nom de l'interpr&#233;tation de certains textes comme celui de la Gen&#232;se. Ce qui vient d'&#234;tre dit est &#233;galement vrai de l'Islam et du Juda&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette relation &#224; cette Pr&#233;sence ne peut pas non plus s'&#233;tablir gr&#226;ce au culte, &#224; la liturgie, aux sacrements. C'est pr&#233;cis&#233;ment l'inverse. Pour que cette relation s'&#233;tablisse, il faut faire le vide ! Mais si les cultes, la liturgie, les c&#233;r&#233;monies ne cr&#233;ent pas le lien avec l'Absolu, ils interviennent dans un second temps, pour l'exprimer, l'ext&#233;rioriser, on y reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;A partir de cette Relation avec la Transcendance, tout peut commencer.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ici que l'on retrouve la communaut&#233;, car ceux qui se sont suffisamment transform&#233;s peuvent et doivent se regroupent pour vivre ensemble un partage et une mise en commun, dans tous les domaines de l'existence qu'ils soient relationnel, affectif, collaboratif (c'est-&#224;-dire le travail ou l'activit&#233; quels qu'ils soient) et ce dans la vie concr&#232;tement v&#233;cue, dans la vie quotidienne. Ce regroupement, c'est la communaut&#233; qui permet le passage de l'individuel au collectif, qui est l'interm&#233;diaire de la transformation totale et globale du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape de la transformation radicale et collective du monde, du bouleversement total de ses structures et soubassements, ne peut &#234;tre que la communaut&#233;. C'est dire son importance essentielle. Mais il ne suffit pas de l'affirmer. Il nous faut dire pourquoi, mais aussi comment elle fonctionnerait, ce qui l'anime, ce qui la distingue &#224; la fois des communaut&#233;s &#171; religieuses &#187; et des diff&#233;rents &#171; collectifs &#187;, &#171; communaut&#233;s &#187; ou &#171; coop&#233;ratives &#187; existantes ou ayant exist&#233; et autres tentatives, dont certaines incontestablement sont tr&#232;s int&#233;ressantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La communaut&#233; comme un camp de base&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;e essentielle est qu'il faut une base pour la transformation collective, un peu comme un camp de base pour une ascension en haute altitude.&lt;/strong&gt; Agir imm&#233;diatement, sans aucun interm&#233;diaire, sur les domaines politiques, &#233;conomiques, &#233;cologiques, &#224; un niveau collectif (que ce soit nationalement ou internationalement) est totalement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs raisons &#224; cela. Tout d'abord parce qu'en agissant uniquement sur les structures collectives, les personnes individuelles auraient dans cette hypoth&#232;se forc&#233;ment conserv&#233; leurs mentalit&#233;s et leurs comportements (recherche du bonheur, surconsommation pour combler le vide existentiel, volont&#233; de puissance, appropriation, d&#233;sir de domination, de comp&#233;tition, etc.). Il faudrait alors n&#233;cessairement imposer ces transformations d'en haut (&#224; supposer m&#234;me que ceux qui prendraient le pouvoir ou qui l'auraient d&#233;j&#224; aient r&#233;ellement l'intention d'imposer les &#171; bonnes solutions &#187;), c'est-&#224;-dire par un pouvoir central qui utiliserait forc&#233;ment la contrainte puis la violence qui seraient in&#233;vitables parce que les gens de la base ne seraient pas en &#233;tat de les vivre. Or, imposer par la force et la contrainte ce qui ne peut r&#233;sulter que de la libert&#233; et de la conscience de chacun(e) ne marchera jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, une action qui pr&#233;tendrait partir &#171; d'en haut &#187; ne pourrait se faire que par l'interm&#233;diaire de l'&#201;tat et du Droit &#233;tatique et des relations internationales entre &#201;tats. Or, il nous faut faire dispara&#238;tre &#224; jamais ces monstres h&#233;rit&#233;s de l'Histoire de mill&#233;naires de guerres et de massacres. C'est en raison de ces &#233;vidences que les &#171; r&#233;volutions &#187; politiques ont toujours &#233;chou&#233;, et aussi bien s&#251;r parce qu'elles reproduisaient l'ancien monde en en conservant le principe essentiel, celui du Pouvoir qui une fois conquis ne se l&#226;che plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, prendre les choses &#171; d'en haut &#187; est totalement paralysant, parce que l'on se heurte alors &#224; des probl&#232;mes totalement insolubles, comme la situation actuelle le d&#233;montre tous les jours. Il est ainsi impossible de supprimer directement le capitalisme parce que les gens ont besoin de lui pour leur survie mat&#233;rielle, pour leur confort ; ils sont proprement encha&#238;n&#233;s &#224; lui et par lui, mais avec leur complicit&#233;, m&#234;me s'ils sont exploit&#233;s. Quant &#224; la suppression directe de l'&#201;tat, c'est purement illusoire. Ce d'autant plus que tenter de supprimer d'un coup capitalisme et &#201;tats conduirait malheureusement mais in&#233;luctablement &#224; un chaos monstrueux. Car il faut bien comprendre que l'&#201;tat est n&#233;cessaire en raison de l'&#233;tat d'arri&#233;ration des mentalit&#233;s collectives et individuelles et sert de garde chiourme pour faire tenir ce qui se qualifie de &#171; soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, partir de la base permet r&#233;ellement une action imm&#233;diate, donne une esp&#233;rance, m&#234;me si c'est &#224; long terme (sauf &#224; envisager un mouvement de fond qui pourrait surgir, qui sait, &#224; tout moment, par t&#226;che d'huile ou par convergence d'initiatives isol&#233;es g&#233;ographiquement). Et ce n'est ni de la l&#226;chet&#233;, ni de la compromission, parce qu'il s'agit r&#233;ellement de faire en sorte que ce qui existe actuellement disparaisse totalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est &#224; partir de cette base que l'on pourra remettre en cause concr&#232;tement l'&#201;tat, le capitalisme et ce qui en r&#233;sulte directement, c'est-&#224;-dire entre autres la catastrophe &#233;cologique en cours, en transposant au collectif le partage et la mise en commun v&#233;cu dans la ou les communaut&#233;s et en cr&#233;ant des nouvelles structures, notamment sur le plan &#233;conomique et politique et &lt;strong&gt;en d&#233;sertant les institutions actuelles, en les rendant progressivement inutiles, d&#233;pass&#233;es ; en les privant de leur ressource essentielle, les femmes et les hommes qui les font tourner ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il y a une autre raison fondamentale &#224; la communaut&#233;,&lt;/strong&gt; qui en est d'ailleurs le c&#339;ur et la raison d'&#234;tre, au-del&#224; m&#234;me de ses effets sur la transformation de la soci&#233;t&#233;, ou plus exactement qui permet et conditionne cette transformation : nous avons le devoir imp&#233;rieux de tenter de nous rapprocher le plus possible les uns des autres et de construire des relations les plus compl&#232;tes possibles, devoir qui d&#233;coule directement de l'inspiration de base qui se r&#233;sume en un mot : l'amour, qu'il nous faut vivre, incarner et construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux remarques ici : ce mot de &#171; devoir &#187; ne doit pas &#234;tre pris dans le sens d'une r&#232;gle ext&#233;rieure contraignante, qui s'imposerait &#224; nous et qui serait en d&#233;calage complet avec notre &#233;volution personnelle, mais il y a l&#224; une cons&#233;quence de la d&#233;marche spirituelle &#233;voqu&#233;e ci-dessus. Rien ne peut nous &#234;tre impos&#233; de l'ext&#233;rieur, tout doit &#234;tre non seulement accept&#233; ou consenti, mais voulu, m&#234;me si quelques fois, il faut penser et vivre contre soi-m&#234;me, c'est-&#224;-dire s'attaquer &#224; des forteresses de l'ancien monde en nous et &#224; nos blocages, nos insuffisances. Il faut aussi mettre au travail nos traumatismes issus de notre naissance et de notre enfance dans un monde totalement d&#233;voy&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La r&#233;volution de l'amour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, nous ne devons pas h&#233;siter &#224; utiliser un mot comme amour. Tant pis s'il fait d&#233;suet, d&#233;pass&#233;, &#171; catho &#187;, bisounours, na&#239;f, ben&#234;t, que sais-je encore. Il n'est &#233;videmment pas assez rationnel, ni assez scientifique, ni assez intellectuel ; les &#171; r&#233;volutionnaires &#187; authentiques, ceux qui ont lu leur Marx, ne l'emploient jamais, eux, il leur para&#238;t trop sucr&#233;, trop mi&#232;vre. Tant pis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet amour qu'il nous faut construire et incarner ne peut &#234;tre concr&#232;tement v&#233;cu de la m&#234;me fa&#231;on avec l'ensemble des habitants de la Terre, c'est une &#233;vidence. Il y a forc&#233;ment des fa&#231;ons diff&#233;rentes d'aimer les autres, selon que l'on est dans le collectif ou dans le relationnel proche. Il y a une impossibilit&#233; &#233;vidente de vivre une relation de proximit&#233; et d'intimit&#233; avec des milliards d'&#234;tres humains, ni m&#234;me avec des centaines ! Mais il s'agit pourtant bien dans les deux cas d'amour. Aimer c'est vouloir le bien de l'autre, des autres. C'est vouloir leur &#233;panouissement et leur &#233;mancipation. Sur le plan collectif, cet amour devient la fraternit&#233;, la solidarit&#233;, le partage, le soucis des autres... et il n'est finalement rien d'autre que la continuation de ce qui est v&#233;cu sur le plan relationnel proche, mais dans la vie collective, sociale, politique, &#233;conomique... Et sur le plan relationnel proche, il nous faut remettre en cause les conceptions et les pratiques assez primitives et d&#233;solantes de ce que l'on appelle &#224; tort l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; la r&#233;ponse &#224; la question &#171; pourquoi la Communaut&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc temps de tenter de r&#233;pondre &#224; la deuxi&#232;me question : quelle communaut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut essayer de d&#233;crire les grands principes qui doivent r&#233;gir la vie communautaire, tout en pr&#233;cisant imm&#233;diatement que chaque communaut&#233; conservera la libert&#233; d'organiser ses activit&#233;s et de r&#233;soudre certains probl&#232;mes importants... comme elle l'entendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il a &#233;t&#233; dit plus haut, ce qui constitue la base, le fondement et le ciment de la communaut&#233;, c'est l'Absolu, la Transcendance. D&#232;s lors, la liturgie, les rites, le culte sont &#224; r&#233;inventer, &#224; vivre ensemble, pour exprimer l'adoration, l'&#233;merveillement et la gratitude, utilisant tous les moyens d'expression, chants, danses, lectures, te&#769;moignages personnels, pauses de prie&#768;re et de re&#769;flexion, dans des lieux cr&#233;&#233;s sp&#233;cialement dans ce but. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, &#224; condition de d&#233;barrasser le mot de tout ce qui le ram&#232;ne aux Eglises, aux dogmes officiels, aux clerg&#233;s, &#224; une anthropologie et &#224; une morale r&#233;actionnaires, etc., la Communaut&#233; est &#171; religieuse &#187;. Elle l'est tout d'abord parce qu'elle regroupe des personnes qui ont, par leur itin&#233;raire propre et ant&#233;rieur &#224; la vie communautaire, d&#233;couvert et exp&#233;riment&#233; la relation personnelle, directe et intime avec la Transcendance (encore une fois qu'on l'appelle Dieu, l'Absolu ou comme l'on voudra, cela n'a aucune importance), et qui ont d&#233;couvert que cette R&#233;alit&#233; nous demande de construire un monde, sur Terre et avec la Terre, dans lequel nous devons r&#233;aliser l'amour et l'unit&#233;, dans toutes les dimensions de la vie individuelle, relationnelle et collective. Elle l'est &#233;galement parce que c'est &#224; travers la communaut&#233; que peut se r&#233;aliser la r&#233;alisation concr&#232;te de la Communaut&#233; humaine, chacun devant faire alliance avec les autres pour, ensemble, r&#233;aliser concr&#232;tement l'unit&#233;, tout en respectant et magnifiant l'individualit&#233; et la diversit&#233;. Il nous faut porter &#224; incandescence &#224; la fois ce qui nous rapproche et ce qui nous diff&#233;rencie, nous devons construire et traduire dans notre monde et dans notre vie l'Amour, concr&#232;tement. Pour que le monde vive d'amour, dans un processus de divinisation asymptotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la communaut&#233; est &#171; religieuse &#187;, elle n'a encore une fois rien &#224; voir avec ce que l'on entend habituellement par communaut&#233; religieuse, notamment chr&#233;tienne, pour les raisons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es du refus des m&#233;diations des textes &#171; sacr&#233;s &#187;, des clerg&#233;s et des liturgies, mais surtout parce que, &#224; supposer que chacun de leurs membres vivent une relation personnelle avec l'Absolu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='Cela para&#238;t parfaitement possible, m&#234;me dans un contexte d&#233;favorable tel que (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette relation est ensuite musel&#233;e et limit&#233;e imm&#233;diatement dans ses cons&#233;quences pr&#233;cis&#233;ment par le cadre dogmatique, id&#233;ologique et moral impos&#233; par l'interpr&#233;tation des textes &#171; sacr&#233;s &#187; et par les clerg&#233;s ou les &#171; autorit&#233;s religieuses &#187;, emp&#234;chant pr&#233;cis&#233;ment de vivre pleinement ce qui devrait d&#233;couler de la relation avec la Transcendance. Et c'est &#233;videmment le cas pour tout le volet &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, sur le plan &#233;conomique, politique, social, etc., mais c'est surtout vrai sur le plan relationnel, affectif et sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car la communaut&#233; est un foyer de vie et de relations totalement transform&#233;es&lt;/strong&gt;, dans lequel s'incarnent et se vivent l'affectif, le relationnel, la sexualit&#233;, dimensions qui sont absolument essentielles et qui, elles aussi, doivent &#234;tre totalement transform&#233;es, comme on a commenc&#233; &#224; le dire plus haut. Mais il faut aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut revenir sur un mot qui charrie tout une s&#233;rie de malentendus, un mot que l'on chante ou d&#233;clame en se tr&#233;moussant, dont on fait des films, des romans, des op&#233;ras... y m&#234;lant tout et son contraire. Il s'agit bien s&#251;r de l'amour. Or, l'amour ne repose pas sur des sentiments, sur une attirance purement physique ou sexuelle. Il ne s'agit pas non plus de la fameuse passion amoureuse qui repose sur le fantasme, l'illusion, la d&#233;formation de l'autre, son id&#233;alisation, le tout en &#233;tant plus ou moins actionn&#233; par des hormones ou m&#234;me, comme certains l'affirment, par notre cerveau primitif qui n'aurait d'autre but que la survie de l'esp&#232;ce ! Quant au sentiment amoureux, il ne vaut gu&#232;re mieux s'il ne s'accompagne pas d'autre chose, ou s'il ne d&#233;bouche pas sur autre chose, car alors, il aboutit &#224; des relations jetables lorsque le sentiment dispara&#238;t ou s'att&#233;nue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour est un respect de l'autre, de ce qu'il est, il est une admiration lucide de l'autre, de sa beaut&#233;, de ses efforts pour &#234;tre lui-m&#234;me, pour s'am&#233;liorer, de son authenticit&#233; quand il s'est d&#233;barrass&#233; des conditionnements qui nous ont tous infect&#233;s. Admiration, respect, soucis de l'autre. Aimer c'est vouloir le bien de l'autre, des autres, le bien c'est-&#224;-dire le maximum d'&#233;panouissement, de r&#233;alisation, de b&#233;atitude. Et par cons&#233;quent aussi lucidit&#233;, puisque l'on voit aussi d'o&#249; vient l'autre et ce qu'il est. Et aussi projet d'accompagner l'autre dans son propre cheminement, dans sa libert&#233;, dans ses activit&#233;s. Car aimer, c'est partager aussi des activit&#233;s, c'est faire des choses ensemble. C'est rejoindre l'autre dans une communion d'&#234;tre &#224; &#234;tre, parce que l'on se sait sur le m&#234;me chemin, en route vers la m&#234;me destination. C'est n&#233;cessairement avoir un ou des buts communs. C'est pourquoi aussi, l'amour n'est pas aveugle, contrairement &#224; ce que l'on lit et entend tr&#232;s souvent, il y a un choix d'aimer et un choix de l'aim&#233;(e). L'amour est toujours volont&#233;, oui volont&#233;, d'aimer et de construire une relation. Si l'attirance physique peut pr&#233;parer tout cela, alors tr&#232;s bien. Si le sentiment amoureux peut suivre, accompagner ou m&#234;me pr&#233;c&#233;der le choix d'aimer, tr&#232;s bien encore. Mais cet amour &#171; authentique &#187; peut aussi pr&#233;c&#233;der l'attirance physique, le d&#233;sir sexuel, le sentiment &#171; amoureux &#187;. Rien n'est &#224; exclure, sinon l'exclusion ! Car cet amour ne peut &#234;tre conciliable avec l'exclusivit&#233;, celle-ci le tuant et le niant. C'est pourquoi pour vivre pleinement cet amour, il faut s'&#234;tre suffisamment d&#233;barrass&#233; et purifi&#233; de la possession, de l'appropriation, de la domination. Tous les romans, films, chansons... qui nous d&#233;crivent un amour maladivement jaloux ne savent pas ce qu'ils disent. L'amour vrai et la jalousie sont radicalement antagonistes et incompatibles. Et que l'on ne vienne pas nous resservir l'ambivalence des sentiments mise en lumi&#232;re par la psychanalyse, car pr&#233;cis&#233;ment il ne s'agit que de sentiments et non pas de l'amour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour vivre cet Amour ou tenter de le faire, il nous faut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='M&#234;me remarque que ci-dessus sur l'emploie du verbe falloir et sur le devoir (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;velopper toutes les possibilit&#233;s affectives qui sont en nous, c'est-&#224;-dire supprimer les barri&#232;res, les obstacles, les limitations autres que le temps qui nous est imparti, avec le rythme journalier et hebdomadaire qui est le n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour s'accompagne et implique l'&#233;clatement des barri&#232;res de sexe, de genre ou d'&#226;ge, il se moque de la couleur de la peau, de l'origine, plus exactement il assume et int&#232;gre ces diff&#233;rences comme une richesse et non comme un obstacle ; il se moque de l'homosexualit&#233; ou de l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; (termes d'ailleurs aussi horribles l'un que l'autre, d'origine m&#233;dicale). Chacun-e d'entre nous est &#224; la fois homme et femme, viril et f&#233;minin, dans des proportions variables et originales, la virilit&#233; et la f&#233;minit&#233; n'ayant aucun rapport avec le sexe physique, et cela se traduit tout naturellement par la bisexualit&#233; qui exprime tout simplement le d&#233;sir d'une relation quel que soit le sexe physique de l'autre. Mais qu'il n'y ait pas de malentendu. Il ne s'agit pas de nier les diff&#233;rences physiques, ce serait idiot, puisqu'elles existent ! Il y a effectivement des corps masculins, des corps f&#233;minins, des corps un peu des deux, et c'est tant mieux, ces corps sont beaux, tous, et tous participent &#224; la pl&#233;nitude de la relation et de l'amour. M&#234;me les &#233;ventuelles &#171; pr&#233;f&#233;rences &#187; ne sont pas rejet&#233;es ou bannies, pourvu qu'elles ne deviennent pas exclusives. Elles peuvent aider &#224; &#233;tablir plus facilement une relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aller vers le maximum de l'&#233;panouissement de la relation, ce qui suppose la dur&#233;e, mais sans exclusion, ni fermeture, ni barri&#232;re. Il faut tendre vers l'ouverture maximale de la sexualit&#233;, vers la d&#233;couverte de ses possibilit&#233;s quasi infinies gr&#226;ce &#224; un langage des corps qui peuvent s'&#233;panouir bien au-del&#224; des tristes et ennuyeux st&#233;r&#233;otypes et figures impos&#233;es ! La sexualit&#233;, le corps et la sensualit&#233; sont une r&#233;alit&#233; saine, sainte et simple, innocente et pure, et son ouverture ne signifie en aucune mani&#232;re l'instauration d'une sorte de d&#233;bauche g&#233;n&#233;rale et permanente, d'une partouze plan&#233;taire sans frein ni limites. La pratique de la sexualit&#233; doit, au contraire, r&#233;pondre aux plus hautes exigences affective, morales et spirituelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait beaucoup &#224; dire sur la sexualit&#233; qui a &#233;t&#233; salie, d&#233;nigr&#233;e, caricatur&#233;e, depuis l'Antiquit&#233; grecque o&#249; ont s&#233;vi des courants philosophiques importants qui assimilaient la chair et, plus g&#233;n&#233;ralement, la mati&#232;re au Mal. Cette &#171; tradition &#187; a &#233;t&#233; reprise et amplifi&#233;e par le jud&#233;o-christianisme notamment, pour aboutir aux monstruosit&#233;s &#233;labor&#233;es notamment par Saint Augustin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='Il faut lire ou relire &#224; ce sujet Michel Foucault dans Les aveux de la (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, monstruosit&#233;s qui continuent &#224; infecter le christianisme aujourd'hui et au-del&#224; de lui toute une morale dess&#233;ch&#233;e. Mais l&#224; encore, passons et revenons &#224; ce qui pourrait peut-&#234;tre un jour remplacer ces d&#233;bris fossilis&#233;s qui se donnent le nom de chr&#233;tiens et qui pr&#233;tendent parler au nom de J&#233;sus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la sexualit&#233; et l'affectivit&#233; sont importantes, la relation &#224; l'autre et aux autres ne peut &#234;tre pl&#233;ni&#232;re sans les autres aspects coop&#233;ratifs, intellectuels, cr&#233;atifs, notamment. Car nous avons beaucoup de choses &#224; faire ensemble ! L'on retrouve ici l'effort vers l'unit&#233;, la pl&#233;nitude et l'accomplissement de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule fa&#231;on de concilier ces exigences (toutes les exigences ci-dessus) est le regroupement de plusieurs personnes dans un lieu unique de vie, au sein duquel chacun vit une relation de couple avec chacun des autres membres du groupe. Le nombre total des adultes peut &#234;tre variable, mais il ne peut &#234;tre tr&#232;s important, en raison du rythme d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; des jours et des nuits, des semaines, des mois, et pour permettre d'avoir le temps et la disponibilit&#233; d'&#233;tablir une relation avec chacun(e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, le couple est pr&#233;serv&#233; tout en le multipliant.&lt;/strong&gt; Mais il ne s'agit plus du couple tel qu'il est v&#233;cu par la plupart des gens aujourd'hui et qui est repli&#233; sur lui-m&#234;me, isol&#233;, exclusif au sens pr&#233;cis du mot : ses deux membres excluent les autres du champ de leur relation, puisque chacun des deux membres n'a de relation totale et pl&#233;ni&#232;re qu'avec l'autre, puisque chacun refuse aux autres ce qu'il n'accorde qu'&#224; l'autre membre du couple. C'est normal, direz-vous, c'est la d&#233;finition m&#234;me du couple monogame ! Certes, mais ce n'est ni fatal, ni obligatoire. Et c'est surtout nocif et st&#233;rilisant. Le couple &#171; isol&#233; &#187; ne peut que se replier sur lui-m&#234;me, en ronronnant, dans un ennui qui ne s'avoue jamais, chacun(e) se dess&#233;chant et se st&#233;rilisant peu &#224; peu. Le plus terrible est que chacun(e) des membres du couple se s&#233;pare de l'autre d&#232;s le matin pour vaquer &#224; ses propres occupations professionnelles et autres, comme si la vie commune n'&#233;tait possible qu'&#224; condition de ne pas &#234;tre commune ! Pour l'immense majorit&#233; des couples, en dehors de l'affectivit&#233;, rien n'est commun, ni activit&#233;, ni travail, ni cr&#233;ation, ni recherche. Or, ce n'est que lorsqu'il y a quelque chose de commun dans au moins l'un de ces domaines que le couple peut tenir et &#234;tre f&#233;cond. M&#234;me le partage de go&#251;ts ou de &#171; passions &#187; ne suffit pas&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce ne sont pas les enfants qui permettent au couple de s'ouvrir et de ne pas se st&#233;riliser ! A moins que les enfants soient l'occasion d'une activit&#233; commune &#224; part enti&#232;re, comme pour les familles d'accueil ou les lieux de vie, ou les &#233;coles alternatives, etc. mais alors les enfants ne sont plus seulement ceux du couple (sauf s'il s'agit de l'&#233;cole &#224; la maison devenue quasiment impossible d&#233;sormais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Loi sur le s&#233;paratisme r&#233;cemment adopt&#233;e, dont chacun peut d&#233;sormais voir les (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres couples &#171; survivent &#187; au prix de traficotages plus ou moins glorieux que le cin&#233;ma et la litt&#233;rature exploitent &#224; longueur d'ann&#233;e, comme si cette soi-disant vie commune ne pouvait tenir qu'&#224; la condition de violer des r&#232;gles pourtant perp&#233;tuellement sacralis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, dans la communaut&#233;, en multipliant les couples, la relation entre deux personnes, relation essentielle, est pr&#233;serv&#233;e et d&#233;velopp&#233;e, mais sans exclusive ni repli, puisqu'avec chacun(e) des autres une relation &#224; deux est &#233;galement v&#233;cue. C'est une disparition totale de la possession de l'autre (que l'on confond si souvent avec l'amour !) et une acceptation non moins totale de sa libert&#233; et de son autonomie propre. Et ces relations sont bien des relations de &#171; couple &#187;, puisqu'&#224; chaque fois elles r&#233;unissent deux personnes diff&#233;rentes et sp&#233;cifiques qui construisent et r&#233;alisent dans la dur&#233;e et l'exigence une relation sp&#233;cifique et unique, et pas seulement, on l'a dit, sur un plan affectif ou sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut se vivre au rythme de chacun(e), sans forcer les choses, mais en gardant le cap et en profitant de toutes les occasions pour progresser. Ces relations &#233;tant v&#233;cues au sein du m&#234;me groupe de personnes, il y a un renforcement consid&#233;rable des liens entre ces personnes et l'unit&#233; du groupe est ainsi r&#233;alis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parentalit&#233; sera elle aussi partag&#233;e. Chacun-e des membres de la communaut&#233; seront p&#232;re et m&#232;re des enfants qui y seront n&#233;s, sans exclure ni privil&#233;gier la parent&#233; biologique. L'apport de cette co-parentalit&#233; pour les enfants et leur d&#233;veloppement est consid&#233;rable. L'&#233;ducation est &#233;videmment totalement &#224; repenser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accompagnant ces relations affectives plurielles, le partage des biens, le travail et la cr&#233;ation en commun, la mise en commun et l'usage collectif des ressources et des fruits du travail, deviennent absolument &#233;vidents au sein de la communaut&#233;, sans parasitisme, en toute &#233;galit&#233;, en fonction des personnalit&#233;s propres de chacun, ce qui permet de vivre un authentique &#171; communisme &#187;. Certes, ce serait tr&#232;s difficile pour une communaut&#233; isol&#233;e, car l'&#233;tape suivante ne serait pas encore possible. Elle ferait donc face au monde tel qu'il est aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur l'organisation interne, la prise de d&#233;cision et le probl&#232;me de l'autorit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces points, il y a beaucoup de questions, peu de certitudes, ce d'autant plus que chaque communaut&#233; devra apporter ses propres r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons qu'il semble indispensable ou hautement souhaitable que les transformations individuelles soient bien ant&#233;rieures &#224; l'entr&#233;e &#171; en communaut&#233; &#187;. Cela permet d'&#233;viter de graves difficult&#233;s et surtout de graves malentendus, ce qui pose la question d'une p&#233;riode qui pourrait &#234;tre n&#233;cessaire avant d'int&#233;grer une communaut&#233; (ce que les communaut&#233;s religieuses chr&#233;tiennes ont mise en place avec le &#171; noviciat &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui semble &#233;vident, c'est le besoin d'une organisation quotidienne, d'horaires, de temps d&#233;volus aux diff&#233;rentes t&#226;ches individuelles et collectives. D&#232;s que plusieurs personnes vivent ensemble, il faut un cadre qui