Le lendemain de ces élections européennes ne dérogent pas à la grande messe électorale. Le « peuple » (ou soi-disant tel) a soi-disant parlé. Et ce qu’il dit n’est pas beau à entendre.
Nouveauté, le mini coup de théâtre macronien d’un autocrate qui tente le tout pour le tout pour sauver les meubles. Car, comme prévisible, l’extrême-droite dépasse et de loin les soi-disant démocrates. Pourtant, l’extrême droite n’est pas une menace pour la démocratie mais la preuve de son absence.
En temps ordinaires, inaudibles sont ceux qui ne se contentent pas de critiquer les dysfonctionnements de la soi-disant démocratie, mais qui dénoncent l’absence de démocratie et vont même jusqu’à dire qu’il n’y a jamais eu de démocratie dans notre beau pays. Et d’autant plus inaudibles à cause de l’épouvantail que constitue l’extrême droite.
Aujourd’hui, l’on dira que ce sera(it) pire avec l’extrême droite. L’on serait presque tenté d’en douter, notamment en raison de ce qui se passe depuis quelques années sous sa majesté Macron et son fidèle Darmanin. Pourtant, il est hautement probable que ce sera encore pire, mais ce qui a rendu ou rend l’extrême droite possible c’est précisément ce qui existe aujourd’hui et depuis fort longtemps. Ne l’oubliez jamais.
L’extrême droite est la preuve de l’absence de démocratie. Elle s’est servie d’un système totalement pourri, comptant sur ce qu’il y a de pire chez la plupart des gens mais qui est seulement recouvert par un vernis qui peut disparaître très rapidement.
Petit essai de prospective : après un passage qui sera plus ou moins long dans les bras de l’extrême droite, et après les multiples catastrophes, calamités et autres saloperies qui en sortiront, il y aura un retour de balancier, et l’on se remettra à croire (et le mot n’est pas choisi au hasard) dans les vertus de la politique, des élections, des programmes, bref l’on se remettra à croire que la démocratie est réelle du seul fait qu’il y a des élections, des juges et des contre-pouvoirs. Et l’on reprendra tout sans rien changer ou que des détails, , l’on ne remettra malheureusement pas en cause ce qui avait rendu possible l’extrême droite, c’est-à-dire un système fondé sur l’État et le capitalisme, la violence institutionnelle, la patriarcat, le nationalisme, la propriété privée, la domination, la compétition, l’exclusion des autres et de l’autre, le repli sur la famille croupion, etc.
Bon courage.