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banalités et répétitions, mais toujours utiles

dimanche 4 octobre 2015

L’un des aspects de la situation actuelle ferait presque rire s’il n’était en même temps aussi tragique.
Notre cher monde contemporain, surtout dans nos contrées laïcisées et atteintes par la désaffection croissante des églises et autres lieux de cultes, est d’une façon évidente le résultat de ce que l’on a appelé "la mort de Dieu", cette mort souhaitée des religions parce qu’elle était censée faire parvenir l’humanité à la liberté et au bonheur. Un peu comme les républicains de la 3ème république qui voulaient « libérer » les populations du joug de l’Église et qui ont allègrement encouragé le colonialisme, le racisme, le patriarcat, la répression féroce des grèves et qui frappaient les élèves qui parlaient encore les langues "régionales"…

Non seulement l’homme n’a pas accédé à la liberté, mais c’est tout l’inverse.

Mais vous le savez bien, au fond. C’est pourquoi vous n’avez plus aucune espérance. Les grandes et belles idées d’humanité, de fraternité, de solidarité se sont dissoutes dans le capitalisme à outrance, dans la consommation absurde, dans les réseaux dits sociaux, dans la course au luxe et à un bonheur frelaté et faisandé. C’est ce que Nietzsche appelait le nihilisme passif. Il ne vous reste plus que le réformisme à petit pas qui consiste à mettre des rustines sur un pneu complètement troué ; à vous battre localement contre des projets totalement insensés ; à faire comme Sisyphe en tentant de faire face à la marée permanente des injustices et des drames générés par des structures politiques, économiques, sociales totalement pourries parce que bâties sur la compétition, la domination, le pouvoir et la hantise de conserver ce dernier, à n’importe quel prix.

Nous sommes à des années lumières de ce que les « Lumières », la Raison radieuse, la Science nous promettaient, et qui n’était qu’une nouvelle croyance illusoire, un autre Totem à la place de l’ancien, celui de la superstition, de la fausse croyance en Dieu [1], de l’Eglise. Pour paraphraser une autre phrase célèbre, vous attendiez les Lumières, vous avez eu le patriarcat, le colonialisme, deux guerres mondiales, le capitalisme et pour finir le réchauffement climatique ! Il y a eu tromperie sur la marchandise, aussi bien la moderne que l’ancienne. « On » nous a manipulé de notre plein gré, parce que nous y trouvons un intérêt, celui de la sécurité censée nous protéger de nous-mêmes et parce que nous sommes tous lâches, parce que nous avons peur de sauter dans l’inconnu.

On pourrait transposer les mots magnifiques de Dostoïevski dans Les frères Karamazov lorsqu’il fait dire à l’Inquisiteur : « Mais saches que jamais les hommes ne se sont crus aussi libres qu’à présent, et pourtant, leur liberté, ils l’ont humblement déposée à nos pieds. » A notre époque, les hommes n’ont jamais autant célébré la liberté, les droits individuels…, ils ne se sont jamais crus aussi libres, alors qu’ils sont tous devenus des esclaves consentants, marionnettes dérisoires manipulées non plus par les prêtres (s’ils l’ont jamais fait…), mais par les médias de masse, la publicité, ceux et celles que l’on appelle si justement des influenceurs ou influenceuses, la propagande politique, les Etats, les industriels et autres fabricants d’objets totalement inutiles.

Alors que faire ?

Refuser d’accepter, dire non. Se dire qu’il y a autre chose à faire et à vivre. Que l’on ne peut se résoudre. Se lancer à corps perdu dans la remise en cause générale, dans une insurrection de chaque instant contre tout ce qui forme le monde fabriqué par les hommes, dans une objection de conscience totale, radicale, globale, parce que tout est lié et interdépendant. Il en découle que le capitalisme ou les pouvoirs politiques ne doivent pas être les seuls cibles de cette remise en cause radicale. Il y a deux domaines en particulier que la quasi totalité de ceux qui se disent révolutionnaires refusent de remettre en cause : il s’agit, d’une part, de la famille, du couple, de la filiation, de la parentalité, du genre, et, d’autre part, du sort réservé aux animaux. La famille telle qu’elle est vécue et conçue est à la base même du capitalisme et de l’Etat, et du monde tel qu’il est. De même, tant que les êtres (dits)humains se comporteront comme des prédateurs avec les autres êtres vivants, il n’y aura pas d’humanité.

Et au bout de cette remise en cause radicale, peut venir l’espérance, la vraie.

Notes

[1Fausse croyance et faux Dieu, dès lors il est inutile de s’en prendre à Dieu, il n’a jamais été essayé.

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