naturellement doit rester souple et adaptable, mais il est impossible de vivre sans un minimum de r&#232;gles. Faut-il aller jusqu'&#224; une R&#232;gle, comme dans les monast&#232;res chr&#233;tiens, notamment ? La question est ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la question de l'activit&#233; &#233;conomique doit trouver une r&#233;ponse dans chaque communaut&#233;, surtout lorsqu'il s'agit de la premi&#232;re ! Une certitude ici, il faut refuser le salariat. Pour le reste, cela d&#233;pendra des talents et des capacit&#233;s des membres de la communaut&#233; et de la localisation de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la prise des d&#233;cisions, l&#224; aussi il faut tout inventer, m&#234;me si de nombreuses solutions ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;es par diff&#233;rents groupes et collectifs. La d&#233;cision par consensus, par exemple, est particuli&#232;rement bienvenue dans les groupes qui sont d&#233;j&#224; tr&#232;s soud&#233;s et dont tous les membres partagent les m&#234;mes buts et la m&#234;me inspiration, ce qui sera le cas dans la communaut&#233;. Le d&#233;bat pour parvenir &#224; un consensus, c'est tr&#232;s bien, mais il arrive que l'on doive prendre des d&#233;cisions qui ne font pas l'unanimit&#233; ou dans l'urgence. Et comme le simple vote majoritaire n'a rien d'une panac&#233;e (n'oublions pas que les minorit&#233;s ont souvent raison !), il faut trouver une solution, notamment en cas d'urgence. Il pourrait &#234;tre fait le choix par tous, &#224; l'unanimit&#233;, de confier &#224; telle ou telle personne le soin de trancher telle ou telle question, lorsque le consensus n'aboutit pas. Il pourrait &#233;galement &#234;tre d&#233;cid&#233; de confier, par rotation, &#224; l'une des personnes de la communaut&#233;, un r&#244;le d'arbitrage, dont le r&#244;le serait pr&#233;cis&#233;ment de prendre certaines d&#233;cisions lorsque le consensus n'aboutit pas (donc toujours apr&#232;s d&#233;bat naturellement, et jamais avant !). A ce r&#244;le, faut-il ajouter une &#171; fonction &#187; de chef(fe) d'orchestre, de garant(e) de l'unit&#233; de la communaut&#233; ? L'unit&#233; de la communaut&#233; est en principe d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Mais qui veut faire l'ange peut faire la b&#234;te ! L&#224; encore, la question est ouverte. Mais si tel &#233;tait le cas, il n'est pas question d'introduire une diff&#233;rence de statut et ce r&#244;le ne serait de toute fa&#231;on que temporaire et ceux ou celles qui l'exerceraient seraient choisis par l'ensemble des membres de la communaut&#233; pour une p&#233;riode &#224; d&#233;finir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;La base de la transformation collective&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour le type de communaut&#233; qui la source et la base de toute transformation collective, sociale, politique, &#233;conomique, &#233;cologique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si les communaut&#233;s se multipliaient, elles entretiendraient entre elles des relations de coop&#233;ration &#233;troite, vivant la fraternit&#233; et la solidarit&#233; concr&#232;tement, par l'&#233;change, l'usage collectif des biens quand il est possible, le travail en commun (selon des modalit&#233;s impossibles &#224; anticiper), le partage des fruits du travail, etc. A l'&#233;tage du regroupement de plusieurs communaut&#233;s, la fraternit&#233; et la solidarit&#233; prennent le relais, le soucis des autres, qui sont la concr&#233;tisation de l'amour sur le plan collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lieux de production des biens n&#233;cessaires &#224; tous seront autog&#233;r&#233;s, avec nomination de responsables pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, sans privil&#232;ge aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la monnaie devra &#234;tre r&#233;solue. Faut-il la conserver seulement pour que chacun dispose d'une esp&#232;ce d'allocation universelle (mais avec les difficult&#233;s de la fixation de la valeur des biens) ? Peut-elle dispara&#238;tre au profit d'un syst&#232;me non pas de troc, mais d'apport des productions de toute nature dans des lieux d'&#233;change, avec la possibilit&#233; pour les communaut&#233;s et les personnes individuelles de prendre ce dont elles ont besoin, chacun(e) y trouvant son compte d&#232;s lors qu'elil a contribu&#233; en amont &#224; la production ? La question est ouverte. Le temps de travail n&#233;cessaire sera naturellement consid&#233;rablement r&#233;duit par rapport &#224; ce qui se fait aujourd'hui, l&#224; encore, selon des rythmes qui pourront &#234;tre variables (par jour, par semaine ?). L'essentiel est la disparition de tout parasitisme et l'&#233;galit&#233; totale du partage des t&#226;ches les plus ingrates et des t&#226;ches de production des biens les plus basiques. Il faudra notamment en tenir compte dans le cas des vocations particuli&#232;res, artistiques notamment, r&#233;clamant une excellence qui impose d'y consacrer beaucoup de temps, mais contribuant de mani&#232;re &#233;vidente aussi au bien commun. Peut-&#234;tre faudra-il faire une distinction entre les productions de biens mat&#233;riels et les productions de &#171; biens &#187; culturels (&#224; d&#233;faut d'autre mot pour l'instant). Il faudra peut-&#234;tre aussi exp&#233;rimenter des modes de planification souple (cela pourrait &#234;tre le r&#244;le des institutions politiques qui elles aussi sont totalement &#224; repenser), pour faire correspondre les besoins et les productions, pour &#233;viter les gaspillages et procurer &#224; tous ce qui est n&#233;cessaire et m&#234;me le superflu. Car il ne s'agit pas de cr&#233;er une &#233;conomie de privation, mais au contraire d'abondance, une abondance qui serait grandement facilit&#233;e par la suppression des d&#233;penses li&#233;es &#224; l'&#201;tat, &#224; l'armement, etc. et &#224; celles du capitalisme et de sa concurrence effr&#233;n&#233;e, de sa production de biens soit inutiles, soit faits pour se d&#233;grader tr&#232;s rapidement, et &#224; la disparition, encore une fois, des &#171; besoins &#187; individuels li&#233;s &#224; la n&#233;cessit&#233; de combler un vide int&#233;rieur par une consommation totalement d&#233;r&#233;gl&#233;e. Quoi qu'il en soit, ce ne serait plus une &#233;conomie orient&#233;e vers le profit de quelques uns, mais vers la satisfaction r&#233;elle de tous les besoins de tous. Dans ce domaine, il est difficile, voire m&#234;me p&#233;rilleux d'aller plus loin dans les d&#233;tails, d&#232;s lors que les solutions seront trouv&#233;es en exp&#233;rimentant ensemble, en tenant compte des particularit&#233;s &#171; locales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra inventer aussi de nouvelles fa&#231;on de prendre les d&#233;cisions collectives, c'est-&#224;-dire renouveler totalement le politique en en comprenant la raison d'&#234;tre au-del&#224; de l'int&#233;r&#234;t pratique qui est de permettre de prendre des d&#233;cisions. Dans ce domaine, l'association des communaut&#233;s entra&#238;nerait une transformation totale de la politique aboutissant &#224; une d&#233;mocratie directe dans le cadre de &#034;pays&#034; ou de &#034;nations&#034; de petite superficie, identifi&#233;s par la langue, la g&#233;ographie, le sol, le climat, ayant une personnalit&#233; propre. Chaque communaut&#233; participera, par l'interm&#233;diaire de l'un de ses membres (&#224; tour de r&#244;le), &#224; des assembl&#233;es groupant toutes les communaut&#233;s de la &#034;r&#233;gion&#034;, prenant les d&#233;cisions ensemble, avec des modalit&#233;s qu'il serait absurde de vouloir d&#233;finir de mani&#232;re trop pr&#233;cise sans risquer de tomber dans la science-fiction, ce d'autant plus qu'il peut y avoir diff&#233;rentes applications des principes essentiels. Ici, il peut y avoir des points communs avec les id&#233;es de f&#233;d&#233;ralisme d&#233;velopp&#233;es notamment par les anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura aussi forc&#233;ment des transformations consid&#233;rables de la culture, du secteur de l'information, de la connaissance, des sciences, transformations qu'il est impossible d'imaginer, car trop loin de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, si les communaut&#233;s se rejoignaient, elles formeraient un Tout, une immense et unanime Communion. Mais qu'il n'y ait pas d'ambigu&#239;t&#233; ni de malentendu. Cette communion ne signifie pas un monde de bisounours dans lequel les conflits, les difficult&#233;s, les divergences dispara&#238;traient, comme par magie, mais cela ne d&#233;boucherait jamais sur des violences et ce serait au contraire stimulant et pousserait &#224; accro&#238;tre la collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'unit&#233; d'inspiration et de but ne signifie nullement un nivellement et une disparition de l'individualit&#233;, de la diversit&#233;, au contraire. Il est par exemple parfaitement concevable d'imaginer que des personnes pratiquent un &#171; nomadisme &#187; perp&#233;tuel, sans aucune int&#233;gration permanente dans une communaut&#233;, ou que des communaut&#233;s de &#171; nomades &#187; se forment. Bref, tout est possible, tout est sain et saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pr&#233;cis&#233;ment, l'on pourrait objecter ici qu'il faut &#234;tre des saints pour vivre &#231;a ! (Comme le disait Rousseau &#224; propos de la vraie d&#233;mocratie !). Oui, c'est vrai, il faut &#234;tre des saints. Mais on a une image fausse de la saintet&#233; ! Ce qui compte c'est de commencer, d'essayer. C'est un chemin sur lequel on tente de marcher, et on doit et peut le faire ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout ceci para&#238;tra forc&#233;ment na&#239;f, chim&#233;rique, totalement irr&#233;aliste, utopique au mauvais sens du terme... aux gens s&#233;rieux et comp&#233;tents, ceux qui penseront que tout &#231;a repose sur un m&#233;pris ou une m&#233;connaissance de la complexit&#233; du monde et sur une illusion totale sur la &#034;nature humaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela, il faut r&#233;pondre que ce serait totalement irr&#233;aliste et chim&#233;rique si tout ne reposait pas sur les transformations individuelles. Le monde est tel qu'il est, non pas parce qu'il y a une &#034;nature humaine&#034;, ou une fatalit&#233;, ou un encha&#238;nement inexorable de causes mat&#233;rielles ou &#233;conomiques, mais parce que ce monde (auquel en d&#233;finitive sont tant attach&#233;s ceux qui nous traitent de na&#239;fs) repose sur chacun(e) de nous, non pas seulement parce que nous avons &#233;t&#233; conditionn&#233;s mais surtout parce que nous nous complaisons dans cette situation qui, au moins dans l'imm&#233;diat, nous arrange. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que ce monde repose sur chacun de nous que pour esp&#233;rer pouvoir le changer il faut se changer soi-m&#234;me, ce qui implique aussi, contrairement &#224; nos censeurs, de prendre au s&#233;rieux une id&#233;e comme la &#034;libert&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que ce changement a eu lieu (au moins suffisamment, car cette d&#233;marche se poursuit tout au long de la vie), plus rien ne para&#238;t &#171; na&#239;f &#187;, parce que de tr&#232;s nombreux probl&#232;mes, qu'ils soient &#233;conomiques, politiques, juridiques, etc., se r&#233;v&#232;lent n'&#234;tre que des faux probl&#232;mes et disparaissent l&#224; encore parce qu'ils sont directement reli&#233;s au monde tel qu'il est et donc &#224; nos mondes int&#233;rieurs, gangr&#233;n&#233;s et pourris par la volont&#233; de puissance, l'orgueil, la recherche &#233;perdue du pr&#233;tendu bonheur. Aussi, et pour arr&#234;ter l&#224;, &#224; ceux qui nous traitent de na&#239;fs et de chim&#233;riques, je serais tent&#233; de leur r&#233;pondre qu'ils devraient commencer par se transformer (ou se laisser transformer plus exactement) et l'on en discutera apr&#232;s. De toute fa&#231;on, c'est &#231;a ou la continuation du chaos actuel, de la barbarie, du primitivisme, de l'absence totale d'esp&#233;rance et de sens et enfin de la tr&#232;s probable catastrophe &#233;cologique (et cela malgr&#233; ou ind&#233;pendamment, comme dit pr&#233;c&#233;demment, de l'existence de personnes, de groupes ou de r&#233;alisations admirables, mais qui ne changent rien &#224; la situation globale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'ils se rassurent nos censeurs, nous ne nous faisons aucune illusion. Raisonnablement, il n'y a aucune chance que tout ce qui pr&#233;c&#232;de se r&#233;alise. Tout semble l'indiquer. Parce que personne n'en veut. Et j'insiste sur le verbe vouloir. Mais nous devons quand m&#234;me tenter de le proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on vient de redire qu'il existe des personnes et des groupes dont les r&#233;alisations sont admirables mais qui ne changent malheureusement rien &#224; la situation g&#233;n&#233;rale. C'est l'occasion de parler plus pr&#233;cis&#233;ment de certains collectifs, comme Longo Ma&#239;, ou Findhorn en Ecosse, de certaines exp&#233;riences v&#233;cues par exemple &#224; Notre Dame des Landes par les opposants &#224; l'a&#233;roport, qui ont mis en place un partage &#233;conomique et d&#233;couvert semble-t-il l'importance de la communaut&#233;, du commun, de la mise en commun, et qui, m&#234;me sans r&#233;f&#233;rence &#224; Dieu ou &#224; une transcendance telle que nous l'avons &#233;voqu&#233;e, arrivent &#224; collaborer, &#224; partager, &#224; cr&#233;er ensemble et l'on ne peut qu'&#234;tre admiratif de leur r&#233;alisation. L'on peut d'ailleurs penser que ces collectifs (qui se consid&#232;rent pour certains comme des communaut&#233;s) peuvent exister et tenir dans la dur&#233;e malgr&#233; l'absence de toute r&#233;f&#233;rence &#171; religieuse &#187; parce qu'ils ont trouv&#233; un ciment intellectuel, artistique, id&#233;ologique, politique, &#233;conomique, etc., suffisamment puissant qui &#171; transcende &#187;, rassemble et unit les personnes au-del&#224; de leurs diff&#233;rences (ce qui correspond bien &#224; une forme de &#171; transcendance &#187;). Malheureusement, ces tentatives s'accompagnent toujours du maintien de pans entiers du monde tel qu'il est, ce qui ne peut qu'aboutir &#224; une impasse. Soit les relations interpersonnelles restent tr&#232;s conventionnelles, centr&#233;es sur le couple et la famille, soit il n'y a pas de prise en compte des autres &#234;tres vivants et par exemple, la consommation de viande ou l'&#233;levage sont pr&#233;sents, soit il n'y a aucune dimension politique, soit enfin ces groupes ont besoin pour vivre du soutien de gens qui continuent &#224; participer au monde et qui le font tourner. En d&#233;finitive, il manque toujours la globalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui sait, n'assiste-t-on pas &#224; l'apparition de quelque chose, notamment avec des luttes comme celles du soul&#232;vement de la Terre, o&#249; semble se faire jour l'id&#233;e d'une construction d'autre chose, par la base ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, soyons clairs ou tentons de l'&#234;tre. Si ce qui pr&#233;c&#232;de, &lt;strong&gt;tout ce qui pr&#233;c&#232;de &lt;/strong&gt; (y compris sur le plan relationnel), &#233;tait v&#233;cu en dehors de toute Transcendance ; si quelque part, il existait un groupe, un mouvement, vivant tout cela sans aucune r&#233;f&#233;rence explicite ou implicite &#224; une Transcendance telle que nous l'avons &#171; d&#233;finie &#187; plus haut, alors nous pourrions peut-&#234;tre y renoncer (ou le mettre entre parenth&#232;se). Et nous rejoindrions ce groupe ou ce mouvement dans l'heure qui suit sa d&#233;couverte. &lt;strong&gt;Nous n'avons aucune pr&#233;tention &#224; l'exclusivit&#233; ni &#224; la primeur de la vraie r&#233;volution ! