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Et si l’on réfléchissait aux liens entre capitalisme et la famille, base de la société

lundi 13 avril 2020

Si l’on profitait vraiment de la crise actuelle et du confinement pour se poser enfin les bonnes questions.

Et si l’on faisait un vœu ?
Si l’on profitait vraiment de la crise actuelle et du confinement pour se poser enfin les bonnes questions.
Si on décidait de donner ensemble un début de réponse à ces bonnes questions.

Le monde va mal, c’est une évidence (et l’épidémie du covid-19 peut être comprise comme un symbole d’un mal plus général). Je n’insiste pas ici. Mais ce qui est moins évident, manifestement, c’est la nature exacte du mal et le fait que trop souvent on ne voit pas que tout est lié, relié, interconnecté. Je vais prendre un exemple caractéristique de ce problème.

Tout le monde (ou presque) est d’accord pour dénoncer le capitalisme et ses ravages. Pourtant, le capitalisme est directement lié aux Etats qui le protègent, l’organisent, le régulent et même le légitiment. Moins nombreux sont déjà ceux qui commencent à comprendre que l’Etat en lui-même est une aberration monstrueuse dont il faut se débarrasser et qu’il faut chercher d’autres solutions.

Or, personne (ou presque) ne veut voir que les modes de vie affectifs et sexuels (couple, mariage, parentalité), sont directement reliés au capitalisme et à l’Etat. La famille « nucléaire » est du pain béni pour le capitalisme (chacune son frigo, son auto, sa machine à laver, etc.). De même, comment ne pas voir que partout, à des degrés divers, l’accent est mis sur la différence entre les hommes et les femmes, ce qui entraîne des rôles, des attitudes, des comportements, des mentalités attribués à l’un et pas à l’autre, et provoque inévitablement, du fait la domination des « hommes », des inégalités entre les hommes et les femmes, des violences, principalement sur les femmes, et toute une série de crimes monstrueux commis au nom d’une conception arriérée du genre.
Comment ne pas voir que dans le monde entier de la Chine à l’Argentine, de la Russie à l’Arabie Saoudite, la famille nucléaire, le couple (hétérosexuel de préférence, même si le couple homosexuel est admis ici ou là), avec l’appropriation des enfants, est une modèle universel, partout protégé et encensé par les Etats, partout défendu par les « religieux », intellectuels, juristes, politiques ? La concordance et la permanence de ces faits devraient interroger.
Oh oui, la famille telle qu’elle est vécue est bien l’unité de base de la « société » telle qu’elle est ! Si le monde va si mal, la famille base de la société y est certainement pour quelque chose ! De même, le mode de vie et les mentalités sur lesquels il repose, partout répandus, partout célébrés, ne peuvent pas y être indifférents.

C’est pour cette raison toute simple, mais très dérangeante, que tout changement radical doit s’accompagner d’une remise en cause totale des soi-disant « inclinations naturelles » nous poussant à reproduire indéfiniment les mêmes modèles familiaux, affectifs, sexuels et de genre. Banalités que tout cela. Et pourtant il semble qu’il faille y revenir !

Cela implique une refonte totale du regard sur le genre, la sexualité, les relations affectives, fondée sur la compréhension de ce que chacun (et chacune !) est à la fois homme et femme, dans des proportions variables mais jamais seulement l’un ou l’autre. Cela implique aussi que le couple exclusif qui élève en vase clos « ses » enfants doit être mis en question. De même, la bisexualité découle de la suppression de la barrière étanche entre les hommes et les femmes, entre eux et à l’intérieur de chacun(e) de nous.

Un pas de plus, et l’on en arrive à la compréhension qu’un monde vraiment différent ne pourra naître qu’avec la disparition du couple exclusif parce que ce modèle maintient (qu’il soit hétérosexuel, de manière évidente, mais aussi homosexuel) une relation de dépendance entre deux personnes toutes deux tronçonnées à l’intérieur, non unifiées (sur un plan psychique, affectif et spirituel), qui recherchent en l’autre un bouche trou, une soupape de sécurité ou la moitié qu’il a perdu. Processus désespéré qui ne peut que déboucher sur une insatisfaction permanente, de la jalousie, des comportements violents, puisque l’autre ne peut jamais apporter l’unité intérieure qui nous manque. A l’inverse, lorsque les personnes sont unifiées, elles peuvent établir des relations d’égale à égale, sans aucun vide à combler, sans appropriation ni domination de l’autre, ce qui débouche « tout naturellement » sur l’élargissement des relations, parce que l’on n’a plus besoin de « posséder » l’autre, de se l’annexer, de l’attacher à nous ; parce que l’on comprend aussi que l’amour se partage : « je t’aime trop pour n’aimer que toi » !

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