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Camarades, encore un effort

dimanche 14 décembre 2014

De tous les poncifs, le plus agaçant est celui de la rupture du contrat social en raison de la voracité toute récente des riches, des banquiers, de la Finance internationale.

Selon certains (Témoignage Chrétien, la lettre n° 3613 du 11 décembre 2014), la politique actuelle du gouvernement nous mènerait à une "rupture du contrat social". Nous assisterions depuis 2008 à un changement d’échelle, à un saut.

Foutaise.

Tout d’abord, il n’y a jamais eu de contrat social. Le "contrat social" est l’expression servant à camoufler le "désordre social" qui ne tient que grâce aux casques à pointe, selon la jolie formule de Max Weber. C’est pitié que de voir un journal qui se revendique de la résistance spirituelle se laisser avoir par le conditionnement ambiant.

Ensuite, on s’affole aujourd’hui de ce que les inégalités augmentent, de ce que le fossé entre les riches et les pauvres devient de plus en plus profond ! Ce n’est qu’une question de degré, comme il y a des degrés en enfer. Bien sûr qu’en temps de crise les riches deviennent encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres ! Cela n’a rien de nouveau, ni de surprenant. Cela fait partie de la logique du système qui trouve toujours des gens pour la justifier.
Dans la Grèce antique, Aristote justifiait l’esclavage au nom de la nature ; pendant le Moyen Âge l’Eglise catholique justifiait l’exploitation des paysans par le clergé et les nobles au nom de Dieu et de l’ordre naturel. Aujourd’hui, ce sont les économistes qui justifient les différences colossales entre les rémunérations des patrons, des managers et celles des salariés, au nom de la main invisible et des algorithmes.

Enfin, bien avant la "crise" de 2008, les mêmes causes produisaient déjà les mêmes effets. On pouvait se faire illusion, parce que grâce aux trente glorieuses, chaque foyer d’ouvrier a eu son frigo et son téléviseur. Les profiteurs ont acheté la servitude plus ou moins volontaire à coup d’accord de Grenelle et de revalorisation du SMIC. Les syndicats ont renoncé à la transformation de la société, le parti socialiste s’est rallié à la logique de l’entreprise et au capitalisme. Mais l’exploitation, la bonne et grosse exploitation de l’homme par l’homme n’avait pas miraculeusement disparu, bien au contraire.

Banalités que tout ceci. Mais il faut les répéter. Comme il faut répéter que la mise à l’écart de Dieu est à l’origine du monde que les Hommes ont créé et dans lequel ils s’enferment. Tout dérive de ce refus parce qu’il engendre au cœur de chaque personne humaine une attitude fondamentale face à la vie et au monde, attitude qui modèle tous les aspects de la vie sociale et collective, par « contagion » et qui se répercute sur les phénomènes sociaux. Tous les comportements de l’Homme dérivent de ce rejet. TOUT est faussé, contaminé. Et chacun n’a de cesse de se cacher à lui-même cette situation. Et tout est bon : de l’héroïne à la métaphysique !

Camarades, encore un effort...

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