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce terme de pr&#233;humanit&#233; r&#233;sume &#224; lui seul l'id&#233;e que l'humanit&#233; n'est pas encore, et que nous sommes encore dans la pr&#233;histoire, et ce depuis le n&#233;olithique o&#249; tout ce que nous vivons aujourd'hui &#233;tait d&#233;j&#224; en germe. Et cela ne met nullement en cause l'existence de gens et de groupes admirables de sinc&#233;rit&#233;, d'engagement, d'altruisme, ou de r&#233;alisations magnifiques, notamment sur le plan artistique ou scientifique, qui malheureusement ne changent rien &#224; la situation globale, voir pire nous permettent de la supporter, notamment lorsque ces r&#233;alisations et ces personnes sont pr&#233;sent&#233;es comme la preuve de l'&#233;volution possible de ce monde et de ce que &#171; tout n'est pas pourri &#187;. Certains ne sont pas dupes, mais ils sont rares.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il va de soi qu'il faut arr&#234;ter toute exploitation et domination des animaux, donc supprimer toute consommation de viande, de poisson, de fruits de mer, mais aussi du fromage et de tous les produits laitiers (la mise &#224; mort des petits veaux, agneaux, etc. est n&#233;cessaire &#224; la lactation !)... Ce qui implique aussi l'arr&#234;t l'exp&#233;rimentation sur les animaux, de la chasse, de la tauromachie... La liste est si longue que chacun compl&#232;tera.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se pourrait-il qu'il y ait actuellement un &#034;fr&#233;missement&#034;, notamment avec la lutte contre le saccage de la Terre qui semble vouloir prendre un aspect global ? Mais est-ce que cela d&#233;bouchera sur quelque chose, il est encore trop t&#244;t pour le dire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Apr&#232;s tout, l'expression de Saint Jean de la Croix est expressive, &#224; condition d'&#233;carter (presque) tout le dogme catholique et les cat&#233;gories artificielles de l'ascension &#171; mystique &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela para&#238;t parfaitement possible, m&#234;me dans un contexte d&#233;favorable tel que celui des Eglises (au sens tr&#232;s large) et des grands monoth&#233;ismes, ou m&#234;me celui de certaines religions hindouistes ou autres. Et c'est d'autant plus tragique parce que cette relation ne peut donner tous ses fruits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me remarque que ci-dessus sur l'emploie du verbe falloir et sur le devoir qu'il implique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut lire ou relire &#224; ce sujet Michel Foucault dans Les aveux de la chair, livre absolument remarquable et impressionnant par le travail qu'il a suppos&#233;, et qui donne la naus&#233;e sur le primitivisme de ces auteurs des premiers si&#232;cles du christianisme, primitivisme dissimul&#233; derri&#232;re une pseudo th&#233;ologie dont l'unique but est de parvenir &#224; justifier l'a priori extr&#234;mement d&#233;favorable sur le sexe et la sexualit&#233; qui existait donc d&#233;j&#224; et que, comme par hasard, on fait semblant de trouver &#224; l'issue d'une interpr&#233;tation totalement tir&#233;e par les cheveux des textes bibliques, textes que l'on a d'ailleurs au pr&#233;alable choisis en &#233;cartant ceux qui ne cadraient pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loi sur le s&#233;paratisme r&#233;cemment adopt&#233;e, dont chacun peut d&#233;sormais voir les d&#233;g&#226;ts en tous genres, y compris sur le financement des associations !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La m&#233;saventure spirituelle</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/La-mesaventure-spirituelle.html</link>
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		<dc:date>2022-11-06T09:46:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>Dieu</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il faut ici essayer d'&#233;voquer le centre et le c&#339;ur de tout le reste, ce qui en est le point de d&#233;part : la d&#233;marche spirituelle (que l'on devrait qualifier de &#171; m&#233;saventure spirituelle &#187; tellement elle pr&#234;te &#224; confusion et tellement elle nous malm&#232;ne). Supposons un instant que ces lignes soient lues par quelqu'un qui s'est engag&#233; dans cette d&#233;marche. Que lui dire ? Comment le dire ? Il fait peut-&#234;tre partie de ces gens que le mot Dieu h&#233;risse et rebute, pour les raisons &#233;voqu&#233;es d&#233;j&#224; ailleurs. Le lecteur de (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut ici essayer d'&#233;voquer le centre et le c&#339;ur de tout le reste, ce qui en est le point de d&#233;part : la d&#233;marche spirituelle (que l'on devrait qualifier de &#171; m&#233;saventure spirituelle &#187; tellement elle pr&#234;te &#224; confusion et tellement elle nous malm&#232;ne).&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons un instant que ces lignes soient lues par quelqu'un qui s'est engag&#233; dans cette d&#233;marche. Que lui dire ? Comment le dire ? Il fait peut-&#234;tre partie de ces gens que le mot Dieu h&#233;risse et rebute, pour les raisons &#233;voqu&#233;es d&#233;j&#224; ailleurs. Le lecteur de ces lignes sera peut-&#234;tre &#171; entre deux mondes &#187;. Mal &#224; l'aise dans sa peau, refusant le jeu social, vaguement r&#233;solu &#224; changer de vie, mais n'ayant jamais largu&#233; les amarres. C'est sans doute lui qui a le plus besoin d'un coup de pouce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques pistes comme autant de signes de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il est ici question de &#171; la &#187; d&#233;marche spirituelle &#187;. D&#233;j&#224;, cela pose un premier probl&#232;me qui risque de f&#226;cher ! Nous avons l'air de supposer qu'il n'y a qu'une d&#233;marche spirituelle. Et bien oui, il ne peut y avoir cinquante d&#233;marches spirituelles ! Cette &#034;unicit&#233;&#034; de la d&#233;marche spirituelle tient &#224; son &#034;objet&#034;, &#224; sa &#034;fin&#034; ou &#224; son &#034;but&#034;, comme l'on voudra, qui est l'Absolu, la Transcendance, Dieu, l'Etre, quel que soit le nom qu'on lui donne. L'on peut soutenir qu'il n'existe rien de tel (que c'est une illusion, une projection de notre esprit, etc.), mais si Dieu existe, nom de Dieu, il n'y en a qu'un ! Si l'on voulait qu'il y ait une multitude de &#171; d&#233;marche spirituelle &#187;, il faudrait concevoir qu'il y ait une multitude de &#171; petits absolus &#187;, de &#171; petits dieux &#187;, nous laissant tous et chacun dans nos &#238;lots, soit bien confortablement install&#233;s, soit souffrant abominablement dans des mortifications aussi vaines qu'absurdes, soit encore se dopant le cerveau &#224; coup de d&#233;lires intellectualistes, de &#171; gnoses &#187; et autres traditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant (&lt;i&gt;et ceci est fondamental&lt;/i&gt;) chacun a une perception et une mani&#232;re de vivre cette d&#233;marche qui lui sont sp&#233;cifiques, uniques, propres, pr&#233;cis&#233;ment li&#233;es au fait que chaque personne est unique, m&#234;me s'il y a quelque chose de commun &#224; tous ceux qui la vivent ou l'ont v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'on parle ici de &#034;d&#233;marche&#034; ou d'&#034;&#233;volution&#034;. Il s'agit donc d'un mouvement, d'un processus qui se poursuit, se continue, se prolonge sans n&#233;cessairement un terme particulier, ou un seuil d&#233;cisif. L&#224; encore, il peut y avoir des mani&#232;res particuli&#232;res de le percevoir et de le vivre. Certains peuvent le vivre comme permettant de d&#233;boucher sur le sommet d'une montagne, comme un point d'arriv&#233;e, mais surtout comme un point de d&#233;part tr&#232;s net (car il faut descendre du sommet et rejoindre la vall&#233;e et les Autres !) ; d'autres pourront continuer &#224; marcher sans coupure nette et d&#233;cisive. Peu importe, l'essentiel est de se mettre en route et de ne plus s'arr&#234;ter. Dans tous les cas, et peu importe &#224; quel moment cela se produit, peu importe l'impression que l'on en retire, il y a une conversion de toute la personne qui se d&#233;pouille du &#171; vieil homme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de d&#233;part, il y a l'angoisse qui exprime les incertitudes et le trouble de la personne humaine toute enti&#232;re face aux r&#233;alit&#233;s d&#233;routantes qui l'assi&#232;gent et dont elle-m&#234;me est p&#233;trie. C'est d'abord le myst&#232;re global et opaque des gens, des choses, des &#233;v&#233;nements&#8230; et celui de Dieu. Confront&#233;es &#224; cet ab&#238;me, les tares et les insuffisance de notre nature : douleur physique, souffrance morale, fa&#231;onnement psychique, limites universelles de l'ignorance, de l'impuissance, de la solitude qui caract&#233;risent l'herm&#233;ticit&#233; et la finitude de l'&#234;tre humain ; enfin, la mort et l'&#233;nigme de la survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres calamit&#233;s, qui ne semblent pas inh&#233;rentes &#224; notre condition, ne s'en imposent pas moins avec insistance et brutalit&#233;. Ce sont les crimes individuels, physiques ou psychologiques, violents ou insidieux, anonymes ou commis &#224; petit feu par l'entourage, dus &#224; la haine, &#224; la cupidit&#233; ou &#224; l'indiff&#233;rence. Puis les fl&#233;aux collectifs, tels que la guerre et la faim, l'abrutissement et la d&#233;shumanisation sous toutes leurs formes : oppression politique ou sociale, violences des polices et injustices des Justices, esclavage et mis&#232;re &#233;conomiques, manipulation id&#233;ologiques ou religieuse. L'on peut y ajouter le massacre de la Terre, du vivant, la catastrophe climatique qui s'annonce... Tout ceci ne doit pas &#234;tre &#233;vacu&#233;. Ce serait un crime contre notre humanit&#233; naissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car aussi p&#233;nible soit-elle, cette angoisse est &#171; naturelle &#187;, au sens exact et profond de ce terme, c'est-&#224;-dire qu'elle traduit la r&#233;action saine, vraie, spontan&#233;e, normale de la personne humaine devant une situation dramatique o&#249; elle est enti&#232;rement plong&#233;e. Secousse fondamentale qui pourrait &#234;tre le commencement et le perp&#233;tuel renouvellement de notre sagesse et de notre salut, si nous savions l'accepter, la prolonger et l'exploiter. Son bon usage est indispensable, car elle est le moteur de l'&#233;volution spirituelle et son fil d'Ariane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on nous la vole. D&#232;s que l'&#226;ge, d&#232;s qu'un minimum d'exp&#233;rience et de r&#233;flexion la font surgir dans notre conscience, elle est impitoyablement bannie et jugul&#233;e par un gigantesque syst&#232;me de d&#233;fense collective : la &#171; soci&#233;t&#233; &#187;. Celle-ci peut compter sur notre participation &#224; cette &#339;uvre de jugulation de l'angoisse ; elle nous enveloppe dans un cocon protecteur, nous coupe en tron&#231;on divis&#233;s contre eux-m&#234;mes et nous d&#233;tourne de l'essentiel en construisant en nous un univers d'illusions anesth&#233;siantes, une immense toile bien ordonn&#233;e o&#249; nous serons trop heureux de venir nous faire pi&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, si nous acceptons de nous laisser guider par l'angoisse, commence alors un travail de sape ; tout s'effrite en nous et autour de nous, tout nous quitte sans qu'aucune planche de salut nous soit offerte, sans que rien vienne combler le gouffre b&#233;ant qui s'ouvre sous nos pas, la solitude extr&#234;me o&#249; nous avons l'impression d'&#234;tre &#233;gar&#233;s, abandonn&#233;s, priv&#233;s de toute main secourable. C'est une &#233;preuve par le feu qui consume notre univers mental. C'est une phase de compl&#232;te d&#233;r&#233;liction o&#249; sombre l'int&#233;r&#234;t que nous portions &#224; tant de bouche-trous, relations, affaires pressantes et consid&#233;rables, activit&#233;s &#171; culturelles &#187;, etc., dont le gonflement, l'artifice et l'inanit&#233; nous frappent soudain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;pouillement, in&#233;vitable et douloureux, reste accessible &#224; tous. Il n'exige aucune prouesse fantastique, aucune action d'&#233;clat, aucune vertu singuli&#232;re. Il ne suppose ni talents particulier, ni retraite &#224; l'&#233;cart du monde, ni mac&#233;rations bizarres, ni instruction ni culture sup&#233;rieures, ni loisirs prolong&#233;s, ni travaux d'Hercule : rien qui d&#233;passe les forces communes. Nous n'avons que faire de conseillers, de traditions &#233;sot&#233;riques ou de recettes de cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, en quoi consiste-t-elle, cette fameuse d&#233;marches ? Ou, pour reprendre une interrogation maintes fois entendues, que faut-il faire ? C'est mal poser la question. Car le probl&#232;me est justement de ne pas faire, de s'abstenir, ou mieux, de se laisser faire, de se laisser conduire. Les hommes d&#233;ploient des efforts prodigieux pour se maintenir &#224; la surface de leur angoisse. Or il faut se laisser couler &#224; pic, mais en gardant les yeux ouverts et en favorisant la p&#233;n&#233;tration. Car nous devons concourir avec lucidit&#233; aux initiatives de Celui qui dirige l'op&#233;ration, manifester une g&#233;n&#233;reuse et confiante passivit&#233; entre les mains du plus intime et du plus adroit des chirurgiens. Il ne s'agit pas d'un examen intellectuel, objectif et g&#233;n&#233;ral, bien que l'intelligence, guid&#233;e par le chirurgien, y participe comme toutes les autres facult&#233;s. Il s'agit plut&#244;t d'une chasse aux formes particuli&#232;res que rev&#234;tent en nous le rationalisme, la volont&#233; de puissance et la recherche du &#171; bonheur &#187;, ces tares et ces attitudes existentielles qui sont incrust&#233;es en nous depuis notre naissance, qui nous empoisonnent, nous enferment et contaminent le monde autour de nous en rejaillissant sur nos relations, notre compr&#233;hension du monde, notre attitude face &#224; la vie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette d&#233;marche, de cette &#171; conversion &#187;, peut se vivre cette rencontre, progressive ou soudaine, avec le fond de nous-m&#234;mes, ce fond qui est plus que nous-m&#234;mes. Et cela permet ensuite de fonder un rassemblement de tous ceux qui vivent cette d&#233;marche, dans le but de transformer vraiment le monde. Car en effet, que serait une d&#233;marche spirituelle qui nous laisserait continuer notre petit jeu social, qui laisserait intact le monde ? Une foutaise, un simulacre, un truc pour bobos, pour planer et se faire jouir en solitaire, &#224; deux ou en groupe. La d&#233;marche spirituelle doit et peut transformer le monde, essentiellement parce qu'elle commence par une remise en cause des fondements m&#234;mes de ce monde !