Face à un monde sans avenir, insensé, effroyablement cohérent, les solutions ne peuvent être le réformisme ou la violence. Lieu d’expérimentation et d’évolution individuelle, de transformation des relations, des échanges, du "travail", de l’éducation, la communauté pourrait être le prototype d’une société qui mériterait enfin ce nom.
Il ne peut y avoir qu’une seule méthode : la non-violence, et la construction progressive d’autre chose. D’une autre politique, d’une autre économie, d’une autre manière de vivre avec la Terre et les autres êtres vivants.
Cela suppose que l’on cesse de croire à la restauration d’un ordre ancien, à l’âge d’or d’une prétendue civilisation que les barbares d’aujourd’hui auraient corrompue. On sait à quoi nous mènent et d’où viennent ces nostalgies. Aux charniers de demain, à l’épuration ethnique et morale, à l’Ordre nouveau d’un Occident barricadé derrière son nouveau mur d’Hadrien. Aux bateaux dérivant d’Afrique, échoués, coulés, mitraillés s’il le faut, pourquoi pas, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. L’Ordre nouveau n’est que la face un plus sombre du Désordre "social", du Désordre établi. Travail Famille Patrie remis au goût du jour.
Et surtout, surtout, ne prenons pas le Pouvoir. Faire cela, c’est recommencer la même chose, en pire la plupart du temps. Laissons la violence à l’Etat qui s’en sert tous les jours. Laissons à César ce qu’il tient tant à conserver.
Alors que faire ? Question essentielle ! La réponse est simple : tout changer, aller dans d’autres directions et sur d’autres bases.
La communauté, parce qu’elle suppose toujours, quelles qu’en soient les buts, les fondements, l’organisation, une transformation des relations interpersonnelles et une évolution individuelle et collective, est un point de départ de toute transformation du monde.