Pour "changer la société", il faudrait encore qu’il existe une "société". Dire qu’il faut changer de société, c’est encore admettre qu’il en existe une…. Le langage est lui-même piégé.
De même, dire « transformer radicalement les choses », parler de « transformation radicale du monde » suppose de partir de quelque chose. Or il n’y a rien, que le vide, l’insignifiance, l’absurde, l’insensé qui génèrent et provoquent l’atroce, l’abominable, l’enfer du décor, la guerre de tous contre tous, le struggle of life, la domination et l’exploitation, le triomphe du capitalisme, la marchandisation de la vie.
Mais ne vous y trompez pas, le Mal ne date pas d’hier. Le grand Kapital n’est pas le responsable de tous les maux. Nous sommes encore là dans le fantasme du maître du monde, à la James Bond, à la Superman ou à la sauce Illuminati. Les choses sont plus simples et plus tragiques. Ce n’était pas mieux avant, nous n’avons aucune nostalgie du passé. Il n’y a aucun passé glorieux à résusciter (du genre "la République", "la Civilisation", la "Nation française" et autres mystifications). Il n’y a aucun âge d’or à retrouver. Et pour une raison très simple. Il n’y a pas d’Humanité. Pas encore.