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la n&#233;cessit&#233; de relier transformation radicale et transcendance</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/De-la-dissipation-necessaire-d-un.html</link>
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		<dc:date>2020-05-23T14:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;ologie de la r&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dieu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Essayons de clarifier ce qui relie transformation radicale et transcendance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des gens de tous bords, de toutes origines, qu'ils soient croyants ou ath&#233;es, semblent d'accord sur la n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale, g&#233;n&#233;rale et globale des pseudo-soci&#233;t&#233;s dans lesquelles nous croupissons (et c'est &#224; eux en priorit&#233; que s'adresse ce texte, m&#234;me si ceux qui n'avaient pas envisag&#233; cette n&#233;cessit&#233; pourront &#233;galement le lire, notamment ceux qui pensent que l'humanit&#233; a toujours trouv&#233; des solutions aux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Dieu-et-critique-radicale-+.html" rel="tag"&gt;Dieu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Essayons de clarifier ce qui relie &lt;strong&gt;transformation radicale et transcendance&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gens de tous bords, de toutes origines, qu'ils soient croyants ou ath&#233;es, semblent d'accord sur la n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale, g&#233;n&#233;rale et globale des pseudo-soci&#233;t&#233;s dans lesquelles nous croupissons (et c'est &#224; eux en priorit&#233; que s'adresse ce texte, m&#234;me si ceux qui n'avaient pas envisag&#233; cette n&#233;cessit&#233; pourront &#233;galement le lire, notamment ceux qui pensent que l'humanit&#233; a toujours trouv&#233; des solutions aux probl&#232;mes et que le niveau de vie a globalement augment&#233;, que la faim dans le monde a r&#233;gress&#233;, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cet accord n'a rien d'&#233;vident. D&#232;s que l'on cherche &#224; s'entendre sur le sens &#224; donner &#224; l'expression &#171; transformation radicale &#187;, d&#232;s que l'on souhaite aller au-del&#224; des bonnes paroles et des incantations (libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233;, par exemple, ou encore Justice, socialit&#233;, pr&#233;servation de l'environnement, etc.), les difficult&#233;s commencent. Et si l'on s'int&#233;resse au caract&#232;re global de la transformation n&#233;cessaire, les choses deviennent encore plus compliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demandez &#224; plusieurs de ces &#034;r&#233;volutionnaires&#034; si la dimension relationnelle, affective et sexuelle doit &#234;tre transform&#233;e. Vous serez surpris des r&#233;ponses. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, comment ne pas voir les liens &#233;troits entre &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Et-si-l-on-faisait-un-voeu.html' class='spip_in'&gt;famille et Etat, entre famille et capitalisme !&lt;/a&gt; Pour parler de transformation radicale, ne faut-il pas mettre en cause l'appropriation des personnes ? Ne faut-il pas proposer de d&#233;passer le couple exclusif (qu'il soit homosexuel ou h&#233;t&#233;rosexuel) et la famille traditionnelle, modifier la parentalit&#233; et la sexualit&#233;, sans pour autant tomber dans la futilit&#233;, la consommation et les relations jetables ? Ne faut-il pas arriver &#224; d&#233;passer la diff&#233;rence physiologique entre les &#034;hommes&#034; et les &#034;femmes&#034;, m&#234;me quand cette diff&#233;rence est pr&#233;sent&#233;e comme une compl&#233;mentarit&#233; et non comme une rivalit&#233; ou une source d'in&#233;galit&#233; ? Ne faut-il pas &#233;galement comprendre (et le vivre) que chacun d'entre nous est &#224; la fois homme et femme, dans des proportions variables et diff&#233;rentes, ce qui modifie radicalement, entre autres, la parentalit&#233; et renvoie &#224; la pr&#233;histoire les lamentables vocif&#233;rations des &#034;tradi&#034; et autres &#034;manifestants pour tous&#034;, mais aussi les appels &#224; la morale de certains &#034;gens de gauche&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine du rapport aux animaux et &#224; la &#171; nature &#187;, les r&#233;ponses de nos soi-disant r&#233;volutionnaires peuvent aussi &#234;tre surprenantes. Pourtant, pour parler de transformation radicale, ne faut-il pas &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; cesser de manger de la viande et de tuer des milliards d'animaux pour notre bon plaisir, nos v&#234;tements, notre sant&#233; ? Ne faut-il pas de toute urgence arr&#234;ter le massacre quotidien des autres &#234;tres vivants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on peut oser esp&#233;rer que tout le monde est d'accord sur la condamnation totale de l'Etat et du capitalisme, du salariat, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Supposons acquise la n&#233;cessit&#233; d'une transformation radicale.&lt;/strong&gt; Que construire &#224; la place ? Si l'on veut mettre en place une v&#233;ritable d&#233;mocratie et (re)mettre &#224; sa place l'&#233;conomie, ne faut-il pas au pr&#233;alable que soient transform&#233;es totalement les mentalit&#233;s, ne faut-il pas renoncer au pouvoir, &#224; la domination, &#224; la comp&#233;tition, &#224; l'appropriation ? Cela supposerait donc de parvenir &#224; un accord sur l'id&#233;e fondamentale selon laquelle aucune &#233;volution collective n'est possible sans &#233;volutions personnelles et individuelles pr&#233;alables ou au moins concomitantes. Or, il ne manquera pas de bons ap&#244;tres du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; qui diront que c'est illusoire parce que l'homme est d&#233;termin&#233; par le social et que la libert&#233; est un leurre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='La sociologie bourdieusienne est, malgr&#233; ses apparences progressistes, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or sans libert&#233;, pas de changement personnel possible...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore, supposons un accord sur le lien entre &#233;volution personnelle et &#233;volution collective. Que construire &#224; la place de l'Etat et du capitalisme ? Le f&#233;d&#233;ralisme, l'autogestion ? Le communisme sans passer par la dictature du prol&#233;tariat ? Une forme tout &#224; fait nouvelle d'organisation collective ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question : cette transformation doit-elle &#234;tre le fruit de la violence arm&#233;e ou de la non-violence ? De la prise du pouvoir ou de la renonciation &#224; tout pouvoir ? Faut-il prendre d'abord le contr&#244;le de l'Etat ou renoncer d&#232;s le d&#233;part &#224; cette forme de vie politique h&#233;rit&#233;e d'un pass&#233; terrifiant ? Faut-il un mouvement unitaire ou des initiatives isol&#233;es qui finiront bien par converger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il besoin de continuer ? L'on voit en d&#233;finitive que pour parvenir &#224; r&#233;pondre &#224; ces questions, il faudrait un accord fondamental sur l'existence de quelque chose d'absolument commun &#224; tous. Pour parvenir &#224; un accord sur les finalit&#233;s, il faut une r&#233;f&#233;rence &#224; une Transcendance, &#224; quelque chose d'universel, de valable pour tous. Autrement dit, &lt;strong&gt;transformation radicale et transcendance&lt;/strong&gt; sont ins&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, selon la vulgate rationaliste, il ne peut y avoir de transcendance. Dieu est mort, les grandes id&#233;ologies aussi. Pire, toute Transcendance est vue par la plupart des gens comme une menace, une atteinte &#224; la libert&#233;, une limitation du libre examen, une ali&#233;nation (l'opium du peuple&#8230;). Elle supposerait l'existence d'une nature humaine dont on serait forc&#233;ment prisonnier, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces m&#234;mes ap&#244;tres du rationalisme refusent de voir que ce que l'on a sous les yeux, et qui est directement le r&#233;sultat de l'&#233;vacuation de toute transcendance, ne vaut pas mieux : ali&#233;nation, atteintes aux libert&#233;s, m&#233;pris de la vie humaine et des individus, reproduction sans fin du syst&#232;me social par le conditionnement, esclavage moderne&#8230; le tout composant une synth&#232;se abominable et bancale du 1984 d'Orwell et du Meilleur des monde de Huxley. Au fond, l'&#233;vacuation de toute Transcendance a accouch&#233; du monde &#224; propos duquel l'on s'est accord&#233; pour dire qu'il &#233;tait insupportable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a eu dans le pass&#233; des r&#233;f&#233;rences &#224; une Transcendance qui ont abouti &#224; un monde tout aussi effroyable, &#224; des atrocit&#233;s sans nom. Et cela continue aujourd'hui dans certaines r&#233;gions du monde. L'horrible patriarche de l'&#233;glise orthodoxe russe nous en a fourni un exemple tout r&#233;cent. Mais qui en est responsable ? La Transcendance ou les hommes qui s'en sont empar&#233;s &#224; des fins de domination ? Ici, les antith&#233;istes, ceux qui sortent leur revolver d&#232;s qu'ils entendent le mot Dieu, sont d'une particuli&#232;re mauvaise foi parce qu'ils refusent de voir qu'il y a des &#171; croyants &#187; qui refusent la domination et l'exploitation des autres, qui &#339;uvrent au contraire pour leur disparition. Or, l'existence de ces croyants l&#224; d&#233;montre que le probl&#232;me ne vient pas de la Transcendance mais des hommes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, le monde tel qu'il est. De l'autre une impossibilit&#233; de parvenir &#224; un accord sur la mani&#232;re de le changer en l'absence d'une Transcendance. J'aimerais tant me tromper sur ce point. J'aimerais que les faits me d&#233;mentent, qu'il y ait un regroupement des initiatives locales, que tous ceux qui entrevoient des solutions se mettent d'accord pour travailler ensemble, que se construisent une r&#233;elle alternative, coordonn&#233;e, unifi&#233;e, unie au moins sur des grands principes, que les &#034;alternatifs&#034;, &#034;rebelles&#034;, &#034;r&#233;sistants&#034;, &#034;radicaux&#034;, anarchistes, etc. travaillent ensemble et construisent r&#233;ellement autre chose. Mais pour l'instant, je ne vois rien. Ou alors que des initiatives isol&#233;es, certes toutes int&#233;ressantes, mais parcellaires, sans accord sur les finalit&#233;s, sans aucune concr&#233;tisation commune, sans programme commun. A tel point que l'on peut s'interroger : y a-t-il vraiment une volont&#233; de construire autre chose, pourquoi en est-on l&#224;, que se passe-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en reste l&#224;, rien ne changera. Comme les personnages &#224; la fin de la pi&#232;ce de Sartre &#171; Huis clos &#187;, nous sommes condamn&#233;s &#224; dire &#171; Et bien continuons &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La sociologie bourdieusienne est, malgr&#233; ses apparences progressistes, typique de ce cercle vicieux inextricable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et si l'on r&#233;fl&#233;chissait aux liens entre capitalisme et la famille, base de la soci&#233;t&#233;</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/Et-si-l-on-faisait-un-voeu.html</link>
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		<dc:date>2020-04-13T13:45:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>Genre, sexualit&#233;(s) et autres</dc:subject>
