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Sur la démocratie directe et la révolution du politique

dimanche 6 mars 2016

Malgré les envolées lyriques permanentes sur la démocratie, "l’Etat de droit", etc., il n’y a jamais eu de démocratie véritable. La démocratie est totalement incompatible avec l’Etat et le capitalisme.

Une véritable démocratie n’a jamais vu le jour. Ce n’est donc pas à l’idéal démocratique que nous nous en prenons, mais à sa négation perpétuelle. Cela suppose de faire une critique radicale de l’état des "sociétés" actuelles et passées et de tenter de décrire ce que devrait être une véritable démocratie, la démocratie directe dans une société libérée de l’Etat et du capitalisme.
En ce moment, beaucoup d’initiatives et de mouvements fleurissent et mettent en avant cette idée de démocratie directe en dénonçant la mascarade pseudo-démocratique, que ce soit aux USA, en Espagne, ou même en France.
Certains semblent prôner la révolution sans prendre le pouvoir. Malheureusement, en refusant de se brancher sur la seule source capable de permettre cette révolution, le monde continuera sur sa lancée.

Les institutions européennes et bon nombre de commentateurs politiques nous donnent un exemple de la comédie démocratique : ils s’inquiètent de ce que les élections en Grèce ou en Espagne pourraient mener au pouvoir des mouvements d’extrême-gauche. Votez, oui, mais uniquement dans le bon sens ! Mais qu’ils se rassurent : dès qu’un mouvement veut conquérir le pouvoir (ce qui est l’inverse de ce qu’il faut faire), il doit accepter le système. Déjà en Espagne, on voit des signes de ce ralliement à l’orthodoxie. En Grèce ce sera la même chose, les mêmes accommodements, les mêmes reniements (ceci avait été écrit avant les événements ayant suivi le référendum grec, et la conversion de Tsipras au réalisme...).

Mais laissons pour l’instant l’aspect critique et essayons d’imaginer ce qui devrait être fait et qui va bien au-delà de ce que la "démocratie directe" pratiquée en Suisse, par exemple.

Avant toute chose, des transformations individuelles préalables sont nécessaires pour que des modes de vie collectifs différents puissent apparaître. En particulier, la renonciation pratique, existentielle et quotidienne à la volonté de puissance, c’est-à-dire au besoin, au goût, au désir de domination, de compétition et d’appropriation (des gens, des choses, des biens, etc.) transforme totalement et radicalement les relations avec les autres. C’est sur cette base que doit être envisagée la révolution politique et une véritable démocratie.
Cela signifie l’abandon définitif de la « prise du pouvoir », que ce soit par la violence ou la participation aux élections. L’exercice du pouvoir d’Etat est radicalement incompatible avec la révolution politique qui découle de Dieu. L’Etat fonctionnant sur et par la violence, exprimant, justifiant et légalisant précisément la domination des uns sur les autres, ne peut que disparaître.

Certes, l’on pourra dire que c’est totalement chimérique, naïf, irréalisable et que jamais une telle « perfection » ne pourra être atteinte. De la même façon, les "savants" de la politique, les "sérieux", les "réalistes" nous disent que la division sociale entre dominés et dominants est universelle et a toujours existé. En conséquence, elle est "scientifiquement fondée" et seuls des fous voudraient la remettre en cause.

Une prime spéciale peut être donnée ici à Habermas. Ce qui frappe chez ce philosophe encensé par le monde intellectuel est sa capacité déroutante à justifier et à légitimer le monde actuel en recourant à une batterie d’analyses et de "concepts" aboutissant à la conclusion magnifique qu’il ne faut surtout pas supprimer le marché ni l’Etat qui sont des éléments fondamentaux et nécessaires, objectifs et indépassable de la "modernité".

Une autre précision s’impose : il n’est pas possible, ni même souhaitable, d’entrer dans les détails de ce que serait la société idéale. Nous ne pouvons et devons qu’en rester aux grands principes, pour laisser aux peuples (c’est-à-dire aux nations), en fonction des caractéristiques propres à chacun d’eux, ainsi qu’aux communautés et aux personnes, le soin d’inventer des formes originales d’institutions ou d’organisation, tant sur le plan politique qu’économique. Il est impossible et inutile de vouloir décrire (comme dans un roman de science fiction !) « la » société de demain. En réalité, il existera des sociétés, contrairement à l’uniformisation terrible de la préhumanité .

Pour autant, les grandes lignes, les grandes orientations politiques applicables par tous et partout peuvent se dégager dès aujourd’hui, sans risque d’erreurs, parce qu’elles découlent directement des révolutions personnelles et communautaires et parce qu’elles sont directement liées à la nature fondamentale de l’Homme, à sa vocation et aux objectifs de communion, de partage, d’unité, de liberté, de solidarité impliqués eux-mêmes par l’Amour. C’est pourquoi toute société doit permettre la personnalisation et la réalisation de chacun. Ce doit être un objectif impératif. Mais comme cette réalisation est inséparablement liée aux autres, vers qui elle tend, soit par sens du service (au sens très large) soit par le don de la création (sous toutes ses formes), le vieux débat entre priorité de l’intérêt individuel ou du bien commun disparaît, ou mieux encore, est totalement résolu. En somme, il faut arriver à concilier diversité et unité, dans un même mouvement.

Une fois située dans son contexte plus global, il est temps d’en venir à la révolution politique.

Qu’est-ce que le politique ?

