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Tandis que l’Etat existe, pas de liberté ; quand régnera la liberté, il n’y aura plus d’Etat (Lénine)

dimanche 6 janvier 2013

Est-il vrai de dire que tous les grands Etats-Nations actuels (dont la France) auraient été forgés par le fer et par le feu, dans le sang et les larmes, par des cliques d’aventuriers rassemblés autour de leaders qui se seraient succédé au long des générations ou même des siècles et qui n’auraient pas hésité à utiliser tous les moyens, y compris les plus horribles, pour étendre leur influence, leur pouvoir, leurs possessions et leurs territoires ?

- Est-il vrai de dire que les susdits Etats seraient marqués à jamais par le péché original de ces infamies, se rendant d’autant plus haïssables qu’ils reproduiraient indéfiniment, à travers d’éternels cercles profondément vicieux, les mêmes errements et les mêmes comportements marqués par la VIOLENCE, qui constituerait leur essence propre et qu’ils exerceraient sous toutes ses formes (physique, morale, intellectuelle etc..) soit entre eux, soit au détriment des groupes et des individus qui les composent ?

Est-il vrai de dire que les similitudes entre les méthodes et les fins poursuivies autrefois et celles qui ont cours à notre époque s’observeraient également quand il s’agirait des meneurs qui, de nos jours comme par le passé, s’organiseraient autour d’un "grand homme" drainant des affidés qui suivraient ses traces, épouseraient son destin et se lanceraient sous sa direction à la conquête du pouvoir et de tous les avantages qu’il procure ?

Est-il vrai de dire que la clique de nantis victorieuse de ses concurrentes, qui dissimulerait ses convoitises et ses forfaits derrière la noble appellation d’Etat, ferait tout pour s’accrocher au pouvoir et qu’elle aurait tendance à s’y installer,à "l’occuper" (un peu comme une armée !) et à en exploiter les bénéfices, confondant parfois, à la manière des Mérovingiens, le trésor public avec leurs propres finances ?

Est-il vrai de dire que cette bande de privilégiés, ne songeant qu’à maintenir et à améliorer sa situation, n’accorderait à la population que le minimum nécessaire pour éviter une insurrection, modulant habilement ses faveurs selon une hiérarchie de classes sociales jalouses et divisées entre elles, et ne jetant aux plus déshérités qu’une poignée de miettes et d’os à ronger, alors que la première, la plus élémentaire et la plus nécessaire obligation d’autorités politiques dignes de ce nom consisterait à supprimer les criantes injustices et inégalités qui ont pour effet de laisser des millions de personnes dans la pauvreté ou la misère ?

Est-il vrai de dire q’un Etat qui manquerait aussi cruellement à ses devoirs les plus évidents, les plus urgents et les plus sacrés, non seulement perdrait toute légitimité, mais ne pourrait que fonctionner tout de travers dans tous les domaines, ainsi qu’on pourrait le constater par le biais d’innombrables lenteurs, retards, négligences, absurdités et tatillonnages administratifs, gaspillages et malversations de toutes sortes qui manifesteraient son incompétence et son indifférence ?

Est-il vrai de dire qu’un tel "Etat", entièrement voué aux intérêts d’une caste dominante, ne saurait être considéré ni comme une république, puisque "la chose publique" se transformerait pour lui en "choses" privatisées bien juteuses et le bien commun en divers biens particuliers, ni comme une démocratie (même en présence d’une mascarade électorale) puisque son but ne serait évidemment pas de "gouverner pour le peuple et par le peuple", mais de confier les pouvoirs aux représentants d’une coterie qui ne s’en serviraient que pour se servir, ni comme un havre des droits de l’homme , puisque ceux d’une très grande partie de la population ne cesseraient d’être bafoués ?

Est-il vrai de dire que la tâche principale des fieffés coquins qui composeraient cet "Etat" consisterait à maintenir à leur profit les désordres fondamentaux sur lesquels sont fondées nos "sociétés en les préservant et en les défendant grâce au couvercle rigide d’un ordre apparent dû en grande partie aux forces du même nom et obtenu grâce à la combinaison de quatre facteurs essentiels : la généralisation et le perfectionnement de toutes les techniques de contrôle, de surveillance, de fichage et d’espionnage, l’intimidation et la répression, le bourrage de crâne et la propagande mensongère, l’étourdissement et le décervelage procurés par d’innombrables formes de "divertissements", au premier rang desquels les pseudo-sports et les musiquettes-chansonnettes, mais aussi le culte du corps, l’attrait morbide pour le virtuel, les jeux de hasard, la hantise consumériste, les faux débats télévisés, les "aventures" dans le fantastique, le passé, l’espace ou l’exotisme etc..

Est-il vrai de penser que n’est pas près de disparaître la situation française que Simone Weil dépeignait en ces termes :"La haine de l’Etat, qui existe de manière latente, sourde et très profonde en France depuis Charles VI, empêche que des paroles émanant directement d’un gouvernement puissent être accueillies par chaque Français comme la voix d’un ami"

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