		<dc:subject>Communaut&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'on profitait vraiment de la crise actuelle et du confinement pour se poser enfin les bonnes questions.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Pourquoi-la-communaute-.html" rel="directory"&gt;Pourquoi la communaut&#233; ? &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Genre-sexualite-s-et-autres-+.html" rel="tag"&gt;Genre, sexualit&#233;(s) et autres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Communaute-+.html" rel="tag"&gt;Communaut&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et si l'on faisait un v&#339;u ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on profitait vraiment de la crise actuelle et du confinement pour se poser enfin les bonnes questions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si on d&#233;cidait de donner ensemble un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; ces bonnes questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde va mal, c'est une &#233;vidence (et l'&#233;pid&#233;mie du covid-19 peut &#234;tre vue comme un &lt;i&gt;symbole&lt;/i&gt; d'un mal plus g&#233;n&#233;ral). Je n'insiste pas ici. Mais ce qui est moins &#233;vident, manifestement, c'est la nature exacte du mal et le fait que trop souvent on ne voit pas que tout est li&#233;, reli&#233;, interconnect&#233;. Je vais prendre un exemple caract&#233;ristique de ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde (ou presque) est d'accord pour d&#233;noncer le capitalisme et ses ravages. Pourtant, le capitalisme est directement li&#233; aux Etats qui le prot&#232;gent, l'organisent, le r&#233;gulent et m&#234;me le l&#233;gitiment. Moins nombreux sont d&#233;j&#224; ceux qui commencent &#224; comprendre que l'Etat en lui-m&#234;me est une aberration monstrueuse dont il faut se d&#233;barrasser et qu'il faut chercher d'autres solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, personne (ou presque) ne veut voir que les modes de vie affectifs et sexuels (couple, mariage, parentalit&#233;), sont directement reli&#233;s au capitalisme et &#224; l'Etat. La famille &#171; nucl&#233;aire &#187; est du pain b&#233;ni pour le capitalisme (chacune son frigo, son auto, sa machine &#224; laver, etc.). De m&#234;me, comment ne pas voir que partout, &#224; des degr&#233;s divers, l'accent est mis sur la diff&#233;rence entre les hommes et les femmes, ce qui entra&#238;ne des r&#244;les, des attitudes, des comportements, des mentalit&#233;s attribu&#233;s &#224; l'un et pas &#224; l'autre, et provoque in&#233;vitablement, du fait la domination des &#171; hommes &#187;, des in&#233;galit&#233;s entre les hommes et les femmes, des violences, principalement sur les femmes, et toute une s&#233;rie de crimes monstrueux commis au nom d'une conception arri&#233;r&#233;e du genre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ne pas voir que dans le monde entier, de la Chine &#224; l'Argentine, de la Russie &#224; l'Arabie Saoudite, de l'Europe &#224; l'Am&#233;rique du Nord, la famille nucl&#233;aire, le couple (h&#233;t&#233;rosexuel de pr&#233;f&#233;rence, m&#234;me si le couple homosexuel est admis ici ou l&#224;), avec l'appropriation des enfants, est une mod&#232;le universel, partout prot&#233;g&#233; et encens&#233; par les &#201;tats, partout d&#233;fendu par les &#171; religieux &#187;, intellectuels, juristes, politiques ? La concordance et la permanence de ces faits devraient interroger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la famille &lt;i&gt;telle qu'elle est v&#233;cue&lt;/i&gt; est bien l'unit&#233; de base de la &#171; soci&#233;t&#233; &#187; telle qu'elle est ! Et puisque le monde va si mal, la famille, base du monde tel qu'il est, y est certainement pour quelque chose ! Comment ne pas comprendre une telle &#233;vidence ! Serait-ce pr&#233;cis&#233;ment en raison du r&#244;le jou&#233; par la &#034;famille&#034; qui est de nous fermer les yeux sur ce genre d'&#233;vidences ? Serait-ce aussi en raison de ce qu'elle vise et parvient &#224; reproduire &#224; l'infini, &#224; l'identique ou presque, le monde tel qu'il est ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison toute simple, mais tr&#232;s d&#233;rangeante, que tout changement radical doit s'accompagner d'une remise en cause totale des soi-disant &#171; inclinations naturelles &#187; nous poussant &#224; reproduire ind&#233;finiment les m&#234;mes mod&#232;les familiaux, affectifs, sexuels et de genre. Banalit&#233;s que tout cela. Et pourtant il semble qu'il faille y revenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique une refonte totale du regard sur le genre, la sexualit&#233;, les relations affectives, fond&#233;e sur la compr&#233;hension de ce que chacun et chacune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='je n'arrive pas &#224; me faire &#224; l'&#233;criture dite inclusive, m&#234;me si j'en comprends (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est &#224; la fois homme et femme, dans des proportions variables mais jamais seulement l'un ou l'autre (ce qui peut conduire aussi &#224; ne se sentir ni homme ni femme ou les deux ensemble ou quelque chose d'autre...). Cela implique aussi que le couple exclusif qui &#233;l&#232;ve en vase clos &#171; ses &#187; enfants doit &#234;tre remis en question. Cela implique des formes de bisexualit&#233;(s) ou de pansexualit&#233;(s) d&#233;coulant de la suppression de la barri&#232;re &#233;tanche entre les hommes et les femmes, et &#224; l'int&#233;rieur de chacun(e) de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pas de plus, et l'on en arrive &#224; la compr&#233;hension qu'un monde vraiment diff&#233;rent ne pourra na&#238;tre qu'avec la disparition du couple exclusif parce que ce mod&#232;le maintient (qu'il soit h&#233;t&#233;rosexuel, de mani&#232;re &#233;vidente, mais aussi homosexuel) une relation de d&#233;pendance entre deux personnes toutes deux tron&#231;onn&#233;es &#224; l'int&#233;rieur, non unifi&#233;es (sur un plan psychique, affectif et spirituel), qui recherchent en l'autre un bouche trou, une soupape de s&#233;curit&#233; ou la moiti&#233; qu'il a perdu. Processus d&#233;sesp&#233;r&#233; qui ne peut que d&#233;boucher sur une insatisfaction permanente, de la jalousie, des comportements violents, puisque l'autre ne peut jamais apporter l'unit&#233; int&#233;rieure qui nous manque. A l'inverse, lorsque les personnes sont unifi&#233;es, elles peuvent &#233;tablir des relations d'&#233;gale &#224; &#233;gale, sans aucun vide &#224; combler, sans appropriation ni domination de l'autre, ce qui d&#233;bouche &#171; tout naturellement &#187; sur l'&#233;largissement des relations, parce que l'on n'a plus besoin de &#171; poss&#233;der &#187; l'autre, de se l'annexer, de se l'attacher &#224; nous ; parce que l'on comprend aussi que &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Pourquoi-la-Communaute-46.html' class='spip_in'&gt;l'amour se partage&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;je t'aime trop pour n'aimer que toi&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;je n'arrive pas &#224; me faire &#224; l'&#233;criture dite inclusive, m&#234;me si j'en comprends l'intention, que l'on me pardonne&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur la d&#233;mocratie directe et la r&#233;volution du politique</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/Sur-la-democratie-directe-et-la.html</link>
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		<dc:date>2016-03-06T16:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>PP</dc:creator>


		<dc:subject>critique du capitalisme et de l'Etat</dc:subject>
		<dc:subject>contestation radicale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; les envol&#233;es lyriques permanentes sur la d&#233;mocratie, &#034;l'Etat de droit&#034;, etc., il n'y a jamais eu de d&#233;mocratie v&#233;ritable. La d&#233;mocratie est totalement incompatible avec l'Etat et le capitalisme.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Textes-fondateurs-.html" rel="directory"&gt;Textes fondateurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-abolition-du-capitalisme-et-de-l-+.html" rel="tag"&gt;critique du capitalisme et de l'Etat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-contestation-radicale-+.html" rel="tag"&gt;contestation radicale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une v&#233;ritable d&#233;mocratie n'a jamais vu le jour. Ce n'est donc pas &#224; l'id&#233;al d&#233;mocratique que nous nous en prenons, mais &#224; sa n&#233;gation perp&#233;tuelle. Cela suppose de faire une critique radicale de l'&#233;tat des &#034;soci&#233;t&#233;s&#034; actuelles et pass&#233;es et de tenter de d&#233;crire ce que devrait &#234;tre une v&#233;ritable d&#233;mocratie, la &lt;strong&gt;d&#233;mocratie directe&lt;/strong&gt; dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de l'&lt;a href='http://refonderlemonde.org/Tandis-que-l-Etat-existe-pas-de.html' class='spip_in'&gt;Etat&lt;/a&gt; et du capitalisme. Il s'agit l&#224; de la r&#233;volution politique ou du politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce moment, beaucoup d'initiatives et de mouvements fleurissent et mettent en avant cette id&#233;e de d&#233;mocratie directe en d&#233;non&#231;ant la mascarade pseudo-d&#233;mocratique, que ce soit aux USA, en Espagne, ou m&#234;me &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Enfin-ils-le-disent-aussi.html' class='spip_in'&gt;en France&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains semblent pr&#244;ner la &lt;a href=&#034;http://danielbensaid.org/La-Revolution-sans-prendre-le&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;r&#233;volution sans prendre le pouvoir&lt;/a&gt;. Malheureusement, en refusant de se brancher sur la seule source capable de permettre cette r&#233;volution, le monde continuera sur sa lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions europ&#233;ennes et bon nombre de commentateurs politiques nous donnent un exemple de la com&#233;die d&#233;mocratique : ils s'inqui&#232;tent de ce que les &#233;lections en Gr&#232;ce ou en Espagne pourraient mener au pouvoir des mouvements d'extr&#234;me-gauche. Votez, oui, mais uniquement dans le bon sens ! Mais qu'ils se rassurent : d&#232;s qu'un mouvement veut conqu&#233;rir le pouvoir (ce qui est l'inverse de ce qu'il faut faire), il doit accepter le syst&#232;me. D&#233;j&#224; en Espagne, on voit des signes de ce ralliement &#224; l'orthodoxie. En Gr&#232;ce ce sera la m&#234;me chose, les m&#234;mes accommodements, les m&#234;mes reniements (ceci avait &#233;t&#233; &#233;crit avant les &#233;v&#233;nements ayant suivi le r&#233;f&#233;rendum grec, et la conversion de Tsipras au r&#233;alisme...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons pour l'instant l'aspect critique et essayons d'imaginer ce qui devrait &#234;tre fait et qui va bien au-del&#224; de ce que la &#034;d&#233;mocratie directe&#034; pratiqu&#233;e en Suisse, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant toute chose, des transformations individuelles pr&#233;alables sont n&#233;cessaires pour que des modes de vie collectifs diff&#233;rents puissent appara&#238;tre. En particulier, seule la renonciation pratique, existentielle et quotidienne &#224; la volont&#233; de puissance, c'est-&#224;-dire au besoin, au go&#251;t, au d&#233;sir de domination, de comp&#233;tition et d'appropriation (des gens, des choses, des biens, etc.) peut transformer totalement et radicalement les relations avec les autres. C'est sur cette base que doit &#234;tre envisag&#233;e la r&#233;volution politique et une v&#233;ritable d&#233;mocratie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela implique l'abandon d&#233;finitif de la &#171; prise du pouvoir &#187;, que ce soit par la violence ou par la participation aux &#233;lections. L'exercice du pouvoir d'Etat est radicalement incompatible avec la r&#233;volution politique qui d&#233;coule de Dieu. L'Etat fonctionnant sur et par la violence, exprimant, justifiant et l&#233;galisant pr&#233;cis&#233;ment la domination des uns sur les autres, doit dispara&#238;tre, comme &#233;tant l'antith&#232;se de ce que Dieu nous demande de r&#233;aliser sur la Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'on pourra dire que c'est totalement chim&#233;rique, na&#239;f, irr&#233;alisable et que jamais une telle &#171; perfection &#187; ne pourra &#234;tre atteinte. De la m&#234;me fa&#231;on, les &#034;savants&#034; de la politique, les &#034;s&#233;rieux&#034;, les &#034;r&#233;alistes&#034; nous disent que la division sociale entre domin&#233;s et dominants est universelle et a toujours exist&#233;, qu'elle est donc &#034;scientifiquement fond&#233;e&#034; et que seuls des fous voudraient la remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une prime sp&#233;ciale peut &#234;tre donn&#233;e ici &#224; Habermas. Ce qui frappe chez ce philosophe encens&#233; par le monde intellectuel est sa capacit&#233; d&#233;routante &#224; justifier et &#224; l&#233;gitimer le monde actuel en recourant &#224; une batterie d'analyses et de &#034;concepts&#034; aboutissant &#224; la conclusion magnifique qu'il ne faut surtout pas supprimer le march&#233; ni l'Etat qui sont des &#233;l&#233;ments fondamentaux et n&#233;cessaires, objectifs et ind&#233;passable de la &#034;modernit&#233;&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre pr&#233;cision s'impose : il n'est pas possible, ni m&#234;me souhaitable, d'entrer dans les d&#233;tails de ce que serait la soci&#233;t&#233; id&#233;ale. Nous ne pouvons et devons qu'en rester aux grands principes, pour laisser aux peuples (c'est-&#224;-dire aux nations), en fonction des caract&#233;ristiques propres &#224; chacun d'eux, ainsi qu'aux communaut&#233;s et aux personnes, le soin d'inventer des formes originales d'institutions ou d'organisation, tant sur le plan politique qu'&#233;conomique. Il est impossible et inutile de vouloir d&#233;crire (comme dans un roman de science fiction !) &#171; la &#187; soci&#233;t&#233; de demain. En r&#233;alit&#233;, il existera des soci&#233;t&#233;s, contrairement &#224; l'uniformisation terrible de la pr&#233;humanit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, les grandes lignes, les grandes orientations politiques applicables par tous et partout peuvent se d&#233;gager d&#232;s aujourd'hui, sans risque d'erreurs, parce qu'elles d&#233;coulent directement des r&#233;volutions personnelles et communautaires et parce qu'elles sont directement li&#233;es &#224; la nature fondamentale de l'Homme, &#224; sa vocation et aux objectifs de communion, de partage, d'unit&#233;, de libert&#233;, de solidarit&#233; impliqu&#233;s eux-m&#234;mes par l'Amour. C'est pourquoi toute soci&#233;t&#233; doit permettre la personnalisation et la r&#233;alisation de chacun. Ce doit &#234;tre un objectif imp&#233;ratif. Mais comme cette r&#233;alisation est