Le politique, c’est la réponse au problème posé par le coexistence, au sein d’entités collectives à définir, de milliers de personnes unies certes par des objectifs communs, mais qui peuvent être en désaccord sur les moyens à employer. Comment organiser, harmoniser la vie des communautés, des villages et des villes, sans recourir à l’Etat et à son droit qui doivent disparaître ? Comment harmoniser et faire vivre ensemble les nations pour parvenir au niveau planétaire à une coopération, une entraide, une communion inimaginables aujourd’hui ? Parmi les activités humaines nécessitant une administration, une organisation, il faut citer l’économie, la recherche scientifique et ses applications technique, l’information, les transports, la communication, etc. Les structures politiques auront pour rôle de répondre à cette nécessité. Il est encore trop tôt d’aller dans le détail, notamment en matière économique, mais il faut totalement inverser le rapport à l’économie, la ramener à ce qu’elle doit être, c’est-à-dire au service d’objectifs supérieurs à elle, ce qui implique sa subordination totale au politique, à l’éthique et au spirituel ! J’y reviendrai.

Mais le politique n’est pas une administration froide et utilitaire. Il s’agit bien davantage de l’expression et de la réalisation des entités collectives que sont les nations, ensembles qui dépassent la simple addition de leurs membres et qui sont dotés d’une personnalité qu’il nous faudra découvrir. Il s’agit là de l’essentiel de la dimension politique.

Le politique, c’est enfin l’expression et la participation de tous et de chacun aux décisions, aux débats, aux discussions portant sur les différentes activités citées plus haut et sur l’état d’avancement, dans tous les domaines, du Projet.

Quelles sont ces « entités collectives » au sein desquelles le politique se réalise et s’organise ?

Le célèbre sociologue Max Weber, fort pessimiste (donc lucide !) quant à la possibilité d’une véritable démocratie dans le cadre des « Etats-Nations » comme la France, l’Angleterre ou l’Allemagne, disait que seules des entités collectives de petites tailles pouvaient expérimenter une véritable démocratie directe. Bien loin de suivre cette voie, les Etats se sont maintenus, et la démocratie n’a jamais pu naître.

L’on retrouve donc ici les « peuples » évoqués plus haut, les nations, cadre dans lequel la vie collective doit s’organiser.
Une « nation », au sens où nous l’entendons, est la synthèse originale, unique, spécifique, entre une population et un milieu naturel homogène et spécifique (un « pays »). Ce milieu naturel s’identifie précisément grâce à des critères géographiques, climatiques, géologiques et de peuplement végétal et animal. La population, quant à elle, du fait de ses liens avec un pays, un milieu naturel précis, développe des caractéristiques culturelles particulières : la langue, les coutumes, les traditions, les rites et cultes, l’habitat, l’architecture, les modes d’organisation du travail, des échanges, les technologies et, bien sûr, un sentiment d’identité et d’appartenance. L’on peut d’une certaine manière parler d’ethnie, puisque pour les ethnologues, une « ethnie » se définit en fonction de critères culturels. La plupart des ethnologues mettent en avant une idée très intéressante : il doit exister une intercommunication directe et permanente entre tous les membres de l’ethnie. Cela a pour conséquence qu’au cours de la vie d’une personne, celle-ci doit avoir l’occasion de communiquer avec chacun des membres du groupe ethnique, que ce soit dans le cadre du travail, de la culture, des loisirs, de la recherche, du culte, etc… Dans le cadre des nations telles qu’entendues ici, l’on peut adopter cette idée, ce qui nous amène, si l’on ajoute le critère du milieu naturel et l’intercommunication, à poser que la population de ces pays ne devrait pas dépasser pas quelques dizaines de milliers de personnes. Au-delà, l’intercommunication n’est plus possible. La nation doit impliquer nécessairement une dimension de proximité, sans laquelle il ne saurait exister de groupe spécifique.

Ces pays ont soit disparu, soit n’ont jamais vraiment existé. Par exemple, il est extrêmement difficile, aujourd’hui, de repérer les différentes ethnies existant en France, en raison du rouleau compresseur de l’Etat et du capitalisme. Les ethnies ont donc soit perdu toute conscience d’elles-mêmes, soit n’ont jamais pu vraiment se découvrir, ni prendre conscience de leur spécificité. Il faudra donc dans un premier temps procéder à une recherche en recourant aux critères géographiques, climatiques, géologiques et de peuplement végétal et anima, et culturels en maniant ces derniers avec précaution. Il faut en particulier beaucoup se méfier du recours à l’Histoire dans la détermination du contours de ces « nations ». L’Histoire de la préhumanité passe par la guerre, l’annexion, le pillage, le colonialisme, les mariages forcées, les déplacements de population, les génocides… En France, des erreurs peuvent très facilement être commises. Par exemple, les anciennes Provinces regroupaient des régions (au sens géographique) qui n’avaient rien de commun. Ainsi, par exemple, le Dauphiné regroupait la moyenne Vallée du Rhône, la Drôme du sud, méditerranéenne, les plateaux du Vercors et les Hautes Alpes, sans parler de Grenoble !

Les nations, au sens où nous l’entendons, forment donc une mosaïque à la surface de la Terre, un puzzle d’entités collectives ayant chacune une tâche particulière à accomplir dans la construction du monde, de la Terre. Mais, de la même façon qu’en préhumanité les individus sont totalement dépersonnalisés, ne s’appartiennent plus, les nations, pour la plupart, n’ont même jamais eu conscience d’elles-mêmes et sont à découvrir. Elles existent, mais comme en pointillé, virtuellement. Il faut les dégager, les faire apparaître, les amener à la vie, à la lumière.

Les institutions politiques

Pour réaliser ces objectifs, il faut des structures et une organisation : la véritable démocratie permettant la participation de tous et de chacun aux décisions, aux débats, aux discussions portant sur les différentes activités citées plus haut et sur l’état d’avancement, dans tous les domaines, du Projet, sur la Terre et au-delà.

La suite prochainement...

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