ins&#233;parablement li&#233;e aux autres, vers qui elle tend, soit par sens du service (au sens tr&#232;s large) soit par le don de la cr&#233;ation (sous toutes ses formes), le vieux d&#233;bat entre priorit&#233; de l'int&#233;r&#234;t individuel ou du bien commun dispara&#238;t, ou mieux encore, est totalement r&#233;solu. En somme, il faut arriver &#224; concilier diversit&#233; et unit&#233;, dans un m&#234;me mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois situ&#233;e dans son contexte plus global, il est temps d'en venir &#224; la r&#233;volution politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que le politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politique, c'est la r&#233;ponse au probl&#232;me pos&#233; par le coexistence, au sein d'entit&#233;s collectives &#224; d&#233;finir, de milliers de personnes unies certes par des objectifs communs, mais qui peuvent &#234;tre en d&#233;saccord sur les moyens &#224; employer. Comment organiser, harmoniser la vie des communaut&#233;s, des villages et des villes, sans recourir &#224; l'Etat et &#224; son droit qui doivent dispara&#238;tre ? Comment harmoniser et faire vivre ensemble les nations pour parvenir au niveau plan&#233;taire &#224; une coop&#233;ration, une entraide, une communion inimaginables aujourd'hui ? Parmi les activit&#233;s humaines n&#233;cessitant une administration, une organisation, il faut citer l'&#233;conomie, la recherche scientifique et ses applications technique, l'information, les transports, la communication, etc. Les structures politiques auront pour r&#244;le de r&#233;pondre &#224; cette n&#233;cessit&#233;. Il est encore trop t&#244;t pour aller dans le d&#233;tail, notamment en mati&#232;re &#233;conomique, mais il faut totalement inverser le rapport &#224; l'&#233;conomie, la ramener &#224; ce qu'elle doit &#234;tre, c'est-&#224;-dire au service d'objectifs sup&#233;rieurs &#224; elle, ce qui implique sa subordination totale au politique, &#224; l'&#233;thique et au spirituel ! J'y reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le politique n'est pas une administration froide et utilitaire. Il s'agit bien davantage de l'expression et de la r&#233;alisation des entit&#233;s collectives que sont les nations, ensembles qui d&#233;passent la simple addition de leurs membres et qui sont dot&#233;s d'une personnalit&#233; qu'il nous faudra d&#233;couvrir. Il s'agit l&#224; de l'essentiel de la dimension politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politique, c'est enfin l'expression et la participation de tous et de chacun aux d&#233;cisions, aux d&#233;bats, aux discussions portant sur les diff&#233;rentes activit&#233;s cit&#233;es plus haut et sur l'&#233;tat d'avancement, dans tous les domaines, du Projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont ces &#171; entit&#233;s collectives &#187; au sein desquelles le politique se r&#233;alise et s'organise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#233;l&#232;bre sociologue Max Weber, fort pessimiste (donc lucide !) quant &#224; la possibilit&#233; d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie dans le cadre des &#171; Etats-Nations &#187; comme la France, l'Angleterre ou l'Allemagne, disait que seules des entit&#233;s collectives de petites tailles pouvaient exp&#233;rimenter une v&#233;ritable d&#233;mocratie directe. Bien loin de suivre cette voie, les Etats se sont maintenus, et la d&#233;mocratie n'a jamais pu na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on retrouve donc ici les &#171; peuples &#187; &#233;voqu&#233;s plus haut, les nations, cadre dans lequel la vie collective doit s'organiser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#171; nation &#187;, au sens o&#249; nous l'entendons, est la synth&#232;se originale, unique, sp&#233;cifique, entre une population humaine et un milieu naturel homog&#232;ne et sp&#233;cifique (un &#171; pays &#187;). Ce milieu naturel s'identifie pr&#233;cis&#233;ment gr&#226;ce &#224; des crit&#232;res g&#233;ographiques, climatiques, g&#233;ologiques et de peuplement v&#233;g&#233;tal et animal. La population, quant &#224; elle, du fait de ses liens avec un pays, un milieu naturel pr&#233;cis, d&#233;veloppe des caract&#233;ristiques culturelles particuli&#232;res : la langue, les coutumes, les traditions, les rites et cultes, l'habitat, l'architecture, les modes d'organisation du travail, des &#233;changes, les technologies et, bien s&#251;r, un sentiment d'identit&#233; et d'appartenance. L'on peut d'une certaine mani&#232;re parler d'ethnie, puisque pour les ethnologues, une &#171; ethnie &#187; se d&#233;finit en fonction de crit&#232;res culturels. La plupart des ethnologues mettent en avant une id&#233;e tr&#232;s int&#233;ressante : il doit exister une intercommunication directe et permanente entre tous les membres de l'ethnie. Cela a pour cons&#233;quence qu'au cours de la vie d'une personne, celle-ci doit avoir l'occasion de communiquer avec chacun des membres du groupe ethnique, que ce soit dans le cadre du travail, de la culture, des loisirs, de la recherche, du culte, etc&#8230; Dans le cadre des nations telles qu'entendues ici, l'on peut adopter cette id&#233;e, ce qui nous am&#232;ne, si l'on ajoute le crit&#232;re du milieu naturel et l'intercommunication, &#224; poser que la population de ces pays ne devrait pas d&#233;passer quelques dizaines de milliers de personnes. Au-del&#224;, l'intercommunication n'est plus possible. La nation doit impliquer n&#233;cessairement une dimension de proximit&#233;, sans laquelle il ne saurait exister de groupe sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays ont soit disparu, soit n'ont jamais vraiment exist&#233;. Par exemple, il est extr&#234;mement difficile, aujourd'hui, de rep&#233;rer les diff&#233;rentes ethnies existant en France, en raison du rouleau compresseur de l'Etat et du capitalisme. Les ethnies ont donc soit perdu toute conscience d'elles-m&#234;mes, soit n'ont jamais pu vraiment se d&#233;couvrir, ni prendre conscience de leur sp&#233;cificit&#233;. Il faudra donc dans un premier temps proc&#233;der &#224; une recherche en recourant aux crit&#232;res g&#233;ographiques, climatiques, g&#233;ologiques et de peuplement v&#233;g&#233;tal et anima, et culturels en maniant ces derniers avec pr&#233;caution. Il faut en particulier beaucoup se m&#233;fier du recours &#224; l'Histoire dans la d&#233;termination du contours de ces &#171; nations &#187;. L'Histoire de la pr&#233;humanit&#233; passe par la guerre, l'annexion, le pillage, le colonialisme, les mariages forc&#233;es, les d&#233;placements de population, les g&#233;nocides&#8230; En France, des erreurs peuvent tr&#232;s facilement &#234;tre commises. Par exemple, les anciennes Provinces regroupaient des r&#233;gions (au sens g&#233;ographique) qui n'avaient rien de commun. Ainsi, par exemple, le Dauphin&#233; regroupait la moyenne Vall&#233;e du Rh&#244;ne, la Dr&#244;me du sud, m&#233;diterran&#233;enne, les plateaux du Vercors et les Hautes Alpes, sans parler de Grenoble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nations, au sens o&#249; nous l'entendons, forment donc une mosa&#239;que &#224; la surface de la Terre, un puzzle d'entit&#233;s collectives ayant chacune une t&#226;che particuli&#232;re &#224; accomplir dans la construction du monde, de la Terre. Mais, de la m&#234;me fa&#231;on qu'en pr&#233;humanit&#233; les individus sont totalement d&#233;personnalis&#233;s, ne s'appartiennent plus, les nations, pour la plupart, n'ont m&#234;me jamais eu conscience d'elles-m&#234;mes et sont &#224; d&#233;couvrir. Elles existent, mais comme en pointill&#233;, virtuellement. Il faut les d&#233;gager, les faire appara&#238;tre, les amener &#224; la vie, &#224; la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les institutions politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser ces objectifs, il faut des structures et une organisation : la v&#233;ritable d&#233;mocratie permettant la participation de tous et de chacun aux d&#233;cisions, aux d&#233;bats, aux discussions portant sur les diff&#233;rentes activit&#233;s cit&#233;es plus haut et sur l'&#233;tat d'avancement, dans tous les domaines, du Projet, sur la Terre et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite prochainement...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ve pr&#233;sentation d'un projet indispensable</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/Breve-presentation-d-un-projet.html</link>
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		<dc:date>2016-01-03T15:03:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Refonder le monde</dc:creator>


		<dc:subject>Dieu</dc:subject>
		<dc:subject>critique du capitalisme et de l'Etat</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volution non-violente</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; pour ceux qui ont besoin d'aller rapidement &#224; l'essentiel...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Textes-fondateurs-.html" rel="directory"&gt;Textes fondateurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Dieu-et-critique-radicale-+.html" rel="tag"&gt;Dieu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-abolition-du-capitalisme-et-de-l-+.html" rel="tag"&gt;critique du capitalisme et de l'Etat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Communaute-et-vie-communautaire-+.html" rel="tag"&gt;r&#233;volution non-violente&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour refonder le monde, pour parvenir &#224; une transformation radicale du monde dans lequel nous croupissons, nous appelons &#224; fonder des communaut&#233;s, et pour commencer, car il faut bien commencer, nous appelons &#224; la cr&#233;ation d'une premi&#232;re &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Pourquoi-la-Communaute-46.html' class='spip_in'&gt;communaut&#233;&lt;/a&gt; qui regrouperait ceux pour qui il existe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://refonderlemonde.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1588545196' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une conviction : l'Humanit&#233; est &#224; venir, elle n'est pas encore, nous sommes encore dans la pr&#233;histoire. Le monde fabriqu&#233; par les hommes (ou plut&#244;t par ceux qui se croient tels) est d'une redoutable coh&#233;rence et tout y est interd&#233;pendant, et ce depuis au moins le n&#233;olithique. Il provoque in&#233;vitablement crise sur crise, entra&#238;ne des cons&#233;quences abominables dans tous les domaines : guerres, compromis lamentables avec des Etats ouvertement tyranniques, r&#233;fugi&#233;s jet&#233;s sur les routes, r&#233;chauffement climatique, contr&#244;les de police au faci&#232;s, violences polici&#232;res, martyre animal, massacre du vivant et de la Terre, application inhumaine de r&#232;gles juridiques iniques et stupides, violation permanente des grands principes pourtant mis en avant, pseudo d&#233;mocraties, prisons surpeupl&#233;es, immunit&#233; constante de la police, in&#233;galit&#233;s scandaleuses, mis&#232;re, malnutrition, exploitation et domination des salari&#233;s, drames &#171; priv&#233;s &#187; dans le cercle (vicieux) familial, domination des hommes sur les femmes, sexisme, machisme, violences sexuelles, pers&#233;cution de tout ce qui est diff&#233;rent, fr&#233;n&#233;sie consum&#233;riste, marchandisation croissante de tous les secteurs de la vie, gaspillage et pillage des ressources...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces in&#233;vitables cons&#233;quences ne cessent jamais tout en se transformant en permanence, se d&#233;pla&#231;ant &#233;ventuellement de continent en continent, de r&#233;gion en r&#233;gion, de ville en ville, disparaissant pour un moment pour revenir quelques temps plus tard, sous une autre forme, sous d'autres modalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://refonderlemonde.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1588545196' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une certitude : ni l'action politique traditionnelle (la participation aux &#233;lections, le r&#233;formisme &#224; petit pas...), ni la violence ne peuvent transformer r&#233;ellement le monde. Cette transformation radicale du monde ne pourra se faire qu'&#224; partir de la base et non pas l'inverse ; sans les transformations personnelles, le monde dans lequel nous croupissons, qui refl&#232;te et reproduit les mentalit&#233;s individuelles tout en les fa&#231;onnant, se poursuivra, ind&#233;finiment, &#224; moins qu'il ne finisse par sombrer, comme la catastrophe climatique en cours pourrait l'y conduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://refonderlemonde.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1588545196' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; une esp&#233;rance ou une &#233;vidence d&#233;j&#224; l&#224; : il y a en chacun de nous une source d'amour et d'unit&#233; que l'on appelle Dieu par convention, mais qui est tout simplement le &#034;fond&#034; ou l'arri&#232;re-fond du monde, ce &#034;quelque chose&#034; ou ce &#034;quelqu'un&#034; qui est l'Autre, le Tout proche, &#034;&lt;i&gt;plus nous-m&#234;me que nous-m&#234;me&lt;/i&gt;&#034;, peu importe comme l'on nomme cette r&#233;alit&#233;, l'Infini, l'&#202;tre, Dieu, Allah, l'Absolu, le Soi, le brahman, l'&#194;me du monde, le Tout Autre, la Voie... Cette transcendance n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec le Dieu vengeur, le Dieu des arm&#233;es, le Dieu instituant l'&#201;tat, le Dieu de l'ordre moral&#8230; ; elle n'est &#233;videmment ni masculin, ni f&#233;minin, ni le P&#232;re surplombant, tout puissant, tr&#244;nant sur son nuage, ni la d&#233;esse m&#232;re... , sans doute elle souffre de ce que l'on fait de nous-m&#234;mes et du monde ; mais elle respecte tellement notre libert&#233; qu'elle nous laisse la possibilit&#233; de la rejeter, de la m&#233;priser, de la combattre&#8230;, mais elle ne cesse de nous attendre et implore de notre libert&#233; que nous lui ouvrions la porte. Et nous pouvons d&#233;couvrir et entrer en relation avec cette Source, directement, sans les m&#233;diations des &#201;glises, des &#233;critures ou des clerg&#233;s qui ont enferm&#233; la Transcendance &#224; des fins de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette rencontre se fait, apr&#232;s un cheminement solitaire et terrible, alors elle doit se traduire par un projet r&#233;volutionnaire, non violent, communautaire. Elle doit d&#233;clencher, par vagues concentriques, une m&#233;tamorphose des mani&#232;res de vivre, d'aimer, de penser, de travailler&#8230; A d&#233;faut, elle ne serait pas authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, cette Rencontre doit conduire &#224; l'abolition du capitalisme, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de la volont&#233; de puissance, des &#201;tats, de la &#171; famille &#187;, de la qu&#234;te du &#171; bonheur &#187;, du martyre animal (boucheries, abattoirs, chasse, exp&#233;rimentations&#8230;), de toutes les formes de domination et d'exploitation des uns par les autres&#8230;, de toutes ces institutions, mentalit&#233;s et mani&#232;res de vivre qui an&#233;antissent les personnes en les privant de leur humanit&#233;, les avilissent, les ali&#232;nent, les mutilent, les d&#233;sesp&#232;rent et les emp&#234;chent d'acc&#233;der &#224; leur humanit&#233; et &#224; leur v&#233;ritable identit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette Rencontre n'aboutissait pas &#224; la construction d'une nouvelle Terre, ici et maintenant, alors il s'agirait d'une supercherie de plus. Ceci est &#224; notre sens le moyen le plus s&#251;r de mettre fin &#224; d'interminables discussions sur la &#034;valeur&#034; de telle ou telle id&#233;e, de tel ou tel courant &#034;spirituel&#034; (ou qui se pr&#233;tend tel), de telle ou telle &#034;religion&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suit la transformation individuelle (et qui doit lui permettre de se poursuivre) est la &lt;i&gt;&lt;a href='http://refonderlemonde.org/Pourquoi-la-Communaute-46.html' class='spip_in'&gt;communaut&#233;&lt;/a&gt; &lt;/i&gt; au sein de laquelle se vivraient les premi&#232;res &#233;tapes de la transformation radicale du monde : mise en commun des biens, du &#034;travail&#034;, des fruits de ce travail, relations affectives, amoureuses, de chacun des adultes avec tous les autres, le couple &#233;tant ainsi pr&#233;serv&#233; tout en le multipliant, sans exclure les autres, puisqu'avec chacun des membres de la communaut&#233; une relation &#224; deux est &#233;galement v&#233;cue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois cette premi&#232;re &#233;tape atteinte, les communaut&#233;s entretenant entre elles des relations de coop&#233;ration &#233;troite, leur association entra&#238;nerait une &lt;a href='http://refonderlemonde.org/Sur-la-democratie-directe-et-la.html' class='spip_in'&gt;transformation totale de la politique et de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;, aboutissant &#224; une d&#233;mocratie directe et &#224; la disparition du capitalisme, de l'&#233;conomie de march&#233;, de l'accumulation..., dans le cadre de &#034;pays&#034; ou de &#034;nations&#034; de petite superficie, identifi&#233;s par la langue, la g&#233;ographie, le sol, le climat, ayant une personnalit&#233; propre. De m&#234;me, les rapports avec la Terre et les autres vivants sont appel&#233;s &#224; &#234;tre totalement transform&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons ni ne voulons proc&#233;der &#224; une description d&#233;taill&#233;e du monde &#224; venir, seules les grandes lignes nous sont accessibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Si ces quelques mots maladroits vous touchent, vous &#034;interpellent&#034;, n'h&#233;sitez pas, prenez contact avec nous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une pr&#233;cision : ce qui compte, c'est de se mettre en route. Ce qui est r&#233;sum&#233; plus haut constitue un programme que chacun doit et peut s'efforcer de r&#233;aliser, chacun &#224; son rythme, avec ses moyens et ses insuffisances. Et si ce &#034;programme&#034; doit &#234;tre r&#233;alis&#233;, ce n'est pas en fonction d'un diktat venu d'en haut, mais en fonction de ce que vous &#234;tes, seulement de ce que vous &#234;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'impossible r&#233;formisme</title>
		<link>http://refonderlemonde.org/L-impossible-reformisme.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://refonderlemonde.org/L-impossible-reformisme.html</guid>
		<dc:date>2014-03-03T11:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>PP</dc:creator>


		<dc:subject>critique du capitalisme et de l'Etat</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volution non-violente</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sans arr&#234;t, l'on nous promet des r&#233;formes. Au mieux, il conviendrait de &#034;changer la soci&#233;t&#233;&#034;. Mais peut-on r&#233;former ce qui ne veut pas l'&#234;tre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Tout changer pour que rien ne change&#034;, n'est-ce pas la devise des pseudo-d&#233;mocraties dans lesquelles nous croupissons ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Pourquoi-la-communaute-.html" rel="directory"&gt;Pourquoi la communaut&#233; ? &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-abolition-du-capitalisme-et-de-l-+.html" rel="tag"&gt;critique du capitalisme et de l'Etat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://refonderlemonde.org/+-Communaute-et-vie-communautaire-+.html" rel="tag"&gt;r&#233;volution non-violente&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour &#034;changer la soci&#233;t&#233;&#034;, il faudrait encore qu'il existe une &#034;soci&#233;t&#233;&#034;. Dire qu'il faut changer de soci&#233;t&#233;, c'est encore admettre qu'il en existe une&#8230;. Le langage est lui-m&#234;me pi&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, dire &#171; &lt;i&gt;transformer radicalement les choses&lt;/i&gt; &#187;, parler de &#171; &lt;i&gt;transformation radicale du monde&lt;/i&gt; &#187; suppose de partir de &lt;i&gt;quelque chose&lt;/i&gt;. Or il n'y a rien, que le vide, l'insignifiance, l'absurde, l'insens&#233; qui g&#233;n&#232;rent et provoquent l'atroce, l'abominable, l'enfer du d&#233;cor, la guerre de tous contre tous, le struggle of life, la &lt;a href='http://refonderlemonde.org/+-Dieu-et-critique-radicale-+.html' class='spip_in'&gt;domination&lt;/a&gt; et l'exploitation, le triomphe du capitalisme, la marchandisation de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne vous y trompez pas, le Mal ne date pas d'hier. Le grand Kapital n'est pas le responsable de tous les maux. Nous sommes encore l&#224; dans le fantasme du ma&#238;tre du monde, &#224; la James Bond, &#224; la Superman ou &#224; la sauce Illuminati. Les choses sont plus simples et plus tragiques. Ce n'&#233;tait pas mieux avant, nous n'avons aucune nostalgie du pass&#233;. Il n'y a aucun pass&#233; glorieux &#224; r&#233;susciter (du genre &#034;la R&#233;publique&#034;, &#034;la Civilisation&#034;, la &#034;Nation fran&#231;aise&#034; et autres mystifications). Il n'y a aucun &#226;ge d'or &#224; retrouver. Et pour une raison tr&#232;s simple. Il n'y a pas d'Humanit&#233;. Pas encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tandis que l'Etat existe, pas de libert&#233; ; quand r&#233;gnera la libert&#233;, il n'y aura plus d'Etat (L&#233;nine)</title>
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&lt;p&gt;Est-il vrai de dire que tous les grands Etats-Nations actuels (dont la France) auraient &#233;t&#233; forg&#233;s par le fer et par le feu, dans le sang et les larmes, par des cliques d'aventuriers rassembl&#233;s autour de leaders qui se seraient succ&#233;d&#233; au long des g&#233;n&#233;rations ou m&#234;me des si&#232;cles et qui n'auraient pas h&#233;sit&#233; &#224; utiliser tous les moyens, y compris les plus horribles, pour &#233;tendre leur influence, leur pouvoir, leurs possessions et leurs territoires ? Est-il vrai de dire que les susdits Etats seraient (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://refonderlemonde.org/-Pourquoi-la-communaute-.html" rel="directory"&gt;Pourquoi la communaut&#233; ? &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-il vrai de dire que tous les grands Etats-Nations actuels (dont la France) auraient &#233;t&#233; forg&#233;s par le fer et par le feu, dans le sang et les larmes, par des cliques d'aventuriers rassembl&#233;s autour de leaders qui se seraient succ&#233;d&#233; au long des g&#233;n&#233;rations ou m&#234;me des si&#232;cles et qui n'auraient pas h&#233;sit&#233; &#224; utiliser tous les moyens, y compris les plus horribles, pour &#233;tendre leur influence, leur pouvoir, leurs possessions et leurs territoires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://refonderlemonde.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1588545196' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Est-il vrai de dire que les susdits Etats seraient marqu&#233;s &#224; jamais par le p&#233;ch&#233; original de ces infamies, se rendant d'autant plus ha&#239;ssables qu'ils reproduiraient ind&#233;finiment, &#224; travers d'&#233;ternels cercles profond&#233;ment vicieux, les m&#234;mes errements et les m&#234;mes comportements marqu&#233;s par la VIOLENCE, qui constituerait leur essence propre et qu'ils exerceraient sous toutes ses formes (physique, morale, intellectuelle etc..) soit entre eux, soit au d&#233;triment des groupes et des individus qui les composent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de dire que les similitudes entre les m&#233;thodes et les fins poursuivies autrefois et celles qui ont cours &#224; notre &#233;poque s'observeraient &#233;galement quand il s'agirait des meneurs qui, de nos jours comme par le pass&#233;, s'organiseraient autour d'un &#034;grand homme&#034; drainant des affid&#233;s qui suivraient ses traces, &#233;pouseraient son destin et se lanceraient sous sa direction &#224; la conqu&#234;te du pouvoir et de tous les avantages qu'il procure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de dire que la clique de nantis victorieuse de ses concurrentes, qui dissimulerait ses convoitises et ses forfaits derri&#232;re la noble appellation d'Etat, ferait tout pour s'accrocher au pouvoir et qu'elle aurait tendance &#224; s'y installer,&#224; &#034;l'occuper&#034; (un peu comme une arm&#233;e !) et &#224; en exploiter les b&#233;n&#233;fices, confondant parfois, &#224; la mani&#232;re des M&#233;rovingiens, le tr&#233;sor public avec leurs propres finances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de dire que cette bande de privil&#233;gi&#233;s, ne songeant qu'&#224; maintenir et &#224; am&#233;liorer sa situation, n'accorderait &#224; la population que le minimum n&#233;cessaire pour &#233;viter une insurrection, modulant habilement ses faveurs selon une hi&#233;rarchie de classes sociales jalouses et divis&#233;es entre elles, et ne jetant aux plus d&#233;sh&#233;rit&#233;s qu'une poign&#233;e de miettes et d'os &#224; ronger, alors que la premi&#232;re, la plus &#233;l&#233;mentaire et la plus n&#233;cessaire obligation d'autorit&#233;s politiques dignes de ce nom consisterait &#224; supprimer les criantes injustices et in&#233;galit&#233;s qui ont pour effet de laisser des millions de personnes dans la pauvret&#233; ou la mis&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de dire q'un Etat qui manquerait aussi cruellement &#224; ses devoirs les plus &#233;vidents, les plus urgents et les plus sacr&#233;s, non seulement perdrait toute l&#233;gitimit&#233;, mais ne pourrait que fonctionner tout de travers dans tous les domaines, ainsi qu'on pourrait le constater par le biais d'innombrables lenteurs, retards, n&#233;gligences, absurdit&#233;s et tatillonnages administratifs, gaspillages et malversations de toutes sortes qui manifesteraient son incomp&#233;tence et son indiff&#233;rence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de dire qu'un tel &#034;Etat&#034;, enti&#232;rement vou&#233; aux int&#233;r&#234;ts d'une caste dominante, ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233; ni comme une r&#233;publique, puisque &#034;la chose publique&#034; se transformerait pour lui en &#034;choses&#034; privatis&#233;es bien juteuses et le bien commun en divers biens particuliers, ni comme une d&#233;mocratie (m&#234;me en pr&#233;sence d'une mascarade &#233;lectorale) puisque son but ne serait &#233;videmment pas de &#034;gouverner pour le peuple et par le peuple&#034;, mais de confier les pouvoirs aux repr&#233;sentants d'une coterie qui ne s'en serviraient que pour se servir, ni comme un havre des droits de l'homme , puisque ceux d'une tr&#232;s grande partie de la population ne cesseraient d'&#234;tre bafou&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de dire que la t&#226;che principale des fieff&#233;s coquins qui composeraient cet &#034;Etat&#034; consisterait &#224; maintenir &#224; leur profit les d&#233;sordres fondamentaux sur lesquels sont fond&#233;es nos &#034;soci&#233;t&#233;s en les pr&#233;servant et en les d&#233;fendant gr&#226;ce au couvercle rigide d'un ordre apparent d&#251; en grande partie aux forces du m&#234;me nom et obtenu gr&#226;ce &#224; la combinaison de quatre facteurs essentiels : la g&#233;n&#233;ralisation et le perfectionnement de toutes les techniques de contr&#244;le, de surveillance, de fichage et d'espionnage, l'intimidation et la r&#233;pression, le bourrage de cr&#226;ne et la propagande mensong&#232;re, l'&#233;tourdissement et le d&#233;cervelage procur&#233;s par d'innombrables formes de &#034;divertissements&#034;, au premier rang desquels les pseudo-sports et les musiquettes-chansonnettes, mais aussi le culte du corps, l'attrait morbide pour le virtuel, les jeux de hasard, la hantise consum&#233;riste, les faux d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s, les &#034;aventures&#034; dans le fantastique, le pass&#233;, l'espace ou l'exotisme etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vrai de penser que n'est pas pr&#232;s de dispara&#238;tre la situation fran&#231;aise que Simone Weil d&#233;peignait en ces termes :&#034;La haine de l'Etat, qui existe de mani&#232;re latente, sourde et tr&#232;s profonde en France depuis Charles VI, emp&#234;che que des paroles &#233;manant directement d'un gouvernement puissent &#234;tre accueillies par chaque Fran&#231;ais comme la voix d'